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Terrorisme : Abou Yadh avait-il bénéficié de l’aide sécuritaire pour fuir ?

Motus et bouche cousue !

Mercredi 4 Juin 2014
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On se croirait dans un film d’espionnage, en apprenant dernièrement, à l’occasion de l’intervention de Ali Laârayedh ex-chef du gouvernement provisoire et ex-ministre de l’Intérieur, dans une émission diffusée par une chaîne de la place, que le chef de l’organisation terroriste Ansar Al Chariâ a été en fait aidé à quitter le territoire par un agent de la garde nationale qui l’a accompagné jusqu’en Libye.
C’était le rédacteur en chef de Mosaïque fm qui avait fourni cet élément après avoir posé la question à Ali Laârayedh, en tant que ministre de l’Intérieur à l’époque s’il était au courant de cet élément. D’ailleurs l’agent de la garde nationale en question est actuellement aux arrêts ainsi que deux autres agents de l’ordre et c’est la brigade antiterroriste qui a été chargée d’enquêter sur ce dossier.
Pour sa part Ali Laârayedh n’a fait que s’esquiver en essayant de détourner la question
plusieurs fois et en tout cas il n’a pas donné de réponse claire ni précise.
Il n’a cessé de répéter : « certains détails m’échappent ». Pourtant, et selon le même intervenant, et rédacteur en chef de Mosaïque fm, la garde à vue de ces agents se prolonge sans qu’il n’y ait rien de décidé les concernant jusqu’à présent. l’intervenant précité a insisté auprès de Ali Laârayedh en lui demandant
pourquoi cette information a été dissimulée
et tue aux citoyens ? En vain ! l’ex ministre de l’Intérieur ne démordit point ne cessant de ressasser qu’il n’avait pas de précision à ce sujet.
Qui est cet agent ? Sur l’ordre de qui avait-il agi de la sorte ? On n’a pas le moindre élément
de réponse à ces questions ?
Pourtant le rédacteur en chef précité, a soutenu avec certitude que le leader d’Ansar Al Achariâ a été aidé à fuir, à l’époque où Ali Laârayedh était ministre de l’Intérieur

 

Connivence, complaisance ou incompétence…. ?
Ali Laârayedh avait toutefois, tenu la semaine dernière des propos différents au cours d’une interview à une radio de la place, en affirmant que c’était bien lui qui avait insisté en donnant l’ordre d’arrêter Abou Yadh, contrairement au directeur général de la sûreté nationale et au directeur de la sûreté publique qui eux, avaient pris la décision de ne pas arrêter Abou Yadh parce qu’il y avait des risques d’effusion de sang, et afin d’éviter des affrontements éventuels entre agents de l’ordre et salafistes. L’ex ministre avait fini, selon ses propos, par céder à l’avis des experts sécuritaires, a-t-il conclu.
Il avait reconnu pourtant au cours de l’émission, qu’ayant appris qu’Abou Yadh habitait dans un appartement, place Barcelone à Tunis, il y avait dépêché des agents de l ‘ordre, mais Abou Yadh était déjà parti.
De là à croire qu’il y a eu connivence entre les terroristes et certains agents de l’ordre.
C’est ce que pensent la plupart des observateurs et les derniers actes de terrorisme sont de nature à étayer cette suspicion.
La maison de l’actuel ministre de l’Intérieur à Kasserine qui été la cible d’un acte terroriste
soldé par la mort de quatre de nos vaillants agents qui gardaient les lieux, se situait à quelques mètres du district de la garde nationale.
C’est d’autant plus inquiétant que les opérations terroristes continuent à faire des morts au Mont Chaâmbi.
Pour sa part l’ex-ministre de l’Intérieur, n’a pas été explicite lors de son intervention à l’émission télévisée et il a essayé de noyer le poisson en esquivant pour taire la vérité sur certaines questions dont notamment la plus poignante à savoir qui a aidé Abou Yadh ? C’est justement en fonction de la réponse à cette question qu’on peut découvrir quels sont ses complices et par là même, qui a intérêt à encourager la recrudescence du terrorisme dans notre pays ?
Après cette bavure policière qui avait permis, il y a environ deux ans au chef de Ansar Al Chariaâ de quitter la mosquée Al Fath, déguisé parait-il en niqabée, puis de quitter le territoire, aidé par un agent de la garde nationale, le terrorisme est devenu de plus en plus menaçant. Des individus qui ont été arrêtés dernièrement s’avéraient être porteurs de vivres et d’armes dans l’intention pour prêter main forte à la cellule terroriste des monts Chaâmbi et Semmama. Ces individus fournissaient également un soutien logistique à ces cellules et les renseignaient sur les cibles névralgiques, et ce selon un communiqué du ministère lequel ne manque pas de préciser que les unités spécialisées de lutte antiterroriste continuent à mener les investigations nécessaires afin d’endiguer le flot du terrorisme qui devient sérieusement menaçant.
Encore faut-il que toutes les forces de l’ordre agissent de concert dans ce sens, car le temps n’est plus aux tergiversations mais à l’action dans la détermination, la coordination et l’entente des unités des forces l’ordre et toutes les forces vives de la nation.

 

Ahmed NEMLAGHI