« Notre ministère semble avoir renoncé à l’essentiel pour se contenter du superflu », dénonce Radhouène Ben Salah, président de la FTH - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 25 Septembre 2018

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2018

La FTH tire à boulets rouges sur le ministère du Tourisme

« Notre ministère semble avoir renoncé à l’essentiel pour se contenter du superflu », dénonce Radhouène Ben Salah, président de la FTH

Mercredi 11 Juin 2014
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Entre la FTH et le ministère du tourisme, c'est la guerre ouverte ou presque. Cinq mois après, la  Fédération estime que le bilan n’est pas à la hauteur des attentes des hôteliers. C’est un véritable réquisitoire que vient de publier la FTH contre le ministère du Tourisme.  Selon un communiqué, Radhouène Ben Salah ne mâche pas ses mots à la veille de la haute saison touristique.  «Au début de 2014, le mouvement de sympathie quasi unanime suscité dans le monde par la promulgation de la Constitution et le changement de gouvernement levait l'hypothèque sur la mauvaise image créée par trois années d'instabilité dit-il. « La FTH était convaincue que le tourisme tunisien allait renouer avec la croissance escomptée. Force est de constater que cinq mois après, nous avons gaspillé ce capital puisque les résultats ne sont pas là. Jugez-en: Au 31 mai 2014, les nuitées des touristes européens ont diminué de 2% par rapport à 2013 et à 21.3% par rapport à 2010, les entrées sont à -2% par rapport à 2013 et à 32.2% par rapport à 2010 et les recettes en euros sont à -0.8% par rapport à 2013 et à -14.6% par rapport à 2010. Les prévisions annoncées par le gouvernement deviennent impossibles à réaliser d'autant plus qu'aux régions sinistrées de Tozeur et Tabarka vient s'ajouter la région de Monastir. La FTH a pourtant pris les devants pour proposer une série d'actions susceptibles de garantir le bon déroulement de la saison (amélioration de l'environnement, de la qualité du produit, les facilités de trésorerie et la dette structurelle etc.). A force d'hésitation, de manque de concertation et de promesses non tenues, l'administration a raté l'occasion qui se présentait à notre secteur de trouver un souffle nouveau. Pire encore, notre administration s'évertue à priver l'économie nationale d'entrées en devises dont elle a le plus grand besoin. Il en est ainsi de la réticence incompréhensible à imposer la signature des contrats d'allotement en devises étrangères.
Il en est de même concernant la taxe de séjour de 2 dinars: elle sera finalement perçue au niveau des hôtels, alors qu'une taxe de 10 euros perçue aux frontières aurait été plus simple à appliquer et plus bénéfique au Trésor Public (doublement de la recette). De plus, les campagnes de propreté, dont le lancement a été largement médiatisé, sont loin de donner les résultats escomptés. La situation dans les aéroports ne semble pas s'améliorer (files d'attente et retards croissants avec l'augmentation du trafic). Last but not least, l'utilisation du Fonds de compétitivité (alimenté par l'argent des professionnels) ne respecte ni la réglementation ni l'usage. Aucune concertation sur l'utilisation du fonds de l'environnement. Manifestement, notre Ministère semble réduire sa mission à communiquer des objectifs qu'aucune action sérieuse ne vient conforter. Comme si l'efficacité se mesurait au nombre d'apparitions médiatiques et non pas au nombre de décisions en faveur du secteur. Notre Ministère semble avoir renoncé à l'essentiel pour se contenter du superflu. »
Du côté du ministère  du tourisme, personne n’a  voulu  répondre à  ces critiques de la FTH. On a essayé  de rejoindre  l’attaché de presse du ministère. Mais son portable ne répond pas!  
De notre côté, nous pouvons dire qu’Amel Karboul  ne peut à elle seule faire des miracles. Elle a besoin du soutien de la profession. Un vrai partenariat entre les deux parties pourra donner un nouveau souffle à cette activité qui tarde à décoller. Donc tout le monde est appelé à agir et réagir face à un secteur en pleine restructuration pour lui donner  une nouvelle dimension.

 

Kamel BOUAOUINA