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Dialogue national sur l’ordre chronologique des scrutins législatif et présidentiel

On joue les prolongations…

Jeudi 5 Juin 2014
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Une nouvelle séance de dialogue se tiendra le samedi 7 juin - Certains partis proposent une troisième voie : l’organisation du 2e tour de la présidentielle en concomitance avec les législatives
Dialogue national sur l’ordre chronologique des scrutins législatif et présidentiel..On joue les prolongations…

Les dix-neuf partis participant au dialogue national se sont à nouveau penchés, hier, au siège du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, sur le calendrier électoral. Un accord sur la séparation des élections législatives et présidentielle ayant été conclu depuis vendredi dernier, les partis étaient appelés à déterminer l’ordre chronologique des deux scrutins: faudrait-il organiser les législatives avant la présidentielle ou l’inverse?

Les négociations ont été extrêmement laborieuses, tant les deux camps ont campé sur leurs positions.

Ainsi, les dix partis favorables à la tenue de la présidentielle avant les législatives, dont Nida Tounes, le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL/ ou Ettakatol) et le Parti des Travailleurs, ont jugé leur choix «logique» et «respectueux de Constitution, préconisant qu’un président élu au suffrage universel doit nommer le nouveau chef du gouvernement

Dans l’autre camp, où l’on trouve entre autres le mouvement Ennahdha, Al-Massar et Afek Tounes et le Parti des Patriotes Démocrates Unifié, on estime, cependant, que la logique voudrait donc qu’on élise un parlement, puis un président de la République. Là aussi, on invoque la nécessité de respecter la Constitution  qui stipule que le président de la République qui sera élu au suffrage universel doit prêter serment devant le nouveau  parlement.

Face à l’entêtement des deux camps, certains partis ont remis sur table la nécessité de la concomitance des deux élections. C’est notamment le cas du mouvement Ennahdha qui prônait la simultanéité dès le départ et du mouvement Nida Tounes qui a dit «accepter une concomitance des élections pour couper la poire en deux».

Certains partis ont proposé une troisième voie: l’organisation du  2e tour de la présidentielle en concomitance avec les législatives, afin  d’avoir des élections en deux temps seulement. Selon ces partis, cette alternative permet la compression du temps et des dépenses.

Finalement, il a été décidé de tenir une nouvelle séance de dialogue le samedi 7 juin.

Calculs étriqués

L’instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE)  avait pressé  mardi dernier la classe politique de s’entendre sur la date des élections au plus vite, notant qu’autrement ces scrutins risquaient d’être reportés. Le président de l’ISIE, Chafik Sarsar, avait plaidé dès le départ pour des élections concomitantes. Selon lui, organiser trois échéances électorales prendrait plus de temps et coûterait plus cher.

M. Sarsar a, en outre, indiqué que si les deux élections étaient séparées, la date limite fixée par la Constitution à la fin de l’année pour l’organisation des législatives et de la présidentielle pourrait ne pas être respectée, rappelant  que le délai entre les deux tours de l’élection présidentielle est long, en l’occurrence 40 jours réservés à l’examen des recours et à la campagne électorale.

Certains observateurs estiment que les choix des différents partis politiques en ce qui concernent l’ordre de priorités des élections sont motivés par des calculs électoralistes étriqués. Ainsi, le mouvement Ennahdha qui considère le parlement comme étant l’épicentre du pouvoir voit la concomitance ou l’organisation des législatives avant la présidentielle comme étant plus avantageuse en termes de voix. Et pour cause : en cas de séparation des deux scrutins, les résultats de la présidentielle pourraient influencer leschoix des électeurs lors des législatives. Cela serait bien évidemment une mauvaise chose pour  le mouvement Ennahdha au cas où son candidat ou celui qu’il soutient ne rafle pas la mise.  Cela est d’autant plus vrai qu’Ennahdha ne regorge pas de personnalités disposant de fortes chances de remporter la compétition pour le Palais de Carthage.

Les partis favorables à l’organisation de la présidentielle avant les législatives tablent, quant à eux,  sur la victoire d’un candidat autre que celui d’Ennahdha à la présidentielle, ce qui influencerait sur le choix des électeurs lors des législatives et empêcherait le parti islamiste de disposer d’une majorité au sein du futur parlement.  

Walid KHEFIFI

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