Le vote à distance mis en cause - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 28 Octobre 2020

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Oct.
28
2020

Magouilles et subterfuges à l’ARP :

Le vote à distance mis en cause

Samedi 17 Octobre 2020
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LE TEMPS – Faouzi SNOUSSI

C’est une véritable magouille qui est en train d’être manigancée par la coalition Ennahdha/Al Karama/Qalb Tounès, pour faire passer les amendements au décret-loi 116, juste pour arrêter les poursuites contre les radios et les TV privées, notamment Nessma TV, Zitouna, Al Insan, Hannibal TV, ainsi que des radios privées qui sont proches de ces trois partenaires et qui sont considérés, actuellement, comme hors-la-loi, surtout qu’ils ne veulent pas se plier à la législation existante.

Ce projet de loi sur le secteur audiovisuel est l’œuvre de la coalition Al Karama, afin de semer la zizanie et la pagaille dans le secteur, et bien sûr, le premier instigateur est le mouvement islamiste Ennahdha qui utilise Al Karama en tant qu’instrument pour les basses œuvres. Maintenant, ces parties veulent faire usage du vote à distance, pour assurer le passage de ce projet de loi, coûte que coûte, grâce à certains subterfuges qu’ils maitrisent bien.

Ghannouchi, président de l’Assemblée des représentants du peuple fait, bien sûr, la sourde oreille à tous les appels lancés par les autres partis politiques qui n’ont pas cessé de dénoncer les agissements du cheikh d’Ennahdha que rien n’arrête pour accomplir ses sombres desseins.

La présidente du groupe du Parti Destourien Libre (PDL) Abir Moussi a appelé le président du parlement Rached Ghannouchi à revenir sur la programmation de l'examen du projet d'amendement du décret-loi 116 à l'ordre du jour de la plénière du 20 octobre courant.

Le projet a été proposé par la coalition Al Karama (18 députés) qui avait appelé à son examen en priorité.

Moussi estime que l'application qui sera utilisée lors du vote a déjà prouvé son inefficacité dans la mesure où elle ne garantit ni la transparence requise ni le vote individuel et ouvre la voie à un véritable "mercato électoral".

Selon Moussi, le choix de cette application a pour but de faire passer le projet de loi, initiative de la coalition Al Karama et que rejettent plusieurs groupes parlementaires.

La président du groupe PDL a menacé de saisir la justice si le parlement campe sur sa décision concernant le projet de loi en question et utilise la même application de vote à distance.

Abir Moussi a rappelé que les mesures exceptionnelles de l'action parlementaire prise pour limiter la propagation du coronavirus stipulent que le vote doit impérativement être individuel et nul le peut remplacer le votant même s'il connait son code confidentiel.

Elle a ajouté que les décisions exceptionnelles ont été prises pour, notamment, assurer la continuité de l'action parlementaire, plutôt que d'adoption des projets de loi majeurs touchant étroitement aux droits et libertés.

La position du PDL contre l'adoption des amendements du décret-loi 116 est partagée par la majorité des organisations et associations tunisiennes qui mettent en garde contre les menaces qui pèsent sur la liberté de l'information.

Le pays aurait-il, un jour, une ARP honnête et crédible, au service des intérêts du citoyen et des électeurs ? On en doute fort, tant que des gens qui ne croient pas à la démocratie et au pouvoir du peuple trainent dans l’Hémicycle. D’ailleurs, les citoyens commencent à en avoir ras-le-bol. D’ailleurs, le dernier sondage Emrhod en donne un aperçu, avec la disparition de Rached Ghannouchi de la liste des « présidentiables », pour les élections de 2024, alors que les ambitions de ce dernier est d’atteindre la direction de l’Etat.

 

F.S.