Gadhgadhi toujours vivant selon les registres de l’état civil ! - Le Temps Tunisie
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Dilemme, omission ou problème administratif

Gadhgadhi toujours vivant selon les registres de l’état civil !

Samedi 7 Juin 2014
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Plusieurs questions restent  encore pendantes dans les affaires d’assassinat  de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi par rapport au coupable officiellement désigné comme étant Kamel Ghadhghadhi, et dont la plus importante est celle de savoir si ce dernier demeure encore en vie ou s’il a été véritablement abattu à l’issue des derniers événements de Raoued en février 2014, et au cours desquels il y a eu des  affrontements entre les forces de l’unité spéciale de la garde nationale et un groupe de terroristes retranchés dans une maison située à cette région de la banlieue nord de Tunis. Ces affrontements s’étaient  soldés par la mort d’un agent de la garde nationale, ainsi que celle de trois terroristes dont l’un  s’avèrera être Gadhgadhi comme l’avait confirmé ultérieurement le ministre de l’Intérieur, au cours d’une conférence de presse  révélant  également que ce même Ghadhgahdi fut derrière les assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, respectivement le 6 février et le 5 juillet 2013.  D’autres actes terroristes lui ont été attribués tels que l’égorgement des huit jeunes  soldats au mont Chaâmbi en juillet 2013.
 

Qui est en fait Kamel  Ghadhgahdi ?
Si on ignore s’il s’agissait d’une taupe et à la solde de qui, ce dont on est presque certain , c’est qu’il était un  terroriste qui avait fait des études et qu’il possède plusieurs langues et l’expérience suffisante pour cacher son jeu en se présentant sous différents aspects selon la conjoncture du moment. Il s’était infiltré dans les milieux terroristes jihadistes  et c’est la raison pour laquelle, il fut expulsé des Etats-Unis après l’opération du 11 septembre. Rentré au bercail il avait adhéré à un mouvement religieux extrémiste.
C’est du moins ce qu’il ressort de sa fiche signalétique établie par le ministère de l’Intérieur que le ministre de l’Intérieur exposa lors de sa conférence de presse, en affirmant que Gadhgadhi faisait partie des trois terroristes morts dans ces affrontements, et que cela avait été établi par le service des enquêtes scientifiques.
Or les avocats de la famille des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi sont doublement sceptiques : Il n’y a pas selon eux  de certitude concernant la mort de Gadhgadhi, ainsi que sur les circonstances de la mort des deux martyrs et ceux qui sont directement  impliqués dans les assassinats des deux martyrs concernés.

 

Méandres de la procédure , ….
Alors que la chambre des mises en accusation près la cour d’appel de Tunis  vient de rejeter, mercredi dernier la demande des avocats de la famille de feu Chokri Belaïd, aux fins de la réouverture d’une enquête sur les circonstances de la mort de Kamel Ghadhgadhi, le porte-parole du tribunal de première instance de Tunis a indiqué dernièrement que le juge d’instruction du 4ème bureau ainsi que le procureur général près dudit tribunal, ont  confirmé que les empreintes génétiques (ADN)  relevées lors des opérations de Raoued, sont conformes à celles  de la dépouille passée au constat par ces mêmes magistrats qui affirment qu’elle corresponde bel et bien, au vu de ces analyses à celle de Gadhgadhi.
Toutefois, aussi bien les familles que les avocats des regrettés  Chokri Belaïd et  Mohamed Brahmi déplorent qu’il n’y ait pas d’attestation de décès de Gadhgadhi. Ils ont présenté à l’appui de leur demande de confirmer la mort de Gadhgadhi,  un extrait de naissance de celui-ci datant du 3 juin 2014.
Sur ce point le porte parole du tribunal de première instance a déclaré dernièrement à une radio de la place que l’absence d’attestation de décès a été due au fait que la famille de Gadhgdhi n’a pas procédé  aux formalités nécessaires à cet effet, étant donné les circonstances particulières de cette affaire, ajoutant  que la famille est tenue  d’engager une procédure devant le tribunal de l’Ariana, aux fins d’obtenir un jugement déclaratif de décès.
En attendant, la chambre d’accusation vient d’émettre dans la même affaire  12 nouveaux mandats de dépôt à l’encontre de personnes pouvant être impliquées dans l’assassinat de Chokri Belaïd, et qui ont été de ce fait traduites devant le tribunal aux  fins d’être jugées.
Le mystère reste toujours entier cependant, selon les avocats de la partie civile ; notamment en ce qui concerne la mort de Gadhgadhi, lequel est toujours vivant, selon les registres de l’état civil.

 

Ahmed NEMLAGHI