Les forces du mal qui nous guettent - Le Temps Tunisie
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2018

L’éditorial

Les forces du mal qui nous guettent

Jeudi 17 Juillet 2014
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Fuyant l’enfer libyen ils sont par dizaines de milliers entre ressortissants  tunisiens, libyens et étrangers à affluer en Tunisie provoquant une situation chaotique au point de passage de Ras  Jedir. C’est  la seule échappatoire d’autant que l’Algérie  a carrément verrouillé ses frontières. Ce flux finira par être  jugulé parce que les forces de sécurité intérieures, celles de la douane et celles de l’armée sont, désormais, habituées à ces rush. Sauf que les problèmes ne se posent pas principalement  à Ras Jedir, même si la contrebande trouve toujours des ficelles et des appuis pour s’insinuer sur le territoire. Les véritables  parades sont plutôt à intensifier aux niveaux des frontières  elles-mêmes avec la Libye et aussi avec l’Algérie.

L’Etat officiel  libyen – ou ce qu’il  en reste – appelle à l’intervention de forces étrangères  (françaises et italiennes sur délégation onusienne, c’est-à-dire, en fait, américaine) pour mâter les groupuscules jihadistes et aider au rétablissement de la sécurité  et à récupérer les gisements de pétrole, squattés par des tribus rivales dont les fondements sectaires religieux  ne sont plus à démontrer. 

On se posera néanmoins toujours la question sur une intervention militaire  étrangère puisqu’au vu des difficultés vécues en 2011 par l’armée française, chargée  par Sarkozy  et Washington, de chasser « l’ami » Gueddafi,  il s’est avéré que la Libye constitue un territoire fragmenté et une population hétérogène – comme le disait Bourguiba – et, en plus, à la chute  du dictateur illuminé, les démons tribaux sont revenus à la surface.

Les frontières  avec l’Algérie ne sont pas sécurisées, elles non plus – et c’était de notre faute  depuis la Révolution. Il faut bien  faire  attention à ce  niveau et évaluer à sa juste mesure les nouveaux rugissements de l’Aqmi en Algérie, secoué par Daëch avec son nouveau mythe maléfique d’un califat obscurantiste qui brasserait aussi les pays du Maghreb.

La Tunisie,  c’est son destin, est géographiquement tenaillée par ses voisins. Mais, c’est de son devoir et surtout  de son droit, de préserver l’intégrité de son territoire et de refuser de servir de passoire  aux forces du mal.

Raouf KHALSI

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