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Tunis Mardi 25 Septembre 2018

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2018

Chedly Ayari annonce la création d'un fonds de restructuration bancaire

L’Etat se désengage de ses participations directes dans 7 banques

Vendredi 20 Juin 2014
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• «Une solution financière en dehors du budget de l'Etat», selon le gouverneur de la BCT
L’Etat se désengage de ses participations directes dans 7 banques

Objectif : contribuer à la création d'un fonds de restructuration bancaire. Chedly Ayaru, gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), vient de l’annoncée  en marge d'une conférence des partenaires et des bailleurs de fonds de la Tunisie sur «les nouvelles orientations stratégiques de l'intervention publique dans le financement de l'économie». Ayari précise encore que ce fonds a pour mission de gérer les processus de restructuration des banques publiques et à participations publiques, en renforçant leurs fonds propres. Ce fonds, générera un effet de levier dans le secteur. De manière que la cession des parts de l’Etat dans 7 banques, introduira une certaine dynamique dans le secteur. 

Ayari ne s'est pas étalé en détails sur ce fonds ni sur les banques concernées par une éventuelle opération de cession des participations de l'Etat. Il s'est limité à dire  que les détails relatifs à sa composition, son fonctionnement et ses interventions seront arrêtés, en coordination avec nos partenaires. C'est dans ce contexte qu'il lance, implicitement, un appel aux bailleurs des fonds de la Tunisie pour une coopération financière technique et même stratégique avec les autorités nationales pour mettre en place le fonds de restructuration bancaire. Pour le gouverneur de la BCT,  la création de ce fonds est indispensable pour concrétiser la réforme bancaire. Il rappelle également que l'objectif est de trouver des solutions financières en dehors du budget de l'Etat. 

Un rôle régulateur !

En attendant, le désengagement de l'Etat de ses participations directes dans 7 banques à participations publiques, concernera en premier lieu les banques mixtes, à l'instar de la banque tuniso-libyenne et celle tuniso-koweitienne.  La cession sera fort probablement au profit de la Caisse Générale de Dépôt et de Consignation (CDC) qui pourrait être la première structure capable d'acquérir les parts de l'Etat dans ces banques. Un scénario idéal ! Le recours aux investisseurs étrangers est hors de questions puisque à plusieurs reprises le gouvernement a nié toute opération privatisation. La cession des participations de l'Etat dans ces banques à d'autres banques de la place (opération de fusion) est également écartée. Conjoncture oblige, les opérations de fusion entre ces banques mixtes, bien qu'elle soit techniquement faisable, demeure irréaliste. 

De toutes les façons, pour Hakim Ben Hammouda ministre de l'économie et de finances  l’Etat devrait changer de vocation dans le secteur bancaire. D'ailleurs, la stratégie de réforme du secteur bancaire- stratégie lancée lors du Conseil Ministériel du 18 avril 2014- se fonde sur une nouvelle gouvernance du secteur bancaire et un partenariat public-privé.  Le rôle de l'Etat ne sera pas comme auparavant, interventionniste. L’on parle  d’un rôle régulateur de l'Etat. D'où les efforts se concentrent sur la rationalisation du nombre et du poids des banques à participations publiques dans le secteur bancaire. Le gouvernement  vise à stabiliser et dynamiser le marché bancaire. C’est en tout cas ce que fait ressortir le discours officiel. 

Zied DABBAR