Qalb Tounes écarté, Al Karama n’est plus sollicitée - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 4 Décembre 2020

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2020

Les initiatives se succèdent et ne se ressemblent pas :

Qalb Tounes écarté, Al Karama n’est plus sollicitée

Samedi 21 Novembre 2020
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Le Temps – Zied DABBAR 

Rached Ghannouchi, ne serait pas candidat du nouveau pour la présidence de son parti. Il demeure par contre président d’Ennahdha, jusqu’à nouvel ordre puisque le congrès du parti est reporté, sans même fixer un délai. Conjoncture oblige, disait Abdelkrim Harouni. Maintenu toujours président de Choura d’Ennahdha, il disait que la crise sanitaire due au virus Covid-19 a dicté le report du congrès.

Les tractations au sein du premier parti islamiste en Tunisie continuent. Rached Ghannouchi, se trouve contesté au sein du mouvement qu’il a fondé, surtout après son rapprochement avec Nabil Karoui. Ce dernier, soupçonné au moins de fraudes électorales, se trouve également contesté. Son parti, Qalb Tounes en l’occurrence, se trouve actuellement écarté de toutes nouvelles initiatives politiques ou socio-économique soient-elles.

 

Non aux fraudeurs ! 

Qalb Tounes se trouve, d’ailleurs, écarté de deux initiatives présentées au Président de la République. Il s’agit de l’initiative politique de la première centrale syndicale, l’UGTT en l’occurrence. Mais, avant, c’était le Courant démocratique (Attayar) qui présentait une initiative d’ordre économique et sociale. Les deux initiatives s’accordent à exclure implicitement Qalb Tounes et la Coalition Al Karama. 

Hichem Ajbouni, ex-président du bloc parlementaire démocratique, précise que l’initiative présentée par le Courant Démocratique est d’ordre économique et social. «Elle consiste en un dialogue national autour des réformes économiques et sociales à mettre en Tunisie. Cette initiative écarte Qalb Tounes et la coalition Al Karama», explique-t-il. 

Pour Sami Tahri, Secrétaire Général-adjoint à l’UGTT, la crise héritée depuis 2011, est une crise politique. La solution devrait être d’ordre politique. «Pour l’UGTT, l’initiative consiste en un dialogue national. Un dialogue basé sur des principes. Il n’y aura pas ainsi, une place aux partis connus pour leurs discours de haine», disait-t-il. À la base, la Coalition Al Karama, est exclue de cette initiative. Connue souvent par l’hostilité de ses dirigeants envers l’UGTT et tout mouvement syndical en général, cette coalition n’est pas sollicitée. La première centrale syndicale exclut encore tout autre parti politique soupçonné pour fraudes ou encore de corruption. Par défaut, Qalb Tounes qui se trouve soupçonné de fraudes électorales se trouve également exclu pour la deuxième fois consécutive. Nabil Karoui se trouve de plus en plus isolé. 

 

Et Kaïs Saïed 

dans tout cela ? 

Le Président de la République, a reçu deux appels successifs pour initier un dialogue national. Au départ, il refusait l’idée. Après des discussions, il semble accepter l’offre. Il est à priori convaincu de prendre l’initiative pour mener un dialogue national autour de la crise actuelle. Une crise socio-économique d’origine politique. Quelle initiative va-t-il adopter ? Aucune réponse n’est avancée. Mais, quoi qu’il en soit, Kaïs Saïed exige l’exclusion de toute parties soupçonnées de fraudes et de violence politique. Aucun nom n’est, également, avancé. À Carthage, on refuse Qalb Tounes et on émet un veto contre la Coalition Al Karama.  Le Président appelle ainsi, lors de son entretien avec Noureddine Taboubi, à renforcer la coopération entre toutes les parties pour faire sortir le pays de la situation actuelle. Saïed devrait de nouveau recevoir Taboubi qui présentera l’initiative de l’UGTT.

 

Z.D.