EDITORIAL: Délivrance - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 25 Septembre 2018

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Sep.
25
2018

EDITORIAL

EDITORIAL: Délivrance

Mardi 1 Juillet 2014
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Ramadan ne pouvait commencer sous de meilleurs auspices. La libération de nos deux concitoyens diplomates, en Libye, détenus en otages par, on ne sait quel groupuscule, forcément jihadiste, si ce n’est carrément tribal, montre que l’affaire a été traitée avec prudence, doigté et patience.

Sans en donner réellement l’impression, le gouvernement - par le biais d’une cellule de crise qui s’est révélée efficace – aura agi dans le secret, ce qui a alimenté la polémique et même le dépit chez les Tunisiens, sans parler de l’angoisse de l’attente qu’enduraient les otages eux-mêmes et leurs familles. Il s’avère, contrairement à ce que l’on supposait, que les autorités tunisiennes avaient une idée sur les ravisseurs, ainsi que les autorités officielles libyennes. Et même s’il n’y a pas eu de revendication déclarée des deux kidnappings, la « rançon » était connue du gouvernement tunisien : un échange avec deux terroristes libyens condamnés à l’emprisonnement par la justice tunisienne. Il ne fallait donc pas s’y plier ni céder au chantage parce que cela aurait marqué un précédent et donné des idées aux preneurs d’otages de tout acabit, surtout que la Tunisie est touchée par la mouvance jihadiste qu’elle est toujours exposée aux infiltrations terroristes venant de Libye, à la faveur des frontières, que seul un miracle sécurisera. On ne s’empêche pas, à posteriori, d’imaginer un scénario-cauchemar : et si, par malheur, nos deux concitoyens avaient été exécutés ? Nous pensons que le gouvernement a, certainement, pris en considération ce scénario aussi. Sauf que le résultat prouve rétrospectivement que tout en marchant sur des œufs et tout en subissant une forte pression populaire, il contrôlait quelque part la situation en impliquant résolument les autorités officielles libyennes. Celles-ci ne pouvaient guère s’y dérober. Selon les conventions internationales, elles sont tenues d’assurer la sécurité du corps diplomatique et de protéger les chancelleries étrangères. Donc, la prise d’otages, c’est leur responsabilité.

Elles devaient, dès lors, s’y impliquer pour lancer un geste fort à la Tunisie et au monde entier, surtout que la Libye est sur le point d’organiser ses élections législatives.

Cela prouve aussi que le système sécuritaire libyen sait être performant quant il le veut… La cellule de crise tunisienne a su à quelle porte frapper, même si cette affaire dramatique restera pour longtemps encore mystérieuse.

Raouf KHALSI

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