Sondage américain fallacieux : 86% de Tunisiens seraient anti-sémites - Le Temps Tunisie
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Tolérance et vivre-ensemble en Tunisie

Sondage américain fallacieux : 86% de Tunisiens seraient anti-sémites

Vendredi 23 Mai 2014
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• La méthodologie du sondage est cependant très contestée: la sélection des personnes interrogées ne tient pas compte des catégories socioprofessionnelles, ni du niveau d’études !

Selon une étude réalisée par la Ligue anti-diffamation (Anti-Defamation League/IDL), une organisation américaine, 86% des Tunisiens manifestent des comportements antisémites. Les auteurs de l’étude  qui ont interrogé 53 100 adultes dans 102 pays en vue de réaliser  une cartographie du niveau et de l’intensité du sentiment anti-juif à travers le monde, a fait également ressortir que  la plus forte concentration de personnes manifestant des comportements antisémites est observée dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Dans cette région, près des trois quarts des personnes interrogées (74%), étaient d’accord avec la majorité des stéréotypes antisémites. Les territoires de la Cisjordanie et de la bande de Gaza présentent les attitudes antisémites les plus élevées, avec 93%/ Les sentiments antisémites sont aussi élevés au Yémen, avec 88%, en Algérie et en Libye (87% ) et au Koweït (82 %), à Bahreïn et en Jordanie (81%) et au Maroc ( 80%).
Contrairement à ce que l’on croyait, l’Iran (56 %) est le pays «le moins antisémite» de la région.
A l’échelle mondiale, 26% de la population  manifesterait des comportements antisémites.
Rapporté à la population mondiale, ce chiffre  représente  plus de 1,09  milliard d’individus.
Les personnes interrogées dans le cadre de cette enquête  devaient répondre à une série de 11 questions basées sur des stéréotypes juifs, y compris la puissance juive financière, la  négation de l’Holocauste et le comportement des personnes de confession juive. La définition retenue par la Ligue anti-diffamation est ainsi très contestée par les experts tout comme les critères de sélection des échantillons retenus dans chaque pays. L’organisation américaine spécialisée dans la lutte contre l’antisémitisme a demandé aux sondés leur opinion sur onze affirmations : les Juifs se croient meilleurs que les autres, ont trop d’influence sur les marchés financiers, etc. Il suffit que lesdites personnes soient «plutôt d’accord»  avec six de ces propositions pour qu’elles soient taxées d’antisémitisme.  
La notice méthodologique  du sondage nous expose que les données récoltées ont été pondérées via des données démographiques, dont l’âge, le sexe, la religion, la langue parlée et la zone d’habitation (urbaine ou rurale). C’est-à-dire que l’on n’a pas appliqué ici de méthode de quotas quant aux catégories socioprofessionnelles ni quant au niveau d’études, questions ô combien essentielles pour comprendre les représentations.
Dans le cas de la Tunisie, le taux des personnes qui manifesteraient des comportements antisémites ne semble pas, d’ailleurs, crédible.  Le nombre des incidents antisémistes surevenus en Tunisie  se compte sur les doigts d’une seule main.  En février 2011, soit un mois après la révolution, un groupe d’une quarantaine d’islamistes radicaux avaient proféré des slogans antisémites devant la grande synagogue de Tunis vendredi matin à quelques heures du début du shabbat. L’incident avait été, alors, très vite dénoncé par le ministère des Affaires religieuses et le ministère de l’Intérieur. En janvier 2012, des propos antisémites avaient été aussi proférés par un groupe d’islamistes extrémistes à l’arrivée à Tunis du chef du gouvernement du mouvement islamiste palestinien Hamas Ismaïl Haniyeh.  Ils ont été dans le même temps condamnés par le mouvement islamiste tunisien Ennahdha qui les a jugés «contraires à l’esprit de l’Islam ».
En mars 2012, d’autres  slogans anti-juifs ont été scandés  lors d’une manifestation organisée par des islamistes réclamant l’inscription de la charia dans la Constitution à l’avenue Habib Bourguiba.
D’autre part, une petite communauté juive tunisienne estimé à 1600 personnes vit paisiblement à Djerba, à La Goulette ou encore à Nabeul. Cette communauté juive bien intégrée est l’une des plus importantes dans le monde arabe.

 

 

Walid KHEFIFI