Elle sera de nouveau débattue au dialogue national économique - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 16 Décembre 2018

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2018

La loi de finances complémentaire largement contestée

Elle sera de nouveau débattue au dialogue national économique

Mardi 10 Juin 2014
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• L’UGTT refuse catégoriquement le prélèvement des journées de travail des salariés • Le dialogue national reporté au 11 juin, devrait en discuter

Le gouvernement a préparé le projet de loi des finances complémentaire. Plusieurs mesures sont notamment prévues pour la mobilisation des ressources supplémentaires au budget de l’Etat. La mesure phare consiste en un prélèvement de quelques journées de travail touchant les salariés et les entreprises. Une mesure qui devrait rapporter 104 millions de dinars en provenance des particuliers et 172 millions de dinars  provenant des sociétés. Tout compte fait, le gouvernement vise la mobilisation de 276 millions de dinars à la faveur cette mesure.
Cette mesure se définit en un prélèvement sur les salaires et les pensions de retraite, sur la base du revenu annuel. Elle s’applique sur les salaires dépassant annuellement 10 000 dinars. La loi de finances complémentaires prévoit le prélèvement d’une journée de travail pour les salaires variant entre 10 e 20 000 dinars, alors que pour les salaires qui oscillent entre 20 et 25 000 dinars, le nombre des journées prélevées est de deux journées à raison d'une journée par mois. La troisième catégorie de prélèvement (trois journées sur trois mois) concerne les salaires entre 25 et 30 000 dinars par an. Les salaires entre 30 et 35 000 connaîtront le prélèvement de quatre journées de travail sur quatre mois. Le prélèvement atteint 5 journées de travail pour les salaires entre 35 et 40 000 et six jours pour les salaires annuels dépassant 40 000 dinars.
 

Mesures contestées !
Dos au mur, le gouvernement aura du mal à s’en passer de cette mesure qui se trouve d’ores et déjà vivement  contestée avant d’être adoptée. Celle relative au prélèvement des journées de travail en l’occurrence, a suscité une réaction au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) qui a manifesté son refus absolu. D’ailleurs, Sami Tahri porte parole officiel de l’UGTT a affirmé que cette mesure est en contradiction avec la législation du travail qui interdit le prélèvement obligatoire sur le salaire. Le gouvernement n’a pas  réagi quant à la position de l’UGTT. Il annonce au juste que le  comité d'organisation du dialogue national économique a examiné environ 70 propositions pour mobiliser également d’autres nouvelles ressources au budget de l’Etat. Façon de dire que l’application  de cette mesure ainsi que d’autres, reste lié aux tractations qui auront lieu au sein du dialogue national. Alors que le gouvernement se trouve dans une situation délicate puisque la position de l’UGTT demeure ferme pour rejeter toutes augmentations des prix et tout prélèvement de salaires. La première centrale syndicale critique l’approche du gouvernement qui a exclu les parties sociales de l’élaboration du projet loi de finances complémentaire.

Zied DABBAR

 

L’emprunt obligataire
Selon Radhi Meddeb, économiste,  l'emprunt obligataire de l’État tunisien ne garantira que 4% ou moins des besoins de l’État pour cette année. Dans une déclaration à Mosaïque FM, il a estimé que le citoyen qui participe à l'opération d'emprunt pourra seulement récupérer la somme déposée, sans intérêt, puisque le  taux d'intérêt de l’emprunt (fixé à 6%) est sans importance puisque l'inflation est actuellement de 6%.