Les instituteurs recourent à la grève administrative - Le Temps Tunisie
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Corps de métier

Les instituteurs recourent à la grève administrative

Vendredi 23 Mai 2014
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• Mais la porte du dialogue reste ouverte

La tension marquant les relations entre le ministère de l’Education et les instituteurs n’est pas à l’apaisement. Deux grèves très largement suivies, la première d’un jour le 24 avril dernier et la seconde de deux jours les 14 et 15 mai courant n’ont pas suffit à faire entendre raison au ministère. Ainsi,  les instituteurs se mobilisent pour  franchir un nouveau palier dans leurs actions militantes, la grève administrative, jamais observée dans les annales. Que s’est-il donc passé depuis le dernier débrayage pour aboutir à cette impasse ?
Une réunion de négociations s’est déroulée mercredi dernier au siège du ministère sans résultats. Elle a duré plus de 6 heures. Y ont pris part, le ministre Fethi Jarraya, un représentant de la Fonction publique au premier ministère et un représentant du ministère des Finances. La délégation syndicale était composée de Hfaiedh Hfaiedh, membre du bureau exécutif de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et les membres du bureau du Syndicat Général de l’Enseignement de base. Mastouri Gammoudi, secrétaire général du syndicat a précisé dans une déclaration au Temps que lors de la réunion, le ministre a exprimé une fin de non recevoir aux revendications des instituteurs. « Le ministère a avancé, comme prétexte, la situation critique des Finances publiques et la détérioration de la conjoncture économique du pays », dit-il. La partie syndicale s’est accrochée à ses revendications. Elle considère que les instituteurs, contrairement à d’autres corps de métier n’ont pas eu leurs droits.  « Certains secteurs ont pu réaliser des acquis substantiels par des grèves sauvages, alors que les instituteurs ont préféré patienter.  Ils n’ont pas bougé depuis la Révolution. Ils n’ont pas regard é la Révolution comme un butin. Ils ont respecté la période difficile que traversait le pays. Aujourd’hui, la coupe est pleine », s’indigne Mastouri Gammoudi.
La Commission administrative du syndicat s’est réunie hier, sous la présidence de Hfaiedh Hfaiedh, Mouldi Jendoubi et Samir Cheffi, membres du bureau exécutif de la Centrale syndicale. Ils font porter au ministère de l’Education la responsabilité de la non résolution des problèmes posés. Les membres de la commission administrative ont examiné un compte rendu de la réunion tenue la veille au ministère de l’Education nationale. Ils ont examiné les différentes formules pratiques de la grève administrative et du boycottage des examens du troisième trimestre.
Avant le démarrage à huis clos de la réunion, Mastouri Gammoudi, n’a pas manqué de préciser au Temps que «le syndicat reste ouvert au dialogue à tout moment. Si le ministère a de nouvelles propositions et nous invite au dialogue, nous répondrons présents ».
Pour lui la grève administrative qui n’avait jamais été décrétée par les instituteurs dans le passé, n’est pas un objectif en soi. Ils y seront contraints par le mutisme observé par le ministère.  La décision d’entamer une grève administrative avait été prise quand les instituteurs avaient décidé de fixer trois paliers dans leurs mouvements de contestation à savoir : la grève d’un jour, puis de deux jour et enfin la grève administrative.                                          Avec le taux de réussite de plus en plus élevé des deux dernières grèves, on s’attend à ce que la grève administrative soit largement suivie.
A la question quelles sont les revendications minimales à satisfaire, qui pourraient amener les instituteurs à ne pas opter pour la grève administrative, la prime de risque ou les autres revendications non matérielles ? , la réponse du secrétaire général a été catégorique. « Nous avons un ensemble de revendications à examiner dans leur globalité. Nous voulons des réponses à tous les points et non de façon fragmentée ». Les instituteurs tiennent à leurs revendications immatérielles comme la révision de l’article 35 de la loi d’orientation de l’enseignement, pour que l’école devienne une institution publique à caractère administratif, chose qui lui permettra de bénéficier de davantage de moyens matériels qui lui permettront de faire face aux dépenses nécessaires à un fonctionnement adéquat. Les instituteurs sont contre l’emploi précaire. Ils demandent l’application des différents points des accords conclus et signés dont la prime de pénibilité, celle de l’exercice dans les régions rurales, l’unification du corps enseignant, les heures exercées par le premier maître d’application…

 

Hassine BOUAZRA