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Festivals d’été

Kamel Ferjani, (directeur du Centre culturel international de Hammamet).. «L’implication des entreprises privées tunisiennes dans le développement culturel du pays est indispensable»

Jeudi 26 Juin 2014
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« Nous fêtons cette année le 50ème anniversaire du centre »
Kamel Ferjani, (directeur du Centre culturel international de Hammamet).. «L’implication des entreprises privées tunisiennes dans le développement culturel du pays est indispensable»

Le Centre cultuel international d’Hammamet célèbre son 50ème anniversaire. Il est bien plus qu’un musée. Son fondateur avait souhaité un centre culturel interdisciplinaire. A côté des arts plastiques, la musique, le cinéma et les livres y ont également une place. Le Centre ne possède pas seulement une collection permanente mais accueille également la création artistique. « Il attire comme l’a souligné, Kamel Ferjani ,le nouveau directeur général,  un public très divers, de l’avant-garde artistique aux touristes. Il est devenu  un lieu cosmopolite de rencontres d’artistes, d’intellectuels et de personnalités de divers horizons. De 1932 à 1962, Giacometti, Schiaparelli, Paul Klee, André Gide, entre autres, se  succèdent dans ce qui est devenu un chef- d'œuvre de l'art architectural hammametois ».

  Cinquante ans de connivence entre un public et   son   Centre Culturel…   En quelques années, pourtant, toute une équipe d’hommes de culture, d’administrateurs et de techniciens doués, a fait du centre  un lieu à part, où les arts plastiques, le spectacle vivant, la littérature, la musique, l'image animée, se croisent pour mieux cerner l'actualité artistique.  Après 50 ans, il faut toujours prendre grand soin de ces liens, les entretenir sans les bousculer, sans les briser. Mais c’est aussi cela qui nourrit le travail de l’équipe, et qui renouvelle, chaque saison, la vision et la compréhension des attentes des fans du centre .

Cinquante ans, que cela passe vite ! Juste le temps de voir défiler des centaines d’artistes, de découvrir de nouveaux talents, de créer des liens particuliers … Même chose pour le public ! Combien de souvenirs et  d’émotions, de coups de cœur ! Parce que oui, le public s’exprime, a des choses à dire et  vient à chaque fois découvrir des activités culturelles nouvelles. Et pour bien montrer que le Centre culturel est l’affaire de tous, Kamel Ferjani, ce grand musicologue a concocté un programme de haute facture visant à honorer tous ceux qui ont travaillé et apporté leurs concours à cet espace culturel.

 « Nous avons prévu, déclare-t-il,  une grande exposition retraçant le parcours du centre, les grands moments du festival et les grandes sommités qui sont passées dans cet endroit magnifique d’Hammamet.  Nous tenons à honorer tous les directeurs qui sont passés par ce centre. Un hommage à leur engagement à la culture, à la création et à la diffusion des arts ».

  Le centre est appelé à évoluer, a ajouté Kamel Ferjani ;  «  il est devenu  un établissement public à caractère administratif (EPA)  disposant d'une certaine autonomie administrative et financière afin de remplir une mission d'intérêt général, précisément définie. Il faut voir grand et nous avons beaucoup de boulot pour restructurer cet espace culturel.  D’ailleurs nous organisons une grande table ronde pour écouter les hommes de culture et définir une nouvelle vision susceptible de redynamiser le centre sur des bases solides ». A propos du festival, K. Ferjani qui n’a pas voulu divulguer le programme ni les grandes stars de cette nouvelle édition, s’est contenté de dire que nous voudrons sortir des sentiers battus. " Cette manifestation  s’inscrit dans le paysage artistique national comme un rendez-vous culturel annuel. Aussi ses objectifs à l’internationale se sont   inscrits dans les événements culturels internationaux. 

Le programme de la nouvelle édition  est riche,  varié et de qualité. Il  invite une diversité d’artistes y compris des têtes d’affiche de renommée mondiale.   « Le festival, explique le directeur,  est ouvert aux musiciens et aux  chanteurs qui ont fait un effort considérable et ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour faire triompher la musique tunisienne. Ils méritent de ce fait, une reconnaissance. D’autre part, le fait de présenter les œuvres de ces musiciens dans une manifestation tel le festival de Hammamet, nous incite à déployer de pareils efforts et à faire évoluer notre musique, sans pour autant toucher à ses caractéristiques. Ceci dit, le festival garde aussi sa vocation théâtrale car il a toujours été un espace d’encouragement au 4ème art ».

Quel est l’impact  de ce festival sur le plan touristique,   lui a –t- on demandé ? « L’existence de ce festival, explique M Ferjani est avant tout de jouer un rôle de vitrine, c'est-à-dire montrer ce que nous faisons et amener les gens à s’y intéresser. Je pense que les institutions et établissements touristiques sont des partenaires incontournables, et au-delà de l’impact sur la région et le bien être de la population locale, c’est un événement culturel pour le touriste de passage à Hammamet. D’ailleurs notre centre est très visité par les touristes dans le cadre de leurs circuits culturels ».  Et le financement de ce festival ?  « Il est, aujourd'hui, de bon ton pour une institution quelle que soit son activité d'investir et de s'investir dans la culture. C'est une façon pour elle de mieux s'insérer dans son environnement, de participer à la vie de la cité. Le développement d'un pays se mesure aussi à l'aune du degré d'implication de ses habitants dans des activités comme la vie associative ou le mécénat. L’implication des entreprises privées tunisiennes  dans le développement culturel du pays est indispensable. Le centre a besoin de ces mécènes pour soutenir la création. Ils pourront s’investir dans la culture tout en améliorant la notoriété de leur entreprise et leur image de marque »

Kamel Bouaouina