Tournure dramatique d’un conflit sur un terrain - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 25 Septembre 2018

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Tournure dramatique d’un conflit sur un terrain

Dimanche 8 Juin 2014
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Tournure dramatique d’un conflit sur un terrain

Un jeune homme à la fleur de l'âge, doté d’une musculature remarquable, est connu par tous ceux qui le côtoient, que ce soit dans le quartier où il habite ou dans le café de la place où il avait pris l’habitude de s’installer comme étant un dur, au caractère ombrageux et difficile à fréquenter. Haï par tout le monde, il a fini par récolter le fruit des différentes agressions qu’il a fait subir à ses interlocuteurs. Il a été durement agressé par sept personnes. Ils ont décidé de le mettre hors d’état de nuire et de lui donner une leçon dont il se rappellera toute sa vie.

Un petit agriculteur exploitait un terrain agricole. C’était son seul gagne pain. Il se faisait aider par six ouvriers. Tout marchait à merveille quand suite à une absence prolongée, l’oncle de l’inculpé en a profité pour ériger une construction à usage d’habitation. Le résultat est des disputes et des altercations à longueur de journées et qui se soldaient toujours par des bagarres auxquelles prenait part la victime pour défendre les intérêts de son oncle.

L’agriculteur perdait à chaque fois la face devant le jeune homme. Il avait vraiment peur que les événements aboutissent à un drame. Après mûre réflexion il a décidé de conjuguer les efforts de ses employés et de dresser un plan pour mettre le jeune homme dans l’incapacité de continuer à leur tenir tête.

Le jour des faits, les agresseurs au nombre de sept, l’agriculteur ainsi que ses employés se sont plantés devant le café et ont attendu l’arrivée du jeune homme pour le tabasser. Ils étaient armés de couteaux, de machettes ainsi que de gourdins. Le jeune homme a été avisé par un de ses amis, le seul témoin dans cette affaire, du plan de la bande des sept. Les ayant remarqué lors de son passage devant le café à bord de sa mobylette, il ne s’est pas arrêté, il a continué son chemin, il pensait pouvoir les semer, mais il s’est trompé car à bord de leur voiture de transport léger, ils l’ont suivi et sont arrivés à le cerner dans un lieu désert.

Ils se sont abattus sur lui sans aucune pitié. Ils l’ont sauvagement agressé, un doigt complètement arraché, le coude de la main droite complètement fracturé, la main gauche également et pour finir une fracture du crâne qui lui a causé un traumatisme. Il a fini par chuter à terre complètement évanoui. Ce n’est qu’une fois assuré de son incapacité qu’ils l’ont laissé à même le trottoir. Ils ont embarqué à bord de leur véhicule et ont quitté les lieux.

L’ami de la victime les avait suivis au cours de la course poursuite. Il a assisté à la scène sans pouvoir réagir ou intervenir pour secourir son ami. Dès qu’ils sont partis il a transporté le blessé à l’hôpital où il a été reçu au pavillon des soins intensifs. Trois opérations chirurgicales étaient nécessaires pour le sauver d’une mort certaine.

Avisés par la direction de l’hôpital, les auxiliaires de la justice se sont déplacés à l’hôpital pour les procédures d’usage à savoir l’audition du blessé mais ce dernier était dans un état comateux et par conséquent il ne pouvait parler. C’est son ami qui l’a transporté et l’a avisé d’une éventuelle agression qui a donné aux enquêteurs son témoignage.

Le chef de bande, l’agriculteur ainsi que ses ouvriers ont été arrêtés. Interrogé le premier responsable a nié son implication dans cette agression. Il a déclaré qu’il s’agit d’une accusation calomnieuse de la famille de la victime pour le jeter en prison. Il a déclaré que la victime est connue par son tempérament agressif. Tous les habitants du quartier souffraient de sa présence parmi eux. Dernièrement il a édenté un jeune élève qui jouait dans le quartier. Il ne se passe pas un jour sans qu’il n’agresse quelqu'un ce qui a créé un climat tendu parmi les habitants et il fallait s’attendre à ce qu’un jour ou l’autre, il serait visé par certains. L'agriculteur a ajouté que l'oncle de la victime lui a chipé un lot de terre qu’il cultivait. Tous les autres inculpés ont nié toute participation à ce conflit.

Ils ont été traduits devant une chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis pour répondre de cette grave agression qui a coûté une incapacité physique à la victime.

La victime ainsi que le témoin ont donné la version des faits avec précision ce qui a obligé le principal inculpé à avouer son forfait. Il a déclaré qu’il voulait juste donner une correction au jeune homme comme réponse à ses agressions répétées.

Après les plaidoiries des avocats, les inculpés ont été reconnus coupables. Le chef de bande a été condamné à une peine de huit ans de prison ferme, ses complices au nombre de six ont été condamnés chacun à une peine de quatre années de prison ferme.

Ils ont fait opposition et seront traduits de nouveau devant une chambre criminelle de la cour d’appel de Tunis espérant que leurs peines seraient allégées.

AA

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