“Je n’ai confiance en personne pour diriger le pays. C’est pour cela que je me suis engagé dans la politique” - Le Temps Tunisie
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A la création de son propre parti “La voix du peuple” Larbi Nasra annonce:

“Je n’ai confiance en personne pour diriger le pays. C’est pour cela que je me suis engagé dans la politique”

Vendredi 27 Juin 2014
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“Je n’ai confiance en personne pour diriger le pays.  C’est pour cela que je me suis engagé dans la politique”

C’est lors d’un déjeuner de presse que Larbi Nasra a officiellement annoncé la création de son parti politique “La voix du peuple tunisien”. Ce nom n’est pas sans rappeler le slogan de la chaine télévisée Hannibal dont il était l’unique propriétaire jusqu’à un passé très proche et dont il a cédé 90% des parts en novembre 2013. Le nouveau parti “Sawt echaab ettounsi” a obtenu son visa le 5 juin dernier. Son bureau politique n’est actuellement constitué que de cinq membres mais on assure qu’une centaine de personnes désirent déjà y adhérer. Si les grandes lignes du parti ont été dévoilées au cours de ce point presse dont par exemple la restauration d’un climat de sécurité, l’égalité des droits pour tous, la restructuration de l’enseignement, son programme électoral reste encore secret. Dans son discours de bienvenue, Larbi Nasra a déclaré: “Je n’ai confiance en personne pour diriger le pays et le remettre dans le droit chemin. C’est pourquoi j’ai personnellement décidé de m’engager en politique. Plus que jamais, la Tunisie a besoin d’un homme fort, un homme de poigne mais qui serait aussi intègre et juste. Le pays a été assez pillé et affaibli durant toutes ces années. Il est temps de le rebâtir sur des bases solides. Quant à la proposition d’Ennahda d’élire un président consensuel, nous la refusons au sein de notre parti car nous estimons qu’elle va à l’encontre du processus démocratique enclenché par la révolution du 14 janvier.” Quant à l’orientation politique de son parti, il précise: “ La voix du peuple tunisien” se positionne au milieu. Nous ne nous situons ni à droite ni à gauche mais nous restons ouverts à tous. Notre priorité absolue est le peuple et les régions défavorisées. Nous oeuvrons aussi pour permettre aux femmes et aux jeunes de s’impliquer plus et mieux en politique. Notre vision est celle d’une Tunisie ouverte, plurielle mais aussi solidement ancrée dans son identité arabe-musulmane.” Puis l’homme d’affaireS s’est longuement étalé sur ses neuf années passées à la tête de la chaine Hannibal. Il dit avoir fait de son mieux pour en faire un média proche du peuple, notamment des classes moyennes et défavorisées et a déclaré avoir payé le prix fort pour avoir “osé” montrer l’autre visage de la Tunisie à l’époque de Ben Ali, à savoir la pauvreté dans les régions les plus reculées et les conditions extrêmes dans lesquelles vivent certains citoyens tunisiens. A ce propos, il n’a pas manqué de rappeler qu’il a été arrêté pendant quatre jours, que certains de ses émissions ont été empêchées de diffusion, qu’une partie de son argent a été confisquée mais que finalement toutes ces mésaventures ont contribué à la hausse de sa côte de popularité auprès des citoyens. D’ailleurs, avant de se lancer en politique, il dit avoir sondé l’avis de différentes tranches de la population pour connaitre leur avis sur sa possible candidature aux prochaines élections présidentielles. Selon Larbi Nasra, les sondages étaient à 70% positifs et certains citoyens ont même déclaré qu’ils boycotteraient les prochaines élections si jamais il n’était pas candidat … Toutefois, il a déclaré ne pas avoir pris de décision finale à ce sujet et a ajouté qu’il était plus important, aujourd’hui, de se focaliser sur les prochaines élections législatives. Rappelons que Larbi Nasra avait été promu en août 2013 à la tête du parti politique “Mouvement de la République”, fort de douze députés mais qu’il en a été écarté en avril dernier. 

Rym BENAROUS

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