Maigres espoirs de trêve - Le Temps Tunisie
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Agression israélienne contre Gaza

Maigres espoirs de trêve

Vendredi 25 Juillet 2014
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L’armée israélienne poursuivait hier ses frappes, malgré les efforts diplomatiques pour obtenir un cessez-le-feu dans un conflit avec le Hamas à Gaza qui a déjà fait près de 750 morts côté palestinien et 35 côté israélien.
Après avoir rencontré mercredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a quitté Israël pour Le Caire en évoquant des «progrès» en vue d’une trêve.
Hier, il a appelé ses homologues du Qatar et de Turquie, deux alliés du Hamas, pour qu’ils fassent pression sur le mouvement islamiste palestinien afin de le convaincre d’accepter un cessez-le-feu. Le chef du Hamas, Khaled Mechaal, vit en exil au Qatar.
Avant tout cessez-le-feu, le Hamas exige qu’Israël s’engage à lever le blocus imposé depuis huit ans à la bande de Gaza, où s’entassent dans la misère quelque 1,8 million de personnes.
L’armée israélienne entend pour sa part mener à son terme la neutralisation des capacités militaires du Hamas et de son allié du Jihad islamique, en particulier ses tirs de roquettes. L’armée en a comptabilisé environ 2.300 depuis le déclenchement du conflit.
Israël veut en particulier détruire les «tunnels offensifs» mis en place par le Hamas pour mener des attaques au coeur du territoire de l’Etat hébreu. L’armée a annoncé jeudi matin en avoir démoli 31.
«Notre objectif est que les citoyens israéliens puissent vivre sans menaces de roquettes ou de tunnels, nous ne ferons aucun compromis sur cet objectif», a prévenu le ministre de l’Intérieur Gideon Saar, un «faucon» du gouvernement.
Les efforts diplomatiques n’ont pour l’heure pas de conséquence pour les Gazaouis: sept Palestiniens ont été tués hier matin près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, dans des frappes menées par des chars et des avions tout près de la frontière.
Le porte-parole des secours palestiniens a indiqué avoir reçu «des dizaines d’appels» d’habitants de cette zone demandant à être évacués ou faisant état «de nombreuses personnes tuées ou blessées sous les ruines de leur maison».
L’armée israélienne a également annoncé avoir frappé «35 cibles terroristes» dans la nuit, qui n’a pour la première fois depuis début juillet pas vu de roquettes tirées vers Israël.
Depuis le début de «Bordure protectrice» le 8 juillet, près de 750 Palestiniens ont été tués et 4.620 blessés, selon un bilan des secours locaux hier à la mi-journée. Parmi les victimes, une grande majorité sont des civils, dont de nombreux enfants.
Le bilan reste toutefois difficile à vérifier avec exactitude en raison du chaos qui règne à Gaza, où 110.000 personnes ont quitté leur habitation pour trouver refuge dans des bâtiments de l’ONU.
Trente-deux militaires et deux civils israéliens, ainsi qu’un travailleur agricole thaïlandais ont également perdu la vie. Jamais l’armée israélienne n’avait connu de pertes aussi lourdes depuis sa guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.
Le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond, à Al Qods, a exprimé l’inquiétude de Londres sur le prix payé par les civils dans ce quatrième conflit avec le Hamas depuis qu’Israël a quitté la bande de Gaza en 2005. La France a pour sa part annoncé avoir débloqué 11 millions d’euros d’aides humanitaires.
Et Israël voit croître les critiques à mesure que le bilan humain s’alourdit. Hier, la chef des opérations humanitaires de l’ONU, Valérie Amos, a relevé qu’il était «presque impossible» pour les civils de se mettre à l’abri dans cette bande de terre de 362 km2.
Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a décidé mercredi l’envoi d’une mission d’enquête sur de possibles «crimes de guerre» commis par l’armée israélienne à Gaza et a dénoncé les attaques aveugles du Hamas contre des zones civiles en Israël.
L’annonce de cette enquête a suscité la colère de M. Netanyahu qui a dénoncé «une parodie de justice» et de nouveau accusé le Hamas d’utiliser la population de Gaza comme d’un «bouclier humain» en dissimulant ses armes et ses centres opérationnels dans des hôpitaux, des écoles, des mosquées...
Lors d’une conférence de presse avec M. Hammond, M. Netanyahu s’est félicité que British Airways, à l’inverse des autres grandes compagnies internationales, n’ait pas suspendu ses vols sur Tel-Aviv après la chute d’une roquette mardi près de l’aéroport Ben-Gourion.
L’Agence fédérale de l’aviation américaine (FAA) a levé hier son interdiction, mais plusieurs compagnies comme Air France ou la Lufthansa n’ont pas repris leurs vols.
Cette interdiction avait été saluée comme une «grande victoire» par le Hamas.
Ce conflit a éclipsé le départ hier de la présidence israélienne de Shimon Peres, 90 ans, l’homme qui avait incarné aux yeux du monde le dialogue avec les Palestiniens. Son successeur, Reuven Rivlin, 74 ans, un dur du Likoud, n’a jamais caché son hostilité à la création d’un Etat palestinien.