Une nouvelle pilule dure à avaler - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 20 Septembre 2018

Suivez-nous

Sep.
21
2018

Majoration de 100 millimes des prix à la pompe à partir du 1er Juillet prochain

Une nouvelle pilule dure à avaler

Mardi 3 Juin 2014
نسخة للطباعة

Les Tunisiens devront officiellement s’attendre le 1er juillet 2014 à une hausse des prix des hydrocarbures. Une majoration exaspérante de 100 millimes et qui se pose comme une alternative impérieuse pour le gouvernement Jomâa à court de manœuvres à esquisser. Selon les prévisions du budget de l’Etat 2014, la révision des prix des hydrocarbures et du système de compensation des prix de l’électricité et du gaz prévue dans le budget de l’Etat pour l’exercice 2014 devrait permettre de réaliser des économies d’environ 450 millions de dinars. Le consommateur tunisien qui ne se remet pas encore des coups de massue encaissés des  récentes augmentations des prix de l’électricité, du gaz, de l’eau potable, des tarifs du transport public sans écarter les risques à prévoir d’une nouvelle liste de majoration des produits alimentaires de première nécessité, vit désormais sous la contrainte et la hantise de supporter une nouvelle augmentation des cours de l’essence. Une pilule dure à avaler ! A signaler que le cours international du baril s’affichait hier à 102,44 dollars. Les prévisions préliminaires du budget de l’Etat pour l’exercice 2014 tablent sur un cours de baril de 110 dollars et un taux de change du dinar par rapport au dollar à 1,670 TND).
Ahmed Ammar Youmbai, ministre des Affaires sociales a confirmé hier sur les ondes de Mosaique.fm l’augmentation prévue du prix de l’essence et ce parallèlement à l’annonce de l’augmentation du SMIG (Salaire minimum garanti) de 11% à partir du 1er mai 2014 (en passant de 301 dinars 808 millimes à 319 dinars 904 millimes). Chose qui nous rappelle un vieil adage tunisien reproduit en français : « La gifle et le Bonbon ».
Il faut dire que cette majoration des prix à la pompe était dans l’air. Elyès Fakhfakh, ex -ministre des Finances l’avait subordoré à maintes reprises, notamment suite à l’annulation de la mesure de taxation des vignettes automobiles. Houcine Dimassi, ancien ministre des Finances du Gouvernement Hammadi Jebali avait à son tour considéré la majoration progressive des cours de l’essence comme inévitable au vu de la pesanteur de la subvention directe des hydrocarbures sur le budget de l’Etat.  
Ainsi et malgré la contestation de certains partis politiques notamment le Front Populaire mais aussi certains représentants  la société civile dont l’Organisation de la Défense des consommateurs, le gouvernement Jomâa semble conditionné à poursuivre le programme de ses devanciers qui, de par leur nomination partisane et aliénante, avaient du mal à faire passer ces mesures drastiques et inévitables aux yeux de certains économistes. L’emprunt extérieur, l’emprunt obligataire national et les autres ressources budgétaires ordinaires s’avèrent insuffisants à combler le trou budgétaire. Les mesures d’austérité prennent le dessus au fur et à mesure sur toute autre approche en Tunisie à l’instar des pays qui connaissent des crises économiques dont la Grèce, le Portugal et autres pays similaires.  Sauf que ces pays sont soutenus par l’Union des 27 et ne souffrent pas de menaces terroristes sous-jacentes.
Rappelons in fine que le dernier ajustement est celui  en date du mois de mars 2013. Les nouveaux prix se présenteraient comme suit : Essence sans plomb 1670 millimes, Gazoil 50: 1500 millimes et Diesel: 1270 millimes.

 

Yosr GUERFEL AKKARI

Mots-clés: