Action tous azimuts pour nettoyer Hammamet - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 14 Novembre 2018

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Nov.
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2018

La vie dans la cité- Déjà saturée avant la haute saison

Action tous azimuts pour nettoyer Hammamet

Mercredi 4 Juin 2014
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Les vacances sont certes synonymes de bronzage et de baignade et Hammamet ,ce fleuron du tourisme tunisien ,est là pour satisfaire les désirs des estivants et répondre à leurs besoins. Comment cette belle cité balnéaire s’est préparée cet été et  Comment gère- t- elle cette marée humaine ?
Quand on arrive à Hammamet, on sent le fell , le jasmin et aussi les plages, leurs odeurs. Belles plages, bonnes gens et maisons splendides vont ensemble. Le promeneur dans les belles rues de la cité des jasmins rentre embaumer par ses belles odeurs. Le jour, Hammamet vit à la plage, le soir dans ses cafés, ses restaurants et ses boîtes de nuits. Elle se transforme en une véritable furie.« Ce n’est pas facile de gérer une ville de 300.000 âmes dont la population triple voire quadruple en été nous explique Raouf Jabnoun , le Maire d’Hammamet  . « Les besoins sont grands dit-il. Le nettoyage des rues, des plages, la collecte des ordures, la lutte contre les moustiques. Tout ceci exige des moyens. Notre mission nous dit  le maire de Hammamet  c’est de veiller à la propreté de la ville et de protéger l’environnement
contre les agents de pollution. Nous venons d’acquérir deux bennes   tasseuses et trois tracteurs. Des équipes seront  mobilisées jour et nuit pour nettoyer les plages sur 16 km .56 maitres nageurs veilleront à la sécurité des estivants
et un bateau de sauvetage est mis à leur disposition24 sur 24heures .La collecte des ordures se fait jour et nuit .Nous touchons même les quartiers populaires et je pense que Hammamet offre un bon environnement.  Cet effort a été soutenu par le ministère du Tourisme qui vient d’allouer 110 millions dinars pour améliorer l’environnement dans la cité. Hammamet est menacée par l’ensablement. Ce type d’ensablement entraîne la formation d’un voile éolien plus ou moins épais. Le grand lifting commence par rendre les  kilomètres de rivage de la cité les plus attrayants avant les premières arrivées de touristes pour les vacances d’été. De belles plages en préparation pour la ville donc. Si ce n’est que beaucoup trop les prennent encore pour des poubelles ou des cendriers géants et là nous avons mis à la disposition des estivants des poubelles géantes. Nous sommes
vigilants sur ce point. Un autre phénomène menace nos côtes. C’est l’érosion marine La côte sableuse montre des signes inquiétants d’érosion. Elle enregistre régulièrement des reculs notamment du côté du littoral septentrional où certains hôtels sont menacés par ce fléau naturel » Et les nuisances sonores ?  « Elles  nuisent c’est vrai  à notre qualité
de vie à la maison ou dans la rue   fait souligner M Jebnoun
. Le réflexe citoyen est de se mettre à chaque instant à la place de son voisin, et de ne pas lui faire subir ce que l’on ne voudrait pas subir soi-même. Les décibels de la soirée de Hammamet font  passer des  nuits blanches à de nombreux riverains  Les habitants de la ville et les  vacanciers ont le droit de faire la fête mais jusqu’où ? Comment concilier l’envie de s’amuser et le respect dû aux riverains, à ceux qui veulent se reposer ? Un vrai dilemme. Quasi insoluble surtout
pour les discothèques, les  fêtes diverses notamment sur les plages, les mariages en plein air  et les cafés chantants. Souvent, ils ne respectent pas l’horaire autorisé alors quand on dépasse le raisonnable, on  intervient car il faut penser aussi à la tranquillité des habitants »
Circulation et stationnement, mes soucis !
La question de la circulation dans la ville de Hammamet revient, telle une vieille rengaine, à l’approche de chaque saison estivale. La fièvre motorisée de juillet et août, convergeant vers le centre-ville et les nuisances qui en découlent sont perçues comme une fatalité, Hammamet payant ainsi la rançon de son attractivité et de son succès touristique. Les bouchons monstres se forment, chaque jour, au niveau de la ville de Hammamet le long des avenues Habib Bourguiba et Nations Unies, jusqu’à l’entrée de la ville et sur l’axe routier menant à Nabeul. Durant l’été, on assiste quotidiennement aux files de voitures qui encombrent
