Enjeux cruciaux - Le Temps Tunisie
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2018

L’éditorial

Enjeux cruciaux

Vendredi 13 Juin 2014
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Encore un round de raté. Le dialogue national bute toujours sur l’ordre de la tenue des élections et les partis politiques étalent au grand jour leur impuissance à s’entendre après de longues tractations et plusieurs épisodes d’un feuilleton qui se déroule dans la quasi-indifférence de l’opinion publique nationale.
Un nouveau rendez-vous est, en tout cas fixé pour aujourd’hui. Ce sera probablement l’ultime rencontre dont les plus optimistes s’attendent à un sursaut d’orgueil et à un renversement de vapeur, mais qui n’enthousiasme nullement les réalistes, ceux qui voient bien les choses en face et qui anticipent déjà un résultat identique aux précédents et l’annonce de la fin du dialogue sans le consensus escompté.  
Ce serait fâcheux pour la transition démocratique d’autant plus que le consensus est devenu l’une des singularités de la démocratie tunisienne naissante et l’une des caractéristiques de sa classe politique ces derniers temps, permettant au pays d’éviter le pire à un moment de grandes turbulences de l’ère post-révolution.
Qu’y a-t-il de changé pour que les partis politiques renouent avec les démons d’un passé récent, avec les tiraillements et les intérêts partisans aux dépens de ceux de la Nation ?
C’est que, comme l’explique le Pr. Kaïes Sayed (lire notre article en page 3) : « Les raisons qui avaient conduit au dialogue national en été 2013 ne sont plus les mêmes, les équilibres ne sont plus les mêmes et les enjeux sont autres ». Et sincèrement, il ne faut pas trop en vouloir aux partis politiques d’avoir défendu chèrement leurs intérêts et de garantir leurs chances dans la course électorale qui s’annonce et qui mettra le pays sur les rails de la stabilité et façonnera son avenir pour de nombreuses années.  
Sauf que tout cela a fait perdre un temps précieux au pays au risque de compromettre les élections ou de les retarder au-delà de 2014.
C’est un risque dont les responsabilités n’incombent pas aux seuls partis politiques. Il y a également l’Instance Supérieure Indépendante pour les élections. Pourquoi se morfond-elle dans une léthargie déconcertante ? Elle aurait pu accélérer les choses en entamant  plus tôt les campagnes de sensibilisation, l’inscription des électeurs, la finalisation de la composition des instances régionales. Elle aurait pu fixer une date pour mettre tous les protagonistes devant leurs responsabilités.
Ce qui est sûr c’est que l’ISIE aura du pain sur la planche et une mission des plus difficiles, d’autant plus que deux formations politiques, le Front populaire et Nidaâ Tounès soupçonnent ses instances régionales d’être infiltrées par le Parti Ennahdha. Mais ça, c’est une autre affaire qui ne manquera pas de faire des remous dans les prochains jours.

 

Lotfi OUENNICHE