Arguments peu convaincants - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 22 Juin 2018

Suivez-nous

Jun.
25
2018

Arguments

Arguments peu convaincants

Vendredi 20 Juin 2014
نسخة للطباعة

Les arguments présentés par le parti Ennahdha pour expliquer son idée d’un candidat de consensus pour la prochaine présidentielle, ne semblent pas aussi convaincants comme s’efforcent de le prouver les caciques du parti.

Ali Laârayedh, Abdelhamid Jelassi, ainsi que Ajmi Lourimi, tentaient, hier, de jouer sur la fibre sentimentale de l’intérêt suprême de la nation pour faire passer leur thèse auprès de l’opinion publique aussi bien nationale qu’internationale.

Cet intérêt national impose, selon eux, que la Tunisie où la situation est encore fragile et la démocratie naissante continue de marcher sur la voie du consensus à fortiori pour le choix du Président de la République « garant de la paix nationale et de la pérennitédu processus démocratique et symbole de l’unité de la nation ».

C’est ingénieux de faire valoir la raison du consensus en cette période après que cette démarche ait fait ses preuves, et permis au pays d’éviter le pire en dénouant une crise politique inextricable et un imbroglio périlleux.

Là, Ennahdha tente de donner l’image du parti agissant pour la pérennité du pays dans le strict respect des règles démocratiques.

Sauf qu’il omet de mentionner comment parvenir à ce consensus et dans quel cadre ? Celui du Dialogue national sous la férule du Quartet ?

Ce n’est pas encore clair et ceci suscite les interrogations et les doutes des observateurs et de toutes les sensibilités politiques du pays.

Si cette voie est empruntée, ne serait-elle pas encore une fois l’occasion pour Ennahdha d’obtenir gain de cause comme cela c’est passé par le passé et d’imposer son candidat ?

Beaucoup d’interrogations restent sans réponse et font dire à quelques uns qu’il s’agit d’une manœuvre pré-électorale dans le but de semer la zizanie au sein de l’opposition, d’accentuer la guerre des chefs et d’attirer dans son giron les candidats à la présidence qui n’attendent que sa bénédiction pour placer à Carthage, un président « docile », s’exécutant à ses ordres.

Lotfi OUENNICHE