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Conjoncture économique

Nouveau cri d’alarme de l’UTICA.. Au moins 12%, le taux d’absentéisme des travailleurs tunisiens soit 4 fois plus que le taux enregistré au sud de l’Europe

Mercredi 23 Juillet 2014
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Nouveau cri d’alarme de l’UTICA.. Au moins 12%, le taux d’absentéisme des travailleurs tunisiens soit 4 fois plus que le taux enregistré au sud de l’Europe

Accaparant plusieurs mois par le dialogue national et ses tractations ainsi que interminables négociations la première centrale patronale réagit. Hier, au siège de l’UTICA Wided Bouchamaoui, Présidente de l’organisation a de nouveau lancé un cri d’alarme en évaluant la situation économique et politique du pays. Une situation qui a fait l’objet également de la dernière réunion du Conseil Administratif de l’UTICA. Environ 62 représentants du patronat étaient là pour débattre de la situation économique du pays. Une situation empire d’un jour à un autre. Une donne pénalisée par une mouvance de revendications sociales, une chute inquiétante de productivité et surtout la montée d’une menace omniprésente et imprévisible. Les problèmes évoqués par l’UTICA ne manquent pas. Mais, Wided Bouchamaoui, a essayé d’étayer une « short list » des principaux problèmes que les patrons évoquent. Les problèmes de la logistique observés dans le port de Radès, les nouvelles dispositions proposées dans le projet de la loi de finances complémentaire ainsi que la montée d’un mouvement de revendications sociales devenues excessives  et impertinentes.

Le Port de Radès; trop c’est trop !

Endurer le calvaire de tout un mois pour enfin acheminer les marchandises, tout en supportant les frais y afférents, alors que dans d’autres pays voisins et européens, les délais de livraison des marchandises des ports, se comptent en heures. Le comble du malheur à Radès, c’est tout à fait normal de passer tout un mois à finaliser les procédures. Le port de Radès se trouve de nouveau pris en otage. « Le gouvernement n’a rien fait de concret », affirme Wided Bouchamaoui. D’ailleurs, les pertes enregistrées au  port de Radès s’élèvent à quelque 300 millions d’euros durant les trois dernières années soit environ 650 millions de dinars tunisiens. D’après, Salem Nebgha, Président de la Fédération du Transport, le port connaît au moins une perte de 90 millions d’euros annuellement. «  La situation n’a pas changé. Il faut des décisions révolutionnaires et courageuses  pour éviter la congestion et surtout les problèmes que le port connait », a-t-il expliqué tout en précisant qu’en dépit des efforts de coordination avec les autorités, le circuit de décision est trop long. Wided Bouchamaoui, prône des facilitations et des efforts concrets et précis dans ce sens. 

Loi de Finances complémentaire, encore des reproches 

L’UTICA porte un regard assez critique quant à la loi de finances complémentaire.  Tawfik Lâaribi, Président de la Commission de fiscalité à l’UTICA, passe au crible le système fiscal actuel, la pression fiscale encore dictée dans la loi de finances complémentaires bien que l’UTICA relève quelques mesures positives relatives à la lutte contre la contrebande. Les patrons sont effarouchés également par la proposition incommodante de la levée du secret bancaire. Hamadi Kôoli, Président de la Commission de suivi avec l’ANC, rebondit dans le même sens en expliquant que la pression fiscale pénalise l’entreprise tunisienne qui se trouve déjà pénalisée par une conjoncture assez difficile. « Nous avons proposé plusieurs mesures, telles que la hausse de l’imposition des bénéficies à 10%. Au lieu d’imposer le régime exportateurs, faut-il repenser de nouveau les outils indispensables pour relancer des investissements », explique-t-il. D’ailleurs, il précise encore, que la loi de finances complémentaires demeure encore très faible quant à l’encouragement des investisseurs. Mieux encore, selon Nafâa Neifer, Président de la Commission économique à l’UTICA, l’entreprise tunisienne subit d’autres répercussions de  cette conjoncture. « La dépréciation du dinar engendra une politique de limitation des importations qui touchent directement aux entreprises tunisiennes », a-t-il affirmé 

Une trêve sociale, s’impose

Nombre d’entreprises étrangères ont quitté la Tunisie pour des raisons d’instabilité du climat social. Souvent on accuse indirectement les grèves et les sit-in. Les parties syndicales sont souvent responsables de la fuite des entreprises étrangères. « Les revendications doivent êtres rationnelles et tenir compte de la réalité. L’UTICA a respecté ses engagements et accepté les augmentations des salaires. Nous avons même proposé une stratégie pour l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens. Toutefois, nous nous trouvons face à une double action et un double langage de la part de l’UGTT qui revendique des négociations salariales tous azimuts y compris les conventions collectives », explique Khalil Guerieni, Président de la Commission des affaires sociales à l’UTICA. Il précise encore que la productivité des Tunisiens connaît une chute incessante. Il rappelle que le taux d’absentéisme des travailleurs tunisiens atteint 12%, soit  4 fois plus que le taux enregistré au sud de l’Europe. 

Zied DABBAR