Le paradoxe de la poule et de l’œuf - Le Temps Tunisie
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2018

Polémique sur l’ordre des scrutins législatif et présidentiel : 10 partis sur 19 favorables à la tenue de la présidentielle avant les législatives

Le paradoxe de la poule et de l’œuf

Mardi 3 Juin 2014
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- «Si les législatives se tiennent avant la présidentielle, il y aura un nouveau parlement élu avec un Président de la République non élu au suffrage universel qui ne peut pas nommer un chef de gouvernement», estiment les uns !

- «Si la présidentielle précède les législatives, le président de la République qui sera élu au suffrage universel doit prêter serment devant un nouveau parlement», rétorquent les autres !
- Report de la décision finale pour demain

 

Les acteurs du dialogue national se sont à nouveau penchés, hier, au siège du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, sur le calendrier électoral. Bien que la question de la séparation des scrutins législatif et présidentiel ait déjà fait l’objet d’un consensus vendredi dernier, les tractations étaient laborieuses. C’est que les partis participant au dialogue ont été appelés à déterminer lequel des deux scrutins doit précéder l’autre. Et là une véritable controverse semblable au paradoxe de la poule et de l’œuf a éclaté.
Certains partis, dont Nida Tounes et le parti républicain (Al-Joumhouri), ont estimé  que la présidentielle doit obligatoirement précéder les législatives afin de respecter les dispositions de la nouvelle Constitution.  «Si  les législatives se tiennent avant la présidentielle, il y aura un nouveau parlement élu avec un président non élu au suffrage universel qui ne peut pas nommer un chef de gouvernement», argumentent-ils
 Dans le camp d’en face, où l’on trouve entre autres le mouvement Ennahdha et Al-Massar, ont estime, cependant, que la   logique voudrait  qu’on élise un parlement, puis un président de la République.  «Si la présidentielle précède les législatives, le président de la République qui sera élu au suffrage universel doit prêter serment devant le nouveau  parlement», avancent les défenseurs de l’idée de l’organisation des législatives avant la présidentielle.
Face à cette polémique, un vote a eu lieu hier durant la séance matinale du dialogue national. Il en ressort que dix partis sur les dix-neuf participant au dialogue national sont favorables à la tenue de la présidentielle avant les législatives. Les neuf partis restant défendent l’option inverse. Ainsi, la séance matinale  a été levée pour permettre aux tractations de se poursuivre dans les coulisses, dans l’espoir d’une solution qui débloquerait la situation…
Après la levée de la réunion matinale et de longues tractations, il a été convenu de reporter la décision finale pour demain, marcredi.
 

Possibilité de report des élections
Après avoir défendu bec et ongles durant plusieurs semaines l’idée de la concomitance des deux scrutins, le mouvement Ennahdha a accepté vendredi dernier l’option de la séparation à condition que les législatives soient organisées avant la présidentielle.
Selon certains observateurs, les raisons du choix du mouvement Ennahdha pour l’organisation des élections législatives et présidentielle le même jour sont beaucoup plus complexes que les gains de temps ou les raisons sécuritaires avancés régulièrement. Le parti islamiste, qui considère le parlement comme étant l’épicentre du pouvoir considère,  que la concomitance des législatives et de la présidentielle  est plus avantageuse pour lui en termes de voix. Et pour cause: en cas de séparation des deux scrutins, les résultats de la présidentielle pourraient influencer les choix des électeurs lors des législatives, ce qui serait bien évidemment une mauvaise chose pour  le mouvement Ennahdha qui ne compte pas de figures capables de remporter la prochaine présidentielle.  A cela s’ajoute  le risque d’un faible taux de participation aux législatives qui résulterait d’une lassitude des électeurs après deux tours de la présidentielle.
A noter que l’instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE)  a pressé  mardi dernier la classe politique à s’entendre sur la date des élections au plus vite, notant qu’autrement ces scrutins risquaient d’être reportés. «Les grands tiraillements  entre partis politiques expliquent que la date des élections n’ait toujours pas été fixée. Il faut qu’ils se mettent d’accord avant tout sur les élections avec lesquelles on va commencer, présidentielle ou législatives, ou bien si on va vers la concomitance»,  a déclaré le président de l’ISIE, Chafik Sarsar.
 «Nous avons déjà beaucoup de retard. Et  si les contretemps persistent il y aura une possibilité de retarder les élections», a-t-il mis en garde.

 

Walid KHEFIFI