Et le bilan s’alourdit ! - Le Temps Tunisie
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Explosion d’une mine au Mont Chaâmbi

Et le bilan s’alourdit !

Samedi 24 Mai 2014
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Décès de deux vaillants soldats Rebah Aouadi et Ali El May et quatre blessés dont deux graves

La facture devient de plus en plus lourde. Pis encore, tout laisse croire qu’elle s’alourdira encore plus de jour en jour. Pourtant, aux dernières déclarations officielles, le Mont chaâmbi aurait été radicalement nettoyé de toute présence suspecte.
C’est l’histoire d’un joyau écologique, longtemps sollicité par les sportifs et les amoureux de la nature. Métamorphosé en zone militaire, par la force des choses, Chaâmbi est devenu l’épicentre de la lutte entre nos soldats et les défenseurs de l’obscurantisme. On est à quelques kilomètres des frontières algériennes, à l’ouest du pays.
Une guérilla est livrée entre nos forces armées et les terroristes. Une guerre qui a fait depuis son déclenchement, plusieurs morts des deux côtés.

 

Un adjudant mort et 5 soldats blessés
Vendredi 23 mai 2014, vers midi, la nouvelle tomba comme la foudre. Une mine terrestre explosa. Alors que le véhicule militaire chenillé, faisant partie d’un convoi de l’armée, effectuait son passage en direction du versant sud du mont, il partit en vrilles suite à l’explosion de la mine.
Les cinq passagers, y compris le chauffeur n’en sortirent pas indemnes. Deux d’entre eux ont perdu la vie. Ils s’appelaient Rebah Aouadi (adjudant) et Ali El May , nous déclara le porte-parole du ministère de la Défense, le Colonel-Major Taoufik Rahmouni. Ledit convoi était en train d’effectuer son travail de routine, à savoir la sécurisation de la zone. Les soldats étaient en cours d’ouverture de l’itinéraire du versant sud afin de la ratisser. Ils étaient conscients, que chaque jour que Dieu donna, ils risquaient leur vie mais avançaient déterminés. Le trépas n’était pas loin. Il les guettait même en cette matinée du vendredi.
L’information a fait le tour des médias. Pour en savoir un peu plus, Le Temps a contacté le porte-parole du ministère de la Défense, Taoufik Rahmouni. Ce dernier nous a déclaré : «La mine terrestre a explosé vers midi. La voiture chenillée qui faisait partie d’un convoi militaire a sauté. Deux de nos soldats sont décédés. Rabeh Aouadi est mort sur place. Ali El May perdit la vie lorsqu’il était transporté vers l’hôpital militaiire. Les autres passagers qui étaient au nombre de quatre ont été blessés. Deux d’entre eux sont dans un état grave. Ils ont, d’ailleurs, été transportés par hélicoptère à l’hôpital régional de Kasserine pour être transférés, par la suite, à l’hôpital militaire de Tunis. L’explosion a eu lieu lors d’un travail de routine qu’effectuent nos soldats tous les jours».
 

Retour sur la bataille du Mont Chaâmbi
La guérilla contre le terrorisme en Tunisie fait partie de notre Histoire moderne. Celle du Mont Chaâmbi a commencé en décembre 2012, quand notre armée a entamé une guerre sans merci contre les Djihadistes du Maghreb, venus chercher un nouveau pôle dans un Etat frêle à l’époque.
Un certain 6 juin 2013, une bombe artisanale explose au Chaâmbi, plus exactement, à une partie du mont qui répond au nom de Doghra. L’explosion fit 2 morts et deux blessés dans les rangs de notre armée.
Un mois et demi plus tard, à savoir, le 29 juillet. On est au mois de Ramadan. La Tunisie est en deuil. Elle venait de perdre tragiquement un second leader politique, adulé par une grande partie des Tunisiens, Mohamed Brahmi, assassiné par balles. Le pays est ébranlé, les citoyens sont en état de choc. Comme si cela ne suffisait pas, quatre jours plus tard, alors que devant le siège de l’ANC, les manifestations de colère continuaient de plus belle, en cette fin de journée de canicule, l’on apprend la mort sauvage et barbare d’un groupe de militaires tunisiens au Mont Chaâmbi. Après avoir criblé et mitraillé le camion, niveau Sabaa Diar, la trentaine de terroristes exécutèrent nos 8 soldats désarmés. Ils ont été froidement égorgés.
Quatre jours plus tard, nos forces armées lancèrent une offensive terrestre et aérienne sur le Mont Chaâmbi pour combattre le mouvement Okba Ibnou Nefaâ. Une dizaine de morts du côté des terroristes sont tombés sous la main de notre armée. Pour toute réponse, les rebelles ont planté une mine qui a explosé le lendemain, le 4 août 2014. Elle a fait un mort parmi nos soldats et sept autres blessés dont l’un d’eux a succombé à ses blessures le 5 aout.
Le bilan jusque-là se lève à 14 morts dans le rang de notre armée, depuis décembre 2012.
Avec le début de la reprise des cours, le ministère de l’Intérieur parle d’un groupe de trente personnes au Mont Chaâmbi. La bataille continue de plus belle. Trois de nos gardes forestiers sont pris en otage     par une douzaine de djihadistes. Ils sont par la suite relâchés. Fin septembre, le ministre de l’Intérieur parle de l’existence de 14 rebelles qui sont toujours actifs au mont. Deux semaines plus tard, après une enquête discrète, la brigade anti-terroriste attaque une maison se trouvant à Kasserine. L’embuscade a lieu dans la nuit du 11 et 12 octobre 2013. Les terroristes arrivent, cependant, à s’échapper. L’offensive échoue.
La lutte armée monte en crescendo. Des bombardements sont effectués sur le mont Chaâmbi durant tout le mois des mois de novembre, décembre et janvier.
Le début de l’année 2014 a été, aussi, marqué par plusieurs embuscades et plusieurs morts dans les deux rangs. Le mont fut déclaré zone militaire fermé, et pourtant ! La facture s’alourdit !
La lutte continue…

 

Melek LAKDAR