Projet archaïque, du siècle dernier, et un mur qui coupera la localité en deux ! - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 14 Novembre 2018

Suivez-nous

Nov.
14
2018

RFR, le Bardo:

Projet archaïque, du siècle dernier, et un mur qui coupera la localité en deux !

Vendredi 23 Mai 2014
نسخة للطباعة

Sommes-nous bien au vingt-et-unième siècle? Nous n’avons pas cette impression quand on voit tout ce qui se passe dans le monde et le retard de plus en plus considérable que nous accusons dans la majorité des domaines. Aux quatre coins de la planète, les ouvrages sous terrains sont de plus en plus nombreux, et, de plus en plus merveilleux car très artistiques. Citons-en quelques uns des plus célèbres en partant du tunnel sous la Manche (projet vieux de trois siècles mais qui n’a été réalisé que plus récemment), en arrivant jusqu’à celui sud africain de l’Orange Fish, en passant par le tunnel de Seikan au Japon… En fait, construire en souterrain, n’est pas un fait nouveau, puisque des villes entières on été découvertes dont quelques unes remontent à 1400 ans avant JC  (Derinkuyu par exemple, 85m sous terre). Tenez pour vous étonner encore plus, le gouvernement de Norvège vient de donner son feu vert à un projet de tunnel pour bateaux (oui pour bateaux, on ne le précise jamais assez), ayant pour but l’esquive de la navigation en eaux dangereuses. Il est «présenté par ses promoteurs comme étant le premier au monde de cette taille».  Cyclopéen de la part des orfèvres en la matière. Que n’a-t-on pas encore imaginé?
Un peu partout dans le monde on constate que la densité des sites urbains, exige de plus en plus souvent, l’implémentation en sous terrain des infrastructures associées aux transports, tels les trains, les voitures ou les métros. Est-ce que nos ingénieurs sont moins compétents que leurs homologues algériens, égyptiens ou sud africains, pour ne pas l’avoir proposé?
Voyons le projet du réseau ferroviaire rapide qui va passer par le Bardo, et le mur de l’apartheid qu’on va ériger soit disant pour la sécurité des gens. Les préposés au projet ne savent-ils pas, que ce mur de la séparation va provoquer le morcellement de la localité et la création de deux territoires isolés?
Ne sont-ils pas conscients que ce qui est à leurs yeux une barrière de protection va irrémédiablement défigurer le paysage de la place et ses environs, et que son impact sur la vie quotidienne des citoyens sera désastreux? Ont-ils pris en considération les risques que les habitants, tous sans exception, encourent sur leur santé? Y-a-t il un capital plus précieux que celui-ci pour l’Etre? Quand on sait que les urgences, les médecins, centres de radio, les laboratoires d’analyses se trouvent tous concentrés dans la rive nord, et qu’en cas d’urgence l’accessibilité à ces structures, sera des plus compliquée, n’y a-t-il pas péril sur la vie des gens. L’ignorer messieurs les concepteurs c’est se moquer de la rectitude des gens. Ne pas le prendre en considération prouve qu’on est frappé d’inaptocratie. Toujours à propos de santé, volet qui nous importe le plus dans ce dossier et sur lequel planent bien des zones d’ombre, ne sait-on pas que les champs magnétiques, aussi basse que leur fréquence soit, seraient cancérigènes (OMS)? Le passage d’une troisième voie ferrée électrique, ne fait qu’aggraver l’état des choses. Ces dits champs sont par ailleurs soupçonnés depuis trente ans d’augmenter le risque de leucémie chez l’enfant. N’est-ce pas là une raison suffisante pour réduire au minimum l’exposition durable aux champs magnétiques de basse fréquence dans un souci de précaution? Dans le même registre, n’oublions pas que le bruit, outre ses effets sur l’audition peut aussi porter atteinte à la qualité du sommeil, avoir un impact négatif sur la santé des personnes sensibles et provoquer des problèmes cardio-vasculaires. Quant aux vibrations occasionnées par les passages des trains et métros et leurs conséquences cataclysmiques sur les habitations riveraines en particulier celles dont les fondations ne sont pas solides, ou celles anciennes donc fragiles, nous laissons le soin aux spécialistes de se pencher dessus.
Arrêtons-nous à cette liste d’observations, car les lister serait très long et il nous faudrait plus d’espace. Versons un tantinet dans le social, puis dans la vie terre à terre. Pourquoi tient-on à cette ségrégation urbaine? Ne trouvez vous pas qu’à la longue elle générera une inégalité et une distance entre les citoyens? A-t-on songé à la cohésion sociale, qui au fil des années, peut s’éclater du fait de l’exclusion?... Bien des sociologues soutiennent que la distance qui va se produire consiste en l’absence systématique de contact ordinaire, et d’échange entre les deux habitants des futures deux rives... Avez-vous vu le mur de la ligne de la banlieue sud et comment au niveau de la belle localité de Hammam- Lif, il est vite devenu poreux. Franchement cette agglomération était plus belle avant. Quand on emprunte un de ces ponts pour passer d’un côté à l’autre on est frappé au premier examen visuel par quelque chose d’archaïque dans la matérialité lourde des installations. Les pylônes, les fils électriques, les voies ferrées, l’insalubrité, on se prendrait à Calcutta, du siècle passé.
Pourquoi faire pareil de la belle place du Bardo, place historique, laquelle pourrait devenir une attraction mondiale, comme le musée qui est à quelques mètres? Une place témoin d’évènements tragiques, ou heureux, bouleversements politiques sans précédent, manifestations sportives, festivités… une place considérée comme un lieu de rencontres, de balades…   A-t-on idée de ce que sera la circulation à l’entrée ou à la sortie des deux rives? Sommes-nous à ce point  incompétents pour réaliser une ligne partiellement en sous terrain? Que nous sachions, les tunnels peu profonds sont souvent des tranchées couvertes, constructions assez simples : un grand fossé est excavé puis recouvert. Les murs de soutènement doivent être mis en place pour éviter que le dit tunnel ne s’effondre.
Ceci dit, ce que les concepteurs font semblant d’ignorer, c’est que partout dans le monde, il y a un principe à valeur constitutionnelle qui est appliqué dans tous les pays qui se respectent. Les particuliers ont le droit, selon les traités et les conventions internationaux, de participer, d’être associés aux décisions adoptées par l’Etat dans le domaine de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’environnement, ainsi qu’à l’évaluation des incidences de tous les grands projets.  Chez nous rien n’a changé, et il est inacceptable au jour d’aujourd’hui qu’on n’écoute pas les représentants du tissu associatif du Bardo,  lesquels ont bien des issues qui satisfassent toutes les parties concernées pour le dit projet. Les décisions, nous avons l’impression, se font encore en secret, et les relations ‘décideurs citoyens’ n’ont subi aucun changement, elles sont toujours verticales, comme toujours aux fins de ne pas laisser le temps au public de réagir ou de se prévaloir en justice.
 

MAE

Mots-clés: