«La Chine à Versailles», une relation en porcelaine - Le Temps Tunisie
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Exposition

«La Chine à Versailles», une relation en porcelaine

Jeudi 5 Juin 2014
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Exposition.. «La Chine à Versailles», une relation en porcelaine

Remonter dans le temps, jusqu'aux origines lointaines des relations entre la France et la Chine. C'est ce que propose le Château de Versailles avec l'exposition La Chine à Versailles pour marquer à sa façon en cette année 2014 les 50 ans de l'établissement des relations diplomatiques entre Pékin et Paris. Tout a commencé sous Louis XIV qui envoya six jésuites français à la Cour de Pékin. Une passion pour la Chine entretenue par ses successeurs.

C'est Louis XIV qui lance une politique diplomatique en direction de l'Empire du Milieu. En 1688, il envoie six scientifiques jésuites à la Cour de Pékin. « Louis XIV veut prendre pied en Asie, remarque Marie-Laure de Rochebrune, conservateur au Château de Versailles. Il veut accroître l’influence du royaume. La présence des jésuites mathématiciens et astronomes a permis de rentrer au plus près de la cour de l’empereur et de prendre véritablement contact avec l’empereur. Ce dernier était très intéressé par les mathématiques et l’astronomie et il a réalisé à quel point des émissaires de Louis XIV étaient de qualité et pouvaient apporter à la science chinoise. »

Les récits des jésuites et les cadeaux diplomatiques vont contribuer à développer à la Cour de France une réelle passion pour les objets d'art chinois, importés massivement au 18e siècle par la Compagnie française des Indes orientales, créée par le Roi Soleil.

Plus de 100 000 pièces ! Ici quelques éléments d'un service de table commandé en Chine par Louis XV, là, du papier peint décoré de fleurs et d'oiseaux. Ou encore une commode en laque. Mais attention, tout cela n'apparaît pas dans les appartements d'apparat de Versailles. Déjà à l'époque, il faut se montrer défenseur du made in France. « Dans les appartements officiels, les rois de France doivent avoir un goût français, explique la commissaire Marie-Laure de Rochebrune. C’est leur rôle. Par nature, ils sont protecteurs des artistes français, des manufactures françaises. En revanche, dès qu’on est dans leur appartement intérieur ou dans des résidences de campagne qui leur sont chers, ils peuvent laisser libre cours à leur goût sincère, leur goût privé. On s’aperçoit alors que Louis XV a un goût profond pour les laques d’Extrême-Orient, pour les porcelaines de Chine, pour les papiers peints chinois, pour beaucoup d’objets venant d’Extrême-Orient. »

Cette attirance pour l'art chinois influence en tout cas la production française. On imite, on adapte en ajoutant, par exemple, des montures en or ou en bronze à des vases en porcelaine d'Extrême-Orient. Autant d'objets devant lesquels le visiteur de Versailles passe généralement sans y prêter attention, et qui connaissent leur heure de gloire, avec cette exposition. (Agences)

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