La société civile, grande absente, a son mot à dire - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 16 Décembre 2018

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Dec.
16
2018

Dialogue économique national

La société civile, grande absente, a son mot à dire

Samedi 24 Mai 2014
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• Zoom sur sa vision des choses

Exclue du dialogue économique national lancé par le Gouvernement Provisoire depuis des semaines, la société civile tunisienne a pris l’initiative d’organiser trois jours de réflexion sur cette question fatidique pour le pays. Quelles visions de la société civile à propos des principales problématiques économiques actuelles ? C’est à cette question que le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES) tente de répondre, en organisant depuis hier -et durant trois jours- un congrès autour du sujet.
La société civile a son mot à dire sur les problèmes économiques qui se posent en Tunisie depuis la révolution. Elle peut, tout comme les structures officielles, proposer des solutions pour aider l’économie nationale à décoller de nouveau tout en préservant le pouvoir d’achat des citoyens. D’ailleurs, c’est dans ce cadre que s’inscrit le dialogue économique national lancé par le FTDES depuis hier. La rencontre sera une occasion propice pour débattre des solutions susceptibles de sauver l’économie tunisienne. Pour ce faire, neuf ateliers seront animés aujourd’hui par plusieurs spécialistes nationaux et internationaux lesquels présenteront des recommandations et en marge des travaux.
Dès lors, les participants au premier atelier seront appelés à diagnostiquer le modèle de développement actuel et les contours souhaitables d’un modèle alternatif. Pour atteindre cet objectif,  ils envisagent d’analyser et de diagnostiquer les principaux obstacles et les limites du modèle actuel tout en réfléchissant à un modèle alternatif pour remplacer celui adopté actuellement.
 

Le tissu productif
Le deuxième atelier se penchera sur les principales problématiques du tissu productif tunisien. Il examinera les composantes sectorielles du tissu et ses principales limites. L’atelier s’intéressera aussi au secteur informel, aux entreprises publiques, au rôle et aux limites du secteur privé, aux problèmes d’investissement…
Le financement de l’économie tunisienne sera examiné dans le troisième atelier. Les participants évoqueront ainsi le secteur bancaire, l’épargne nationale, la finance directe, l’endettement extérieur, l’investissement direct et le financement des micros, des petites et moyennent entreprises.
Outre ces questions liées directement à l’économie, le dialogue examinera d’autres points qui ne manquent pas d’importance et qui ont un impact direct sur l’économie nationale. Il s’agit en fait de l’environnement, des ressources naturelles, de l’économie verte et du développement durable. Les participants au quatrième atelier auront, entre autres à examiner l’état et les perspectives des principales ressources naturelles en Tunisie, la pollution, l’avenir de l’économie verte et ses différentes potentialités…
Toujours dans le même contexte, les équilibres macroéconomiques internes et externes, l’emploi et les développements des ressources humaines, les inégalités sociales et régionales et des défis de la construction d’une démocratie locale figurent parmi les sujets à examiner par les participants. Ces derniers auront aussi à proposer des solutions pour remédier aux lacunes que connaissent les services sociaux, dont les systèmes de retraite et d’assurance maladie. Ils débattront également des principales problématiques dans le secteur de l’enseignement, de la santé, du logement et du transport.
Le dernier atelier sera axé sur le partenariat euro-méditerranéen. Un bilan sera ainsi dressé par les experts qui parleront également des perspectives de ce partenariat en marge des nouvelles contraintes internationales dans les domaines de commerce, de la technologie et de la finance. Le même atelier examinera les perspectives d’un développement alternatif dans le contexte d’un partenariat asymétrique et des nouvelles propositions européennes pour un nouvel accord élargi et approfondi.
Conscient de leur rôle dans la protection des droits économiques et sociaux des citoyens et dans le dialogue national économique, les acteurs de la société civile ne comptent pas se limiter à des actions isolées. Outre les recommandations qui seront formulées et présentées le 25 du mois en cours, le FTDES envisage de faire de cette question son cheval de bataille et ce en travaillant tout au long de l’année sur les axes précités.  

 

Sana FARHAT