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Environnement

Hôtes indésirables.. Les méduses prolifèrent dans les zones côtières

Mercredi 23 Juillet 2014
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• L’application smartphone pour identifier les plages touchées par cette envahissement
Hôtes indésirables.. Les méduses prolifèrent dans les zones côtières

Dans ce monde où le réchauffement climatique devient important, les méduses sont de plus en plus nombreuses sur nos plages. Améliorer l’approche de gestion et les mesures d’atténuation des impacts de prolifération  de méduses tel l’objectif du workshop du projet Med –Jell Yrisk organisé les 16 et 17 juillet à Hammamet et financé par l’Instrument Européen de Voisinage et de Partenariat la Coopération Transfrontalière en Méditerranée.  Ce workshop est destiné à la création d’opérateurs techniques et de gestionnaires du risque méduse pour l’installation des filets anti-méduses. Ce projet MED-JELLYRISK regroupe des scientifiques, des acteurs de l’environnement côtier (Associations, Clubs, Scouts…) et des bénéficiaires (Municipalités, Gouvernorats, APAL, DGPA, Sociétés d’Aquaculture, Hôteliers…). Ses objectifs  comme l’a précisé Dr Ons Kéfi visent à promouvoir la sensibilisation du public, par le développement de la science citoyenne et les initiatives de sensibilisation pour améliorer la compréhension et les risques des impacts de méduses, former le public et les professionnels en rapport avec les zones côtières à la collecte des données, transférer les connaissances à travers l’encadrement des acteurs concernés et les bénéficiaires dans les Zones Côtières Marines, renforcer les capacités d’application de protocoles de surveillance intégrée, incluant la création de groupes de travail locaux d’urgences et la création d’une Association Méditerranéenne de Méduses, évaluer du point de vue socio-économique et épidémiologique les risques et les dangers des méduses et mettre au point des plans de prévention, cartographier les risques par des outils et des stratégies de gestion prévisionnelle, développer et appliquer des modèles probabilistiques pour mieux prévoir les proliférations et la distribution des méduses et développer, mettre en œuvre et évaluer les outils de contremesures avec la mise en place et la gestion de filets anti-méduse.Nos côtes comme l’a précisé Mohamed Néjib Daly Yahia de la faculté des sciences de Bizerte ont confronté un  nombre croissant de proliférations de méduses résultant d’une grande variété d’activités humaines, y compris le transport maritime, l’exploitation des ressources biologiques, les rejets ainsi que l’impact du changement climatique. La prolifération des méduses constitue une menace croissante pour les activités humaines et côtières (principalement pour le loisir et l’aquaculture). Chaque été, 2 millions de baigneurs sont touchés par les piqûres de méduses, ce qui signifie un coût élevé des soins de base de premiers secours pour les services de santé nationaux. La situation a empiré au cours des dernières années en raison de l’apparition de nouvelles espèces dangereuses. Contre la menace générée par les méduses pour le tourisme dans notre pays, MED-JELLYRISK constitue la première tentative au niveau transfrontalier, afin d’évaluer les impacts socio-économiques de la prolifération des méduses et mettre en œuvre des contre-mesures d’atténuation. MED-JELLYRISK est le premier projet « CT Med » visant l’évaluation des impacts socio-économiques des proliférations de méduses et de la mise en œuvre de contre-mesures d’atténuation. MED-JELLYRISK traite une approche de gestion intégrée des zones côtières dans 10 zones marines côtières (MCZ) dans le bassin de la mer Méditerranée occidentale et centrale pour faire face à l’augmentation des proliférations de méduses. Dans ces zones, la prolifération de méduses représente une menace croissante pour les humains et les activités côtières (y compris les loisirs et l’aquaculture).

