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La Banque Mondiale met en garde contre les effets pervers de la hausse des produits alimentaires sur la stabilité politique

Paradoxe !

Samedi 31 Mai 2014
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Dans son dernier rapport trimestriel intitulé : « Food Price Watch », la Banque Mondiale a lancé un message de détresse  sur la hausse des cours des produits alimentaires sur les marchés internationaux tout en faisant un zoom sur l’impact embrasant des prix alimentaires et leurs retombées incendiaires dans les émeutes de la faim. L’institution de Bretton Woods  forte d’un dogmatisme libéral   se lance semble-t-il dans une nouvelle approche plutôt keynésienne. La Tunisie, l’ancien-nouveau bon élève  de la BM s’obstine irrémédiablement à reproduire le même processus initié  par  Ben Ali, celui de libéraliser progressivement les prix dont les produits agricoles et alimentaires. Entre intox et info, la levée imminente des subventions pour certains produits de base notamment alimentaires ne tardera pas à son tour de compliquer une situation fort aggravée et ce malgré la suspicion apparente du gouvernement Jomâa à prendre une pareille mesure aussi grave que périlleuse.
Selon le rapport de la Banque Mondiale, les cours des produits alimentaires sur les marchés internationaux ont augmenté de 4 % entre janvier et avril 2014. Une envolée des prix  qui interrompt selon la même source  une tendance prolongée à la baisse amorcée depuis août 2012. Les conditions climatiques, l’instabilité politique notamment en Ukraine outre les fluctuations monétaires ont eu un impact sur le raffermissement des prix internationaux du blé, du maïs et du riz. L’institution de Bretton Woods appelle dans ce  cadre à suivre au peigne fin l’évolution des prix internationaux dans les mois qui viennent.  Par ailleurs, la Banque Mondiale s’est intéressée dans sn nouveau rapport à faire le lien de causes à effets entre la hausse des prix alimentaires et les émeutes de faim et les dernières Révolutions  notamment celles des pays arabes. «  La flambée des prix alimentaires de 2007 et de 2008 a provoqué de nombreux mouvements violents un peu partout dans le monde, qui se sont multipliés depuis. Les chocs sur les prix alimentaires pouvant déclencher et exacerber les conflits et l’instabilité politique, il convient donc de promouvoir des politiques visant à en atténuer les effets. Un suivi adapté constitue une première étape en ce sens», souligne le rapport
Autrement dit et si l’on a bien disséqué entre les lignes, la Banque Mondiale qui soutient et appuie sans cesse les pays sous-développés et en voie de développement dont la Tunisie dans leur processus de libéralisation des prix tous azimuts trouve des précautions quand même étranges à prévenir aujourd’hui contre les risques d’une augmentation des prix alimentaires et ce qui pourrait en découler sur la stabilité politique et la sécurité dans ces mêmes pays.

Yosr GUERFEL AKKARI