Nouvelle gymnastique : L’interpellation des ministres - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

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2018

L’éditorial

Nouvelle gymnastique : L’interpellation des ministres

Mardi 24 Juin 2014
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L’oisiveté est mère de tous les vices. Après le travail titanesque pour produire une constitution qui sied aux orientations futuristes démocratiques du pays, nos constituants se sont retrouvés quelque peu désœuvrés. Ils ont donc besoin de raffermir leur rôle, de légitimer leur présence dans l’hémicycle (fût-il à moitié vide comme hier), surtout que le gouvernement de Mehdi Jomâa leur fournit très peu de matière à légiférer. En attendant la discussion du projet de budget complémentaire (qui mijote à feu doux), les élus du peuple ont trouvé le moyen de meubler le temps et une gymnastique pour le moins boiteuse : l’interpellation des ministres !

Après « la mise en examen » avortée des ministres Sfar et Karboul et la tournure (retrait de confiance et donc déstabilisation du gouvernement) qu’aurait pu prendre cette inquisition n’eut été l’habileté de Mustapha Ben Jaâfar, hier l’hémicycle mettait au pilori les ministres de l’Intérieur et de la défense.

Le thème : tout et rien. Le terrorisme, sujet bateau revenait dans toutes les frondes, comme si un thème aussi lourd d’implications pour le processus démocratique, pouvait être traité à l’emporte pièces. L’ennui c’est que, dans leurs questions, et malgré les contraintes du timing consenti à leurs interventions, les constituants répondirent eux-mêmes à leurs propres questions, Du coup, la plupart pointent du doigt cette « fantomatique » police parallèle qui collaborerait à l’amplification du Djhadismeen Tunisie ! Là, on se perd dans les conjectures et dans les à priori, car chacun y allait de son couperet bien préparé. Naturellement, le « Chaâmbi » focalisait les interventions, ainsi que les réseaux parallèles qui font entrer les armes dans le pays. Oui, mais qu’ya-t-il dans tout cela que les ministres ne sachent pas déjà ?

Il est vrai que nous sommes en guerre contre le terrorisme. Mais ce dernier ne saurait être éradiqué au coup par coup. Certains (près peu) constituants ont sans doute raison de déplorer que les ministères concernés paraissent tituber face à cette hydre. Mais il ya quand même des contre-offensives tenaces, dont le bombardement à l’artillerie lourde des cellules dormantes du Châambi. Sauf qu’il faut placer le terrorisme dans son contexte : C’est un poison régional, et l’on ne saurait trop comment l’affronter avec la Libye qui s’embrase et ce qui se passe en Irak et en Syrie. Il faudra une action maghrébine concertée. Et (là on s’adresse au gouvernement) à quand ce pôle sécuritaire pluridisciplinaire ?

Raouf KHALSI

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