Méduses et réchauffement climatique

Les causes probables favorisant la prolifération des méduses sont nombreuses. Pour Dr Néjib Daly Yahia, elles sont liées au réchauffement climatique qui réchauffe et stratifie les eaux marines de surface créant des conditions écologiques plus favorable aux développements des méduses qu’aux poissons, à l’eutrophisation des eaux côtières et lagunaires qui entraîne la prolifération excessive du phytoplancton suivi d’une importante dégradation de matière organique accompagné d’un déficit en oxygène dans la colonne d’eau qui fait fuir les poissons mais dont les méduses peuvent s’accommoder.La surpêche entraîne la réduction des grands prédateurs marins et des compétiteurs des méduses. La modification des habitats côtiers avec la création de substrats (brise lame, marine, ports …) est favorable à la fixation de polypes (forme benthique fixée de certaines méduses).Le transfert biologique et l’introduction d’espèces exotiques et/ou invasives par les eaux de ballast ou sur les coques des embarcations et navires pourra contribuer à la prolifération des méduses Pour approfondir les connaissances techniques et scientifiques, évaluer l’état des lieux en Méditerranée, modéliser la distribution des méduses et mettre au point des solutions de lutte contre ces proliférations anarchiques, l’Union Européenne finance le projet MED-JELLYRISK dans le cadre du programme des projets stratégiques ENPI (European Neighbourhood and Partnership Instrument) CBC-MED (Cross-Border Cooperation in the Mediterranean) pour la période 2013 – 2015, avec un financement de la Commission Européenne de 2.33 millions d’euros équivalent à 4.9 millions de Dinars Tunisiens.Ce projet regroupe 4 pays, l’Italie (Coordinateur -CONISMA), l’Espagne (CSIC), Malte (U.M) et la Tunisie représentée par deux partenaires, la Faculté des Sciences de Bizerte (Groupe de Recherche Biodiversité et Fonctionnement des Systèmes Aquatiques) et l’Institut National Agronomique de Tunisie (Groupe de Recherche en Océanographie et Ecologie du Plancton).

Des filets anti-méduses

Les filets de protection contre les méduses permettent, aux estivants, les enfants en particulier, de se baigner en toute quiétude dans un périmètre de baignade sécurisé.Fixé à des « ancres à vis » jusqu’à 3 mètres de profondeur, chaque filet de 50 mètres de long sur 25 mètres de large est déployé le long de la plage, formant ainsi une piscine d’eau de mer inaccessible aux méduses. C’en est fini des piqûres. Du moins, pour celles et ceux qui se cantonnent au périmètre protégé par les filets anti-méduses. Des filets anti-méduses seront installés cet été à Hammamet et Monastir. De quoi constituer un véritable pare-méduses ! « On les attendait avec impatience. Rien que depuis le début de la saison estivale, on compte plusieurs  piqûres de méduses à Monastir et à Bizerte » nous dit un estivant L’efficacité de ce dispositif  a souligné  Enrico Ribola a été largement éprouvée lors de périodes où apparaissent ces animaux marins urticants. Des filets de protection qui permettent de se baigner en toute tranquillité dans un périmètre de baignade sécurisé car normalement inaccessible aux méduses. Ce dispositif comprend un filet sous-marin qui couvre la partie immergée, de la surface jusqu’au fond. Filets soutenus par des boudins de diamètre suffisant permettant d’être efficaces même avec une houle importante. La haute  technologie l’application smartphone MED-Jelly pourra dans l’avenir identifier les plages où il n’y a pas de méduses .Déjà développée en Espagne et maintenant à Malte, une telle application informe les utilisateurs de la présence de méduses dans les eaux côtières maltaises, en plus des informations logistiques sur chaque plage, les traitements pour les piqûres de chaque espèce de méduses, ainsi que la possibilité de présenter un rapport d’observation sur les méduses. Malgré des dispositifs anti méduse comme les filets de protection mis en place, nous ne sommes pas à l’abri de leurs « brûlantes » tentacules…Dr  Cyrine Ferchichi explique qu’après  une piqûre de méduse, il faudrait tout d’abord rincer immédiatement la zone touchée avec de l’eau salée, chaude si possible, ou du sérum physiologique. Il faut éviter absolument l’eau douce qui ferait éclater les cellules urticantes non percées. Il faut retirer les tentacules restants avec une pince à épiler, appliquer des compresses chaudes, laver avec du vinaigre et consulter un médecin si ces manifestations s’aggravent.

Kamel BOUAOUINA

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