Ennahdha tient mordicus à la concomitance des élections législatives et présidentielle - Le Temps Tunisie
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Dialogue national

Ennahdha tient mordicus à la concomitance des élections législatives et présidentielle

Samedi 31 Mai 2014
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• Le parti islamiste ne pourra accepter la séparation des deux scrutins qu’au cas où les législatives seront organisées avant la présidentielle • L’appel du secrétaire général de l’UGTT à la tenue d’un congrès national sur la lutte contre le terrorisme a

La situation sécuritaire et le calendrier électoral  ont été au centre de la séance de dialogue national tenue, hier, à Tunis, en présence des représentants d’une vingtaine de partis. Aucun accord n’a pas pu être trouvé sur l’épineuse question de la concomitance ou de la séparation entre les élections législatives et la présidentielle. Le mouvement Ennahdha a campé sur sa position, estimant que la concomitance des deux scrutins permet de respecter les dispositions de la Constitution qui prévoit la tenue des élections avant la fin de l’année en cours, d’assurer un bon climat sécuritaire et d’enregistrer un fort taux de participation.
«Nous restons attachés à l’organisation des législatives et de la présidentielle simultanément afin de respecter la Constitution. Une séparation des deux scrutins   aboutira inéluctablement  à un dépassement des délais prévus par la nouvelle Constitution  d’autant plus que l’Instance supérieure indépendante pour les élections aura à organiser des scrutins en trois temps, en l’occurrence deux tours pour la présidentielle et un tour pour les législatives», a déclaré le président du Bureau politique du mouvement Ennahdha, Ameur Laârayedh.
«La séparation des deux scrutins risque par ailleurs de provoquer une  désaffection des électeurs pour les  législatives après une présidentielle à deux tours  puisqu’ils seront amenés à se déplacer trois fois aux bureaux de vote», a-t-il ajouté.  
Le dirigeant du parti islamiste a, d’autre part, estimé que la simultanéité des législatives et de la présidentielle facilitera la tâche aux forces de sécurité en ces temps de résurgence de la menace terroriste.
Selon des bruits qui ont circulé hier dans les coulisses, le mouvement Ennahdha ne pourrait  accepter la séparation des deux scrutins  qu’au cas où les législatives seraient organisées avant la présidentielle.  Une option rejetée par la majorité des partis participant au dialogue national parrainé par les quatre plus grandes organisations nationales (UGTT, UTICA, LTDH, Ordre des avocats).

 

Risque de report des élections
Au final, il a été décidé de tenir une nouvelle séance de dialogue national lundi prochain afin de tenter de raccorder les violons des différents partis sur le calendrier électoral. Dans ce chapitre, le temps presse.  L’instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE)  a d’ailleurs appelé mardi la classe politique à s’entendre sur la date des élections au plus vite, notant qu’autrement ces scrutins risqueraient d’être reportés.
«Les grands tiraillements  entre partis politiques expliquent que la date des élections n’ait toujours pas été fixée. Il faut qu’ils se mettent d’accord avant tout sur les élections avec lesquelles on va commencer, présidentielle ou législatives, ou bien si on va vers la concomitance»,  a déclaré le président de l’ISIE, Chafik Sarsar.
 «Nous avons déjà beaucoup de retard. Et  si les contretemps persistent il y aura une possibilité de retarder les élections», a-t-il mis en garde.
Kamel Toujani, un des membres de l’ISIE, s’attend, quant à lui,  à ce que «d’ici une à deux semaines les politiciens annoncent la date des élections».
Selon certains observateurs, les raisons du choix du mouvement Ennahdha de l’organisation des élections législatives et présidentielle le même jour sont beaucoup plus complexes que les gains de temps ou les raisons sécuritaires avancés régulièrement. Le parti islamiste, qui considère le parlement comme éta nt l’épicentre du pouvoir, pense  que la concomitance des législatives et de la présidentielle  est plus avantageuse pour lui en termes de voix. Et pour cause: en cas de séparation des deux scrutins, les résultats de la présidentielle pourraient influencer les choix des électeurs lors des législatives, ce qui serait bien évidemment une mauvaise chose pour  le mouvement Ennahdha qui ne compte pas de figures capables de remporter la prochaine présidentielle.  
A cela s’ajoute  le risque d’un faible taux de participations aux législatives qui résulterait d’une lassitude des électeurs après les deux tours de la présidentielle.
A noter, d’autre part,  que le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abbassi, a appelé à l’ouverture de la séance de dialogue national tenue hier à l’organisation d’un congrès national sur la lutte contre le terrorisme. Cet appel qui fait suite à l’attaque meurtrière du domicile du ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, à Kasserine, a été soutenu par tous les partis participant au dialogue national.

 

Walid KHEFIFI