Al Haouaria mal exploitée - Le Temps Tunisie
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Tourisme

Al Haouaria mal exploitée

Jeudi 17 Juillet 2014
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Al Haouaria mal exploitée

Avec ses plages de sable blanc et  son hôtellerie haut de gamme, Haouaria  peut se targuer d’être la destination exotique favorite des touristes tunisiens et étrangers. La côte de l’épervier est idéale pour un séjour détente et farniente dans un environnement paisible. Réputée pour ses plages qui comptent parmi les plus belles de la Tunisie, Haouaria est également très appréciée pour son ambiance authentique avec ses paisibles villages de pêcheurs. Ici, ses plages connaissent régulièrement une affluence maximum. Ses quelques hôtels sont archicombles. Les touristes sont là   pour s'oxygéner et se ressourcer. Quand on arrive à cette perle du centre, on sent la mer, ses grottes ses odeurs, ses sardines et son atmosphère. On s'y dirige sans s'en rendre compte. Propres, paisibles et encore vierges, ses plages attirent chaque jour les estivants et connaissent chaque jour une animation particulière. . « On vient à El Haouaria pour son ambiance et ses belles plages nous affirme Mohamed un jeune professeur. Bleues, agréables, au regard et au toucher, ces belles plages  constituent  un vrai paradis pour tous ceux qui viennent en quête de paix et de repos. Samir, un vacancier de Tunis  loue chaque été une maison pour passer quinze jours de vacances, histoire dit-il de se détendre et de récupérer loin du vacarme et du bruit de la capitale «  On choisit Haouaria  pour son beau rivage. On trouve notre compte puisque la mer n'est pas loin de notre lieu de résidence. On vient pour s'amuser. On est tout près du port de pêche. On est gâtés par l'abondance des poissons et des fruits de mer à des prix abordables», nous dit Cyrine de la Marsa. Mais pourquoi la ministre du tourisme Amel Karboul est allée visiter avant-hier cette cité balnéaire ?  Tout simplement pour lui insuffler un nouveau souffle car cette belle cité n’a pas encore attiré les investisseurs. La ministre voudrait développer un autre tourisme dans ce beau village : un tourisme durable et responsable celui des gîtes, des maisons d’hôtes et des hôtels de charme loin de ces palaces industriels qui ne s’adaptent pas à la tradition d’El Haouaria. 

Wahid Ben Brahim en tant que Haouarien n’est pas  resté indifférent à cette visite. Pour ce grand expert en tourisme, le tourisme à El Haouaria  doit éviter les gros investissements hôteliers forcément capitalistiques et viser les différentes formes de tourisme alternatif ( eco tourisme , tourisme culturel , randonnées, plongée sous marines , kite-surfing, pêche au gros , régates , agri tourisme , événements Team Building…)

« Pour ce faire précise-t-il, il convient de protéger les atouts culturels et naturels qui font ses spécificités, veiller sur la protection des espèces floristiques et faunistiques du J’bel , du littoral et des fonds marins, ouvrir les îles du littoral à des visites contrôlées dans l’espace et dans le temps, consolider le site des grottes ( latomies ) et les remettre dans les circuits de visites, faire l’inventaire du patrimoine immatériel, réhabiliter les traditions locales et les promouvoir sous forme d’événements scénarisés, soutenir le Festival de l’Epervier et en faire un événement à portée internationale, promouvoir des petits projets d’hébergement et d’animation alternatifs, à la portée de jeunes promoteurs locaux ( maisons d’hôtes , logements chez l’habitant , résidences de vacances , restaurants à thèmes, initiation à la nature , ornithologie , artisanat local , produits du terroir …) remettre en service des liaisons maritimes rapides avec les îles italiennes d’en face ( Sicile distante de 140 km , Pantellaria distante de 70 km…)  créer un Centre de Formation pour les métiers liés au tourisme alternatif avec le concours de formateurs et d’experts étrangers, aménager un quai « plaisance » dans le nouveau port de pêche de Chatt El Guebli et engager une étude sérieuse sur l’aménagement touristique des derniers espaces disponibles tels que le site 204 près des grottes , les domaines de Argoub , et les environs du Port de pêche .

-à terme penser à construire un téléphérique qui partirait de la Zone du Port de pêche , survolerait la temple punique de Ras Adar , le Borj , le Sémaphore , le Phare du Cap Bon, le site des grottes punique pour aboutir vers le champ des éoliennes près de Sidi Daoud .

Un tel projet structurant qui n’aura pas son pareil en Tunisie , est de nature à donner une personnalité spécifique au tourisme Haouarien et à la propulser efficacement et durablement dans la sphère du tourisme méditerranéen . Ceci sans oublier d’améliorer l’infrastructure urbaine et périurbaine locale qui se trouve dans un état déplorable, améliorer le réseau d’éclairage et la signalisation, et doter la municipalité d’engins appropriés pour l’enlèvement et la gestion des déchets » Des recommandations concrètes susceptibles de booster le tourisme durable dans ce village capbonais tant prisé par les Tunisiens en cette période estivale.

Kamel BOUAOUINA

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