De la couleur avant toute chose - Le Temps Tunisie
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2018

Arts plastiques : A la galerie El Marsa : exposition d’ Asma M’naouar

De la couleur avant toute chose

Samedi 24 Mai 2014
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«   La vraie sensibilité commence lorsque le peintre découvre que les remous de l’ombre et l’écorce de l’eau- et que le monde se contractant ainsi peu à peu, il voit se lever, sous cette pluie d’apparences, les grands signes essentiels qui sont à la fois sa vérité et celle de l’univers ».  
Jean Bazaine

 

Quatre années déjà et voilà que Asma M’naouar revient couvrir les magnifiques cimaises de la Galerie El Marsa. Malgré ses pérégrinations  à travers les galeries d’art à l’étranger,  Rome,  Paris, Marrakech… Asma est  toujours fidèle à son pays, à son public et à ses amis.
Dans son exposition,  elle nous présente  ses œuvres récentes, tout en rouges éclatants sur lesquels jouent d’autres rouges foncés, verts, bleus, oranges, violets…Un rythme  chromatique donnant, à première vue, des vibrations  vertigineuses  où le regard s’enfonce dans les trames  d’un infini  grattage de  ces multiples couches  de couleurs  superposées  au fil de l’intuition ou de l’instinct de l’artiste  dont elle seule, détient le secret.
Après les poissons, les épis de blé courbés, les fleurs sensuelles de « Natura », aux œuvres « Untitled » de l’exposition de 2010,  c’est dans sa « Mare Nostrum »  qu’ elle  a fait son immersion durant toutes ces années d’éclipse pour se lover dans le « Berceau des civilisations » et interpeller les monuments, les fresques, les signes ,  la calligraphie, les enluminures … A  la grande Histoire  des peuples de notre Méditerranée , elle dédie  un message de paix et de tolérance.
C’est  dans  un enchevêtrement architectural de formes, de lignes et de signes que sont suggérés   sur la toile, des tracés  de voûtes , de dômes , de nefs  et  de lignes en faisceaux rappelant  les minarets  des mosquées ottomanes,  les  colonnes des églises romanes et gothiques qui   s’affrontent et s’enlacent harmonieusement.
 C’est  aussi un enchantement  de  lumières multicolores qui se dégagent de chaque toile où s’irradient des  faisceaux lumineux  à travers l’épaisseur des couleurs. Les reflets de ces rayons se diffusent sur  les  vitraux au gré de la rotation du soleil comme pour raviver le silence et l’obscurité  dans les vieilles églises de Rome, Florence, Notre Dame de Paris, la Cathédrale de Chartres…
Sans oublier ces autres petits fragments colorés et épars  qui rappellent les shamsiïat et  qamariïat illuminant les magnifiques voûtes  des vieilles  mosquées  de Kairouan , Sidi Mehrez à Tunis ou Lella Salha- petit mausolée sur les berges du port punique à Salammbô, lieu de   prédilection qui fascinait et inspirait notre future grande artiste . D’autres œuvres nous emportent vers  d’autres lieux de culte ; célèbres témoins  de  la splendeur de  Damas, du Caire  ou d’Istanbul.
Ainsi, en ce printemps 2014, Asma M’NAOUAR  émerge-t-elle des profondeurs de sa «  Mare Nostrum » en  portant  un regard croisé entre le souffle du génie de l’Orient et l’art cosmique de l’Occident  appelant à la  fusion spirituelle entre les deux rives.
 

F. Sahly