A elle seule, une politique budgétaire ne suffit pas ! - Le Temps Tunisie
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La relance des investissements encore freinée :

A elle seule, une politique budgétaire ne suffit pas !

Mardi 3 Juin 2014
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Le gouvernement table sur la réduction de 1,5 milliard de dinars des dépenses publiques. Un moyen parmi tant d’autres pour maîtriser le déficit budgétaire qui avoisine 8,5% du PIB, bien que la loi de finances 2014 a fixé ce déficit budgétaire à 7,5% du PIB. D’autre part, le gouvernement ne s’est pas prononcé sur une éventuelle augmentation de l’enveloppe allouée à l’investissement public. Mais, si l’on prend en considération les propos du ministre de l’économie désirant assurer la relance économique par l’investissement, on devrait s’attendre à des décisions qui concernent l’assainissement du climat des affaires ainsi que d’autres mesures relatives à l’encouragement des investisseurs.
Investissement bloqué !
Deux ans durant, le deux gouvernements de la Troïka n’ont fait que parler du  nouveau Code d’Investissement. Deux ans après, le gouvernement actuel a retiré le projet de ce Code de l’ANC pour une probable révision. De quoi s’interroger sur les possibilités de la relance économique à travers l’investissement, d’autant plus que le cadre juridique n’est pas compatible avec la conjoncture. Bon nombre d’économistes critiquent cet attentisme du gouvernement pour adopter le nouveau Code d’Investissement et surtout l’adoption de la nouvelle loi sur le partenariat public-privé.
Ainsi, autant de questions se posent, pour savoir si le gouvernement actuel est capable de relancer l’économie à travers la relance d’investissements : les promesses de Hakim Ben Hammouda, ministre de l’économie et des finances peuvent-elles se réaliser ? Entre autres, serait-il possible de relancer l’économie tunisienne à travers l’investissement ?
Abdeljelil Bedoui, Universitaire et Expert économique estime que compte tenu de la conjoncture actuelle il est difficile de relancer l’investissement. « Le volume des investissements publics reste en deçà des attentes. L’Administration est encore incapable de réaliser des avancées dans les projets déjà programmés. Le flux des investissements directs étrangers (IDE) est en baisse », estime-t-il tout en précisant que la démarche du gouvernement consiste à réduire les dépenses de gestion de l’Etat sans augmenter parallèlement les dépenses allouées à l’investissement, ce qui est de nature à compromettre la relance d’investissement. D’ailleurs, selon les statistiques officielles, l’enveloppe allouée à l’investissement publique est de l’ordre de 4,5 milliards de dinars. Depuis 2010, cette enveloppe demeure constante, mais elle est en train de diminuer par rapport au PIB. Abdeljelil Bedoui, va plus loin en affirmant que la relance d’investissement - souvent tributaire de la demande locale (consommations et investissements)  et extérieure  (tourisme et IDE) ne pourrait pas se faire compte tenu de la conjoncture actuelle. « Comment peut-on relancer l’investissement  avec des pressions sur la consommation et en l’absence des investissements ? », se demande-t-il.
Moez Lâabidi, Universitaire et Expert en finances pense pour sa part que la relance économique par l’investissement reste liée à l’adoption du nouveau Code d’Investissement, la réforme fiscale et principalement la loi de finances complémentaires 2014. « Des conditions nécessaires, mais elles ne sont pas suffisantes », explique Moez Lâabidi. Ce qui revient à dire que vue la menace terroriste et l’attentisme du gouvernement, les investisseurs sont réticents à investir. « Les investisseurs étrangers vont encore attendre. Les investisseurs nationaux, vont investir dans les zones côtières puisque les régions intérieures connaissent une menace terroriste », affrime-t-il. Il précise encore que le climat des affaires n’est pas encouragent. Moez Lâabidi, confirme encore que la Tunisie n’est pas dans une optique de relance. Pour la simple raison que le gouvernement, vue le contexte financier, veut réduire les dépenses de gestions sans augmenter les dépenses d’investissement. « D’où, je dirais bien que sa politique budgétaire n’est pas expansionniste», a-t-il conclu.
Certainement, la loi de finances complémentaire, encore ajournée, devrait apporter des réponses !

 

- Moez Lâabidi
« La  BCT ne peut rien faire… la balle se trouve dans le camp du gouvernement »

La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a utilisé les instruments classiques dont elle dispose. Elle a réduit le taux d’intérêt à 4,25% et a ramené le taux des réserves obligatoires à 2%.  La BCT ne peut pas diminuer ces taux et au-delà de ces niveaux, la BCT ne peut rien faire. Elle a déjà joué son rôle et accompli sa mission. Je dirais que la balle se trouve dans le camp du gouvernement. La relance économique dépend certainement de la capacité du gouvernement actuel pour accélérer le processus des réformes économiques à l’instar de la réforme fiscale.

 

- Abdejlil Bedoui
« Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement aura recours à une politique d’austérité »

A ce propos, je dirais qu’il faut attendre l’adoption de la loi de finances complémentaire pour connaître les orientations de la politique budgétaire du gouvernement. Mais, ce qui est sûr, c’est que le gouvernement aura recours à une politique d’austérité, bien que nombre de ministres démentent le recours à l’austérité et défendent une politique de relance économique. Par quels moyens vont-ils assurer cette relance, c’est la question principale de que je pose.

 

Zied DABBAR