L’UGTT fait pression sur le gouvernement Jomaâ.. La centrale syndicale avertit du risque de «tensions sociales ouvertes à tous les scénarios» et appelle à des augmentations salariales dans le secteur public et la fonction publique - Le Temps Tunisie
Tunis Samedi 6 Mars 2021

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Dégradation du pouvoir d’achat, hausse des prix, lenteur dans la révision des nominations…

L’UGTT fait pression sur le gouvernement Jomaâ.. La centrale syndicale avertit du risque de «tensions sociales ouvertes à tous les scénarios» et appelle à des augmentations salariales dans le secteur public et la fonction publique

Mercredi 16 Juillet 2014
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L’UGTT fait pression sur le gouvernement Jomaâ.. La centrale syndicale avertit du risque de «tensions sociales ouvertes à tous les scénarios» et appelle à des augmentations salariales dans le secteur public et la fonction publique

L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) hausse le ton. L’organisation, qui englobe quelque 700.000 adhérents, a mis en garde dans un communiqué publié lundi contre le risque de «tensions sociales ouvertes à tous les scénarios» suite aux augmentations des prix décidées récemment par le gouvernement. «Nous exprimons notre inquiétude quant à la hausse continue des prix, que ce soit celle causée par le monopole, la contrebande et le commerce parallèle ou par les décisions prises par le gouvernement provisoire, notamment celle de l’augmentation du prix des carburants (…). Ces augmentations  pousseront des franges de la société au besoin, à la pauvreté et à la précarité et constitueront un élément de tensions sociales ouvertes à tous les scénarios», a précisé l’UGTT dans ce communiqué publié à l’issue d’une réunion de son  Bureau exécutif.  Et d’ajouter : « La décision unilatérale et non justifiée relative à la hausse des prix des carburants alors que les négociations entre les parties concernées étaient encore en cours aura des répercussions néfastes sur la crédibilité des négociations et du dialogue social, ainsi que le pouvoir d’achat des citoyens».

L’UGTT a également appelé, dans ce cadre, à lancer des «négociations sociales urgentes» dans le secteur public et la fonction publique, ainsi qu’à la révision de nombre de décisions de la loi des finances complémentaire, notamment celles qui touchent le pouvoir d’achat des salariés.

L’organisation s’est aussi alarmée de l’impact négatif de la montée de la contrebande sur l’économie nationale. ««La hausse de la contrebande, qui touche désormais des secteurs sensibles et des produits de première nécessité et qui constitue une perte en devises et un lourd fardeau payé par les citoyens, est également une source d’inquiétude», a-t-elle fait savoir. 

Neutralité des antennes régionales de l’ISIE 

La centrale syndicale a aussi exprimé sa préoccupation à propos de la dégradation de la valeur du dinar tunisien par rapport aux devises étrangères «à cause du déséquilibre de la balance commerciale et la continuation d’une politique d’importation aléatoire et inutile à l’économie nationale».

Sur le plan politique, l’UGTT a déploré la lenteur de la mise en œuvre des dispositions de  la feuille de route du dialogue national relatives à la révision des nominations partisanes effectuées sous le règne de la Troïka, fustigeant «des nominations parachutées dans nombreuses administrations, régions et missions diplomatiques qui font monter la tension et paralyse l’établissement public».

Par ailleurs, l’UGTT a exprimé son inquiétude sur la réticence des citoyens à s’inscrire sur les listes électorales et  ses répercussions négatives sur la crédibilité des  prochaines, appelant toutes les forces syndicales à lancer une campagne de sensibilisation sur l’inscription. Dans ce même chapitre, l’organisation a insisté sur la nécessité d’assurer la neutralité des antennes régionales de l’Instance supérieure indépendante pour les élections et de respecter les délais des élections fixées par la nouvelle Constitution.

Par ailleurs, l’UGTT a vertement critiqué «la pression exercée sur les syndicalistes que ce soit de la part des patrons d’entreprises ou d’autres parties, à l’instar du procès intenté contre le secrétaire général adjoint Kacem Afiya»  qui vise, toujours selon le communiqué, «à déstabiliser l’organisation».

Le recours déposé par le Congrès pour la République (CPR)  contre Afeya est considéré  par l’UGTT comme «une plainte malveillante, un procès d’opinion inacceptable contre tous les syndicalistes et une façon d’impliquer la justice dans des affaires sociales, politiques et économiques». 

Walid KHEFIFI

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