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Tendance baissière du taux de change

Le dinar poursuit sa descente aux enfers

Mercredi 2 Juillet 2014
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Le dinar poursuit sa descente aux enfers

Au 30 juin 2014, le taux de change indicatif, tel qu’il est affiché par la Banque Centrale de Tunisie (BCT), laisse apparaître que le taux de change du dinar tunisien par rapport aux monnaies étrangères l’euro et le dollar, poursuit sa tendance baissière. A cette date, les taux de changes affichés par les services de la BCT, atteignent 1,6796 pour le dollar et 2,2922 pour l’euro.  Cette tendance baissière est également reflétée par les chiffres communiqués par la BCT. Durant le mois de juin 2014, la valeur du dinar tunisien s’est dépréciée, par rapport à l’euro (-2,4%)  et au dollar américain (-1,9%). A vrai dire, la valeur du dinar a baissé de 1,1% par rapport à l’euro et de 0,6% contre le dollar para rapport au début de l’année en cours. Les analystes de la BCT expliquent que cette tendance baissière du taux de change du dinar au cours des derniers mois a eu pour effet d’absorber l’appréciation de la valeur du dinar enregistrée durant le premier trimestre de 2014.

Explication ?

Quelques jours après la nomination du gouvernement Jomâa, le cercle de la Finance en Tunisie s’est félicité d’une certaine appréciation de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux principales devises étrangères, l’euro et le dollar américain en l’occurrence. Quelques semaines plus tard, la tendance s’est inversée puisque la valeur du dinar a commencé de nouveau à prendre une tendance baissière. Une situation que Radhi Meddeb, Economiste qualifie d’ « inévitable ». Conjoncture oblige, la dépréciation de la valeur du dinar résulte, selon Radhi Meddeb, de deux facteurs. Il s’agit du déséquilibre de la balance des paiements outre l’aggravation du déficit courant. Radhi Meddeb va plus loin en expliquant qu’avec la dépréciation du dinar, les importations du pays- payées en devises plus chères - seront plus coûteuses pour l’Etat. Ce qui est de nature à diminuer la demande de produits importés. 

Nombre d’experts, expliquent que l’appréciation du dinar reste liée principalement à une reprise significative des exportations ainsi qu’à une vaste opération de rationalisation des importations. C’est dans ce contexte que s’inscrivent également les recommandations de Moez Lâabidi, Expert en finance qui explique que le dinar tunisien se trouve encore sous pression. Il explique que la dépréciation du dinar tunisien est principalement dûe à la conjoncture économique nationale, caractérisée par le manque de visibilité politique, l’attentisme des investisseurs (nationaux soient-ils ou étrangers) ainsi que l’augmentation des importations en valeur. C’est dans cette optique, que Moez Lâabidi, appelle le gouvernement à rationaliser les importations en évitant l’importation de quelques produits de seconde nécessité. 

Et la BCT dans tout cela ?

La Banque Centrale ayant pour mission principale de défendre la monnaie nationale n’ est pour rien dans la dépréciation du dinar Tunisien face aux principale devises. De l’avis des analystes, la BCT a accompli  son rôle pour défendre la valeur de la monnaie nationale. D’ailleurs, les services de la BCT contribuent à fixer le taux de change du dinar par rapport aux principales monnaies internationales en assurant une certaine adéquation entre l’offre et le demande des devises. Quotidiennement, la BCT injecte le volume nécessaire de devises. Toutefois, elle n’est pas responsable de la baisse de la valeur du dinar. Une baisse qui traduit la situation économique du pays. 

Zied DABBAR

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