Nouvelle alliance, sociale démocrate autour d’Ettakatol - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 14 Décembre 2018

Suivez-nous

Dec.
15
2018

Recomposition du paysage politique

Nouvelle alliance, sociale démocrate autour d’Ettakatol

Samedi 7 Juin 2014
نسخة للطباعة
* «Nous n’avons pas d’ennemis en Tunisie, mais des adversaires», affirme Hichem Safi * «Une instance mixte décidera si l’alliance sera politique et électorale ou non», précise Mohamed Bennour

En attendant la fixation des dates des prochaines échéances électorales les tractations se poursuivent entre partis politiques. Les résultats des élections du 23 octobre 2011, sont encore dans les mémoires. Les forces politiques qui s’affichent du centre gauche, n’arrêtent pas d’en tirer les conséquences. Ils cherchent à épargner aux démocrates la débâcle de 2011, en se regroupant pour éviter l’éparpillement des voix. Le mode de scrutin étant le même, les leçons retenues des déconvenues des dernières élections ne sont pas consacrées dans la pratique, le paysage politique ne changera pas beaucoup.
Dans cet ordre d’idées, une nouvelle alliance sociale et démocrate vient de voir le jour. Son noyau dur est constitué de quatre partis à savoir Attakatol de Mustapha Ben Jaâfar, le Courant démocratique de Mohamed Abbou, le parti du Travail Tunisien d’Ali Ben Romdhane et le Mouvement de l’Unité Populaire (MUP) dont le fondateur  est un des vétérans de la génération des bâtisseurs de la Tunisie moderne, Ahmed Ben Salah.
Hichem Safi secrétaire général du MUP, précise dans une déclaration au Temps, qu’en attendant l’approbation par les bases respectives des différents partis signataires de la déclaration commune du 5 juin courant, que les directions de ces partis sont conscientes que « l’option prise par les différents partis démocrates d’entrer aux dernières élections en solitaires, n’était pas la bonne ». Qu’est-ce qui est commun à ces quatre partis en plus de la conscience de l’intérêt de ne pas aller aux prochaines élections en rangs dispersés ? Pour Hichem Safi, « c’est l’appartenance au courant social démocrate tunisien. D’autres partis sont concernés par ce rapprochement. Notre but est d’unir autour d’une plate-forme commune les partis et les personnalités qui appartiennent à ce courant. C’est un courant ancré dans la société tunisienne depuis les luttes sociales de Mohamed Ali Hammi jusqu’à celles de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT). Nous souhaitons un rapprochement avec Al-Joumhouri, le Mouvement du Peuple, l’Alliance démocratique et d’autres partis qui appartiennent à la même mouvance. L’objectif principal est de structurer ce courant pour en faire une force capable d’agir sur le cours de l’histoire du pays à travers les élections et par les actions communes. Cette formation qui est en train de se constituer n’est pas destinée à être contre quelqu’un ou quelque  chose. Nous construisons pour faire et pour agir. Nous n’avons pas d’ennemis en Tunisie, mais des adversaires avec lesquels nous avons des rapports d’émulation, plutôt que d’exclusion. Les objectifs de ce cette alliance sont, entre autres, la fin des tiraillements politiques, la préservation de l’identité arabo-musulmane de la Tunisie et son ouverture sur les autres cultures et civilisations, la consolidation des acquis de la Révolution en termes de liberté, démocratie et pluralisme et le soutien des institutions sécuritaires et militaires dans leur combat contre le terrorisme et le crime organisé ». Sur le plan économique et social l’alliance formée opte pour l’économie de marché tout en défendant la justice sociale et en sauvegardant les intérêts des couches populaires.
Pratiquement ce nouveau - né va-t-il agir en tant qu’alliance politique et électorale ? Les quatre partis vont-ils avoir des listes communes aux législatives et un candidat à la présidentielle ?
Le problème n’est pas encore posé. Toutefois, pour Hichem Safi, le but final est de « participer aux prochaines élections avec des listes communes et un seul candidat à la présidentielle ».
A l’examen de la liste des partis composant cette nouvelle alliance, il est clair que leur candidat naturel à la présidentielle n’est autre que Mustapha Ben Jaâfar, président de l’ANC.
Mohamed Bennour, porte-parole d’Ettakatol affirme au Temps que l’Alliance sociale et démocrate, dispose d’une plate-forme préparée depuis le 7 mars dernier. Les quatre partis signataires de la déclaration commune du 5 juin, s’étaient réunis 8 fois avec d’autres partis tels que l’Alliance démocratique de Mohamed Hamdi.  Le porte-parole soutient que : « Le contenu de la déclaration commune ne sera exécutoire qu’après approbation par les différentes instances internes des partis signataires. A Ettakatol, cette déclaration doit être approuvée par le Conseil national qui se tiendra dans les prochaines semaines. Les quatre partis signataires pourront tenir des conférences et des meetings communs, prendre des positions communes…Une instance mixte sera formée par des représentants des quatre partis. Elle se réunira chaque vendredi et décidera du sort de l’alliance ». Cette instance décidera si l’alliance sera politique et électorale ou non. Pour Mohamed Bennour, cette Alliance reste ouverte à d’autres forces qui peuvent la rejoindre dans les prochaines semaines. L’Alliance démocratique de Mohamed Hamdi aurait demandé un temps de réflexion avant de s’engager dans ce rapprochement. « La coordination poursuivra le dialogue avec d’autres partis. Certains peuvent rejoindre cette alliance dans les législatives », affirme notre interlocuteur.
Comment évolueront les choses ? Wait and see.

Hassine BOUAZRA