Couleurs, arc-en-ciel ! - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 14 Novembre 2018

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Nov.
14
2018

Artistes plasticiens tunisiens à la Maison Parent Roback, Montréal

Couleurs, arc-en-ciel !

Samedi 14 Juin 2014
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Métropole culturelle et artistique, Montréal  rivalise et tient tête à  de  grandes villes telles que Paris, Londres ou New York, en organisant   plus d’une centaine de festivals à longueur d’année  , sans parler des Salons et Galeries d’art qui pullulent  partout dans les belles artères de la ville,  au Vieux Montréal ou dans la rue Crescent, pour ne citer que ces lieux… C’est là où se joue l’avenir des   artistes des quatre coins de la planète.  En plus,    exposer dans ces  espaces, n’est pas chose aisée ni donné à tout le monde et pourtant,  nombre de nos artistes plasticiens sans frontières   ont eu le mérite de   monter  au mois de mai dernier à la   Maison Parent Roback, (Vieux Montréal), une exposition qui a suscité l’intérêt des  curieux et des amateurs d’art.  Partout où on allait, galeristes et public  ne cessaient de parler  de l’événement,  non sans engouement puisque c’était une première.  
 C’est à Montréal aussi que nous avons appris qu’il existe une
Ligue des artistes tunisiens,  chapeautée par Ali Marzouki  et qui  réunit  une vingtaine de membres actifs, dont Mouna Abrougui et Saousen Ouerghemmi, deux jeunes   diplômées  des Beaux Arts de Tunis. Notre rencontre avec  quelques membres de la Ligue    eut lieu   à la Maison du Tunisien de Montréal,  créée depuis 2000.  Son directeur  Bouthelja Bchini  nous a bien expliqué qu’il s’agit d’un lieu   de rassemblement  des   Tunisiens  et particulièrement les étudiants qui y trouvent refuge et conseils.  Selon ses dires,  certains arrivent même à déprimer  pour incompatibilité d’un  climat rude surtout en hiver où la température pouvait  atteindre les moins quarante degrés. Notre éclatant  soleil semble manquer  terriblement   à nos compatriotes vivant à l’autre bout de la terre ; il suffisait de décrypter l’expression affichée sur leur visage pour tout comprendre.

 De galerie… en musée…
Notre balade  à travers les rues et boulevards de la ville   nous a  permis de  visiter   nombre de galeries  en  assistant  aux  vernissages  d’artistes de renommée  mondiale ; chez   Pauline Bressan  ou dans les  galeries :  Saint-Dizier,   MX, ( sculptures et bronzes de l’artiste haïtien  Anioclès Grégoire  );  Michel Ange (exposition Transit d’Elyse Aussant) ; Maison Ischi (  Entre héritage et avant-garde ) ;    Leonardo Di Vinci, Monument National ( Chroniques du regard  de Azedine Mekbel) ;  Hôtel Gault, (exposition de photos de Cynthia Copper « Tombouctou la mystérieuse ») ,  sans oublier les  galeries d’art Inuit  qui  témoignent de la présence des Autochtones et des Inuits dans cette contrée.
Et aussi, cette performance artistique et musicale vécue en compagnie de la plasticienne  montréalaise et amie de la Tunisie, Louise  Larose .    On s’est évadé  ce jour là,  au rythme des coups de pinceau et de l’inspiration des artistes,   sur les sonorités embrasées du fado,    interprété au piano par  Katy Pimentel
  Les  richesses muséales de Montréal sont nombreuses  car elles sont à la fois, mémoire du passé et reflet de la société d’aujourd’hui.  Les musées   auront donc  tout fait pour nous séduire et nous inciter à y revenir. Un vernissage au musée Pointe-à Callière , cité d’archéologie et d’histoire propose une exposition qui fait rêver et voyager :Marco Polo ; le fabuleux voyage transporte les visiteurs au 13ème siècle, de Venise jusqu’en Chine, au cours d’un périple si étonnant et si exceptionnel qu’on l’évoque  encore, près  de sept siècles plus tard.
   Une visite au  Musée d’Art Contemporain   nous a permis de décortiquer dans une de ses collections,   La question de l’abstraction.  Cette  exposition   propose un réexamen  de la quête qu’ont menée depuis le début des années 1940, les artistes de l’école de Montréal et dont la recherche a marqué  les développements de l’esthétique contemporaine  au Canada.    On y trouve assemblées, 104 œuvres majeures réalisées par 56 artistes comptant parmi les principales figures du renouveau artistique  dans cette partie du monde.
Le centre d’histoire de Montréal  que nous avons visité en compagnie de son directeur, Jean-François  Leclerc,  abrite dans un autre registre,  une exposition intitulée : « Traces, lieux, mémoires » qui  offre à voir  un parcours audiovisuel permettant de comprendre le changement de la ville de Montréal, de la présence des Amérindiens jusqu’à aujourd’hui.

Rachel Mwanza à la  clôture de Vues d’Afrique
Montréal ville mosaïque et multiculturelle, n’aurait pas  eu cette identité enviable sans le travail remarquable de mise en valeur des productions cinématographiques et culturelles, accompli par    l’équipe du festival Vues d’Afrique, qui vient de fêter cette année son trentième anniversaire.
Ainsi,  nous avons assisté  à  la  clôture du festival ,  Le  3 mai, à l’ancien Cinéma ONF  où a été  projeté « Rachel,  la star aux pieds nus », documentaire très émouvant  d’Hélène Magny et de Pierre Migneault , sur la jeune actrice congolaise de « Rebelle » de Kim Nguyen, Rachel Mwanza, primée à Berlin en 2012.
Rachel Mwanza qui était présente à la cérémonie,    fut une enfant des rues de Kinshasa  et endura  toutes les misères du monde  avant  de devenir star. Son intervention où elle paraissait optimiste et confiante en l’avenir,   était un émouvant hommage rendu  aux enfants de la rue  de son pays et à ceux de  toute l’Afrique.
Le festival du cinéma africain et créole  aurait contribué    à valoriser  un Continent   qui a été longtemps présenté  sous des jours sombres ;  cette Afrique que l’équipe de Gérard Le Chêne (président, directeur général international)   présente  sous de meilleurs auspices    et    fait connaitre au travers son cinéma, ses arts de la scène, ses arts visuels et sa littérature.    
Notre coup de cœur va enfin à trois grandes dames  battantes et courageuses, d’un  élan de générosité sans pareil, que nous avons  rencontrées,   Mariam Sy Diawara qui dirige la Maison de l’Afrique et deux grandes artistes plasticiennes installées à Montréal,   Ufémia Rizk ,  d’origine palestino-jordanienne et    Hamida Méhel,   d’origine algérienne  que nous saluons vivement !

 

Sayda BEN ZINEB