Les cafouillages de la Sécurité - Le Temps Tunisie
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2018

L’éditorial

Les cafouillages de la Sécurité

Vendredi 30 Mai 2014
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Dans la seule capitale, on dénombre pas moins de 400 cellules terroristes dormantes. L’attentat de Kasserine vient, par ailleurs, prouver que l’urbanisation du terrorisme réussit au pied d’une montagne (le Châambi), qu’on dit militarisée ; il y aussi, dit-on, un vide sécuritaire dans plusieurs régions, dont celles de Ben Guerdane et Gabès.
Il y a lieu, aujourd’hui, d’interpeller Rached Ghannouchi qui déclarait il y a un certain temps que « la sécurité  n’est pas garantie ». Le mécanisme déclencheur c’était bien évidemment l’opération d’Al Rouhia. En d’autres termes, il voulait dire que le terrorisme existe bel et bien (car son mouvement a enfanté deux monstres : les salafistes et Ansar Al Chariâa ; monstres qui se sont retournés contre lui), mais que les dispositifs sécuritaires n’étaient pas à même de contrer l’ogre terroriste.
On ne pourra pas oublier, non plus, que la Libye dont la situation est de plus en plus chaotique, devient l’une des facettes de l’internationale intégriste et que les atermoiements ou plutôt, les incertitudes gouvernementales à sécuriser les frontières, font que les armes à profusion, viennent de ce pays, tout autant que le flux et reflux des terroristes.
Or, il faudra bien établir, aujourd’hui, un constat alarmant. Nos forces de sécurité, la garde nationale et l’armée manquent de logistique. Et, plus grave encore, elles naviguent à vue, dépourvues de schémas clairs et de stratégie dans la lutte contre le terrorisme islamiste, parce que les renseignements manquent.
Et pourtant, dit-on, il ya plein de rapports sur le terrorisme, mais des rapports qui vont sommeiller dans les tiroirs. Pratique suspecte depuis qu’Ali Laârayedh était aux commandes de l’intérieur et qui, à l’évidence, se perpétue avec Lotfi Ben Jeddou.
Au nom de la dissolution révolutionnaire de la « police politique », nous sommes restés privés de renseignements généraux. Et, dans le jeu opaque d’influences au sein d’un ministère de l’Intérieur tiraillé et confus et l’effritement de la collaboration avec l’armée, le terrorisme paraît malheureusement avoir une longueur d’avance sur les dispositifs sécuritaires. On parle aussi de « sécurité parallèle qui serait en connivence avec ces mouvances meurtrières ». Mais ce ne sont toujours là que des spéculations. Le fait est que les obscurantistes, parfaitement réseautés, défient la nation toute entière. Le but ? Un nouvel Afghanistan en Tunisie, et le tout sur fond de takfirisme et de djihadisme, dans une vaste opération d’embrigadement, glorifiant Ben Laden, (dont on a brandi le portrait dans le bac sports), lequel embrigadement échappe à toute stratégie sécuritaire qui reste approximative parce que intra-muros et sans collaboration avec les réseaux mondiaux des renseignements.

 

Raouf KHALSI