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2018

L’Europe nous recommande davantage de libéralisme

Entre-temps, l'Accord d'Association avec l’Europe fait perdre annuellement à la Tunisie 3% de son PIB

Jeudi 5 Juin 2014
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L’Europe nous recommande davantage de  libéralisme..Entre-temps, l'Accord d'Association avec l’Europe fait perdre annuellement à  la Tunisie 3% de son PIB

L’Europe prône pour la Tunisie un Accord de Libre Echange Complet et Approfondi (ALECA). A travers lequel, notre premier partenaire commercial « revendique », la libération des secteurs des Services et de l’Agriculture. En conséquent, la Tunisie devrait fournir plus d’efforts pour qu’elle profite de l’Accord d’association avec l’Europe. Ces efforts devraient toucher la modernisation des Douanes, la facilitation du commerce ainsi que le développement du cadre réglementaire pour finalement développer la transparence. La propriété intellectuelle et la transparence et l’efficacité au niveau des marchés publicssont également deux principaux  volets pour la partie européenne, ainsi que pour la Tunisie qui a largement profité de cet accord.

La Tunisie peut mieuxprofiter, mais

Selon les chiffres communiqués par la Délégation de l'Union Européenne (UE) en Tunisie, un Accord de Libre Echange Complet et Approfondi, ne profite pas à l’UE, alors que pour la Tunisie une étude d'impact de l'ALECA entre la Tunisie et l'UE laisse apparaître de bons indicateurs, au moins sur le papier!

Une étude présentée lors d’un débat organisé récemment par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) en coopération avec «l'Association prospective de développement (APD)» autour du thème  « le bilan et les perspectives de l'accord d'association Tunisie-UE »,  fait ressortir de cette étude qu’à court terme (CT) la croissance économique devrait atteindre 4,1%, alors qu’elle pourrait atteindre 7,1% en 2020. Les exportations devraient également croître de 17,7% à court terme et de 20,4% à long terme, ce qui pourrait améliorer la balance commerciale et réduire le déficit commercial qui dépasse actuellement les 11 milliards de dinars. Les effets de cet accord pourraient également toucher le pouvoir d’achat des Tunisiens à travers l’augmentation des salaires de la main d’œuvre qualifiée et non qualifiée. La partie européenne a déjà quantifié cette amélioration à  7.6% pour les travailleurs qualifiés et  7% pour les moins qualifiés à court terme, et de  10.5% pour les travailleurs qualifiés et 7.6% pour les moins qualifiés à long terme. Linflation devrait atteindre 2,6% à court terme  et 2,3%  à long terme.

A cet égard, il convient de signaler que la partie européenne n’a pas spécifié les détails techniques de l’étude. Elle a peut être omis de préciser les effets immédiats et escomptés de la libération des secteurs des services et de l’agriculture en Tunisie.

Un manque à gagner de 3% du PIB

Quoi qu’il en soit, la partie tunisienne semble avoir une autre vision. Façon de dire que l’accord d’association avec l’Europe, bien qu’il ait contribué au développement des exportations tunisiennes, a privé l’Etat de plusieurs sources. Chiffres à l’appui, selon ITES, cet accord  a coûté annuellement  à la Tunisie environ 2,9% du PIB. Tout compte fait, la Tunisie a enregistré un manque à gagner d’environ 49 % de son PIB.  Ce manque à gagner, s’explique par la baisse de 18% des droits de douane, sur 12 ans, pour s’établir à 4% contre 22% en 2002. Toujours selon les données communiquées par l’ITES, les droits de douane ont accusé une baisse de 3,6% du PIB. C’est dire qu’ils sont passés de 4,6% du PIB en 1995 à 1% du PIB durant les années passées. Un effet non négligeable ! Et une contribution européenne qui reste en deçà des attentes. Surtout si l’on prend en considération le fait que la Tunisie enregistre un manque à gagner de 20 milliards de dinars, alors que la contribution européenne ne dépasse pas les 4,5 milliards d’euros, soit l’équivalent de 8 milliards de dinars.

Loin des effets escomptés!

C’est presque le seul point où les avis de la partie tunisienne et celle européenne convergent. Les objectifs de l’accord d’association Tunisie-UE, restent en deçà des attentes escomptées. Mais, au-delà de cette position qui semble partagée, les visions divergent. La partie européenne voit qu’il faut développer davantage cet accord, alors que la partie tunisienne reste attentive quant à la libération des deux secteurs stratégiques, les services et l’agriculture en l’occurrence. Et quand bien même, la Tunisie aurait son statut de partenaire privilégié pour l’Europe, les décisions de libérer ces deux secteurs seraient encore retardées. Et elles restent tributaires de la position des Européens quant à la libre circulation des personnes et des capitaux ainsi que la reconnaissance des diplômes tunisiens. C’est du donnant-donnant. A priori, la partie tunisienne serait plus ferme principalement  à cause de ce  bilan mitigé de cet accord et surtout si l’on en croit les responsables tunisiens qui sont d’habiles négociateurs.

Zied DABBAR

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