L’éditorial: Le mois de l’abstinence et du travail - Le Temps Tunisie
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L’éditorial: Le mois de l’abstinence et du travail

Dimanche 29 Juin 2014
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A l’instar des Musulmans dans le monde, les Tunisiens entament aujourd’hui, le jeûne du Ramadan, en plein été, comme l’année dernière et pour plusieurs années encore.

En plein été, c’est-à-dire dans une chaleur suffocante où la fatigue et la soif vont certainement influer sur le rythme du travail, sur l’effort consenti, sur le rendement et les normes de productivité.

Mais les Tunisiens dans leur majorité ainsi que plusieurs peuples musulmans n’ont pas besoin de cet alibi pour se consacrer durant tout le mois saint à leur occupation favorite faite d’inactivité, de veillées tardives, de somnolence et de surconsommation.

C’est une habitude nourrie à travers le temps par des pratiques étrangères à l’esprit dela religion sublime et de ses préceptes qui font du Ramadan le mois de la piété, de l’acharnement à l’effort, du don de soi, de l’entraide et de la solidarité.

Et l’histoire nous enseigne que les premiers Musulmans sous la conduite du Prophète accéléraient durant ce mois la cadence du rythme du travail tout en se consacrant à l’abstinence, aux prières et à l’invocation de Dieu. Ils ont même réalisé l’exploit de battre avec peu d’hommes et de munitions la redoutable armée de Qoraïch durant le mois de Ramadan, lors de la célèbre bataille de Badr.

En se remémorant ce passé glorieux, on ressent de l’amertume pour la déviation prise, au fil des siècles par les Musulmans de la trajectoire tracée par les pionniers et leur détournement des vraies valeurs de la religion de sorte que le mois du travail se transforme en celui de l’oisiveté et de tous les excès.

Il n’est pas étonnant dès lors que l’absentéisme réalise, au Ramadan ses pics les plus hauts et le rendement son niveau le plus bas.

Il faut dire que cette situation n’est pas spécifique au seul mois de Ramadan. Elle est ancrée au sein des sociétés arabes et musulmanes depuis des siècles et risque de perdurer, à défaut d’une compréhension saine des préceptes de la religion et un retour à ses vraies valeurs.

Lotfi OUENNICHE

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