Les avatars du BAC - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

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Sep.
25
2018

L’éditorial

Les avatars du BAC

Samedi 21 Juin 2014
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Malgré le maintien pour cette année (pour la dernière fois) des 25% de rachat, le taux de réussite dans cette session est pour le moins faible : 36,53%... Le taux des ajournés est de 39,88% (ce qui est tout aussi significatif), tandis que celui des refusés (23,20%), donne, quand même, froid dans le dos.
Au-delà des taux et des chiffres, la réalité est autrement plus inquiétante. Il est un fait que le niveau général des candidats est sommairement faible avec, cependant, (plus inquiétant encore), un fossé abyssal entre le littoral, où l’on enregistre le plus grand taux de réussite, et l’intérieur qui reste, comme toujours,  à la traîne. Là, ce n’est pas forcément inhérent au niveau des candidats. Cela tient aussi à la qualité de l’enseignement dispensé qui reste faible à l’intérieur. Les disparités sont, donc, marquantes. Et même  dans les zones, disons privilégiées, le dénivellement est tout aussi criard à l’intérieur  même de l’enseignement public avec l’avantage qualitatif qu’ont les lycées- pilotes sur les autres. Là, c’est tout une philosophie à disséquer et peut-être à revoir : au sein du public même on cultive l’élitisme ce qui est en parfaite contradiction avec le principe  de l’égalité des chances pour tous. Du côté des lycées  privés, ce fut un vrai massacre (11,74%), car, là, on gonfle les notes tout le long de l’année ce qui confère un avantage illusoire aux candidats.
Il n’empêche : ce BAC convulsif avec ses tricheries et ses fraudes, s’est révélé être un peu trop sélectif, et les résultats  inéquitablement répartis entre les sections. Les candidats de la section Lettres  durent faire face à des écueils presqu’infranchissables (14,1% de taux de réussite : c’est cynique !) et les candidats de l’économie et des sciences expérimentales ne furent guère mieux lotis.
Sans doute,  en délimitant le taux de réussite, le ministère a-t-il cherché à rompre avec les pratiques du passé où le taux de réussite était disproportionné avec le niveau  réel des candidats auxquels on attribuait, certes,  le bac (pour des impératifs propagandistes), mais, dont les moins méritants (nombreux) se perdaient tout de suite après dans les méandres des filières contre-productives et en décalage  avec les exigences  du marché du travail.
Maintenant, les indiscrétions font état d’un taux de réussite prévisionnel tout aussi  avare pour la session de rattrapage.
Entre temps, les lauréats de cette session doivent, déjà, se préparer à éviter les pièges  de cette véritable toile d’araignée que sont les orientations.
En fait, le BAC est à repenser, à réformer, sinon à refaire tout en entier.

 

Raouf KHALSI