ces deux axes routiers. Ce qui constitue un vrai casse-tête pour les automobilistes, les piétons, notamment les transporteurs de voyageurs. Il arrive que la circulation s’étende sur un kilomètre, notamment les week-ends  et dans les après-midi. «   Le trafic constitue un véritable goulot
d’étranglement nous explique le maire de Hammamet .La ville reçoit 50.000à 60.000 voitures par jour. Hammamet
étant un centre d’attraction particulière voit un flot de véhicules de toutes sortes y déferler de partout pour plonger la cité dans un chaos surtout le soir. Il en résulte deux problèmes
majeurs : D’une part le problème de stationnement surtout le long des avenues Habib Bourguiba, Nations Unies et Moncef Bey et d’autre part la difficulté de l’écoulement donc de son organisation de manière rationnelle. Quotidiennement,
les automobilistes sont soumis aux embouteillages, aux bouchons pénalisants, aux sautes d’humeur. L’été, ils sont bloqués du côté du centre culturel international avec l’afflux vers le festival. Ce phénomène prend de l’ampleur aux heures d’entrée et de sortie des festivaliers. Ce phénomène
s’accentue du côté de Moncef Bey, cité des loisirs avec ces discothèques sans parkings. Ce qui bloque le trafic à partir du minuit. Les automobilistes stationnent n’importe où et engendrent de monstrueux embouteillages. Ce dont souffre Hammamet C’est le manque de parkings. La topographie
de la ville oblige les voitures à passer inévitablement
par le centre ville.La circulation se fait à double sens dans un espace réduit »Que faut-il faire ?. Nous opterons pour les parkings à étages pour alléger ce problème. Nous étudierons la possibilité d’édifier des parkings à étage sur un espace de 5000 m2 à l’espace Yasmina. On pense aussi à prolonger la route touristique reliant le rond point de Résidence
Janet à l’hôtel Dalia. » Pour fluidifier ce  grand trafic, Dr Salem Sahli Président de l’Association d’éducation relativement
à l’environnement estime que la  réalisation de cet objectif passe par le traitement des points de conflit et des goulots d’étranglement. « Le carrefour de Barraket Essahel est le premier goulot d’étranglement qui entrave la circulation
pratiquement jusqu’à Nabeul. Il nous paraît urgent de multiplier les entrées à la ville de Hammamet en mettant à profit la rocade et en aménageant une entrée visible et facilement
accessible à Bir Bouregba. Le dédoublement des avenues du Koweït et des Etats-Unis en deux fois deux voies à l’instar des avenues de la République et de la Libération
est indispensable. Ceci sans oublier le  traitement des deux coudes formés par l’avenue du Koweït et l’avenue H. Bourguiba à la gare, et l’avenue H. Bourguiba et l’avenue de la République au centre ville. Ces deux coudes représentent
deux sources majeures d’asphyxie du trafic routier en été. Leur suppression requiert quelques mesures foncières, un peu de technicité et beaucoup de courage et de bon sens ». Dr Sahli appelle à développer et rationaliser les transports en commun en améliorant  la voie ferrée Hammamet
– Nabeul (ligne 10 de la SNCFT) de façon à ce qu’elle puisse accueillir un Métro urbain ou un Tramway avec des navettes fréquentes et des arrêts multiples comme pour le Métro du Sahel, en réalisant  une navette maritime reliant la station touristique Yasmine-Hammamet au centre ville. Cette solution exige l’aménagement d’un abri portuaire à Hammamet. Il faut d’autre part reconsidérer l’itinéraire des trains touristiques, cause importante de l’engorgement du trafic automobile en été. Le tracé Nord devrait s’arrêter à l’avenue Assad Ibn Al Fourat et le terminus sud des trains touristiques devrait être le carrefour de Oued Baten. D’ailleurs l’arrêté municipal interdisant à ces trains l’accès au centre ville demeure à ce jour inappliqué. Limiter le nombre de taxis circulant à Hammamet pourra être une solution. D’après une étude récente, sur les 1500 taxis qui constituent l’ensemble du parc taxi du cap-bon, plus des ¾ soit 1200 taxis circulent à Hammamet. Il convient par conséquent de revoir les critères d’octroi d’autorisation de travail pour les taxis afin qu’une redistribution plus logique et plus équitable soit opérée à l’échelle du gouvernorat de Nabeul ».

 

Kamel BOUAOUINA