A la recherche du temps perdu… - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 30 Octobre 2020

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Oct.
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2020

Edition 2020 des Journées cinématographiques de Carthage

A la recherche du temps perdu…

Jeudi 17 Septembre 2020
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Le festival de cinéma essentiellement militant retrouvera-t-il ses lettres de noblesse pour redevenir ce qu’il était  auparavant, libre et fécond ? Se séparera-t-il de cette étrange habitude du tapis rouge qui jusque-là a été foulé par,  entre autres, des  artistes  de chiffons et actrices siliconées  … au grand dam des cinéphiles ? Allons-nous continuer  d’insulter notre petite histoire du cinéma en faisant d’un festival engagé ce qui ne l’est pas ?

Elles sont à ‘’ la recherche du temps perdu, du côté de chez’’…  les connaisseurs en matière de cinéma.  Les Journées cinématographiques de Carthage se voient enrichies, cette année,   de cinéphiles   vrais connaisseurs du cinéma. On citera bien entendu Kamel Ben Wanès, francophone francophile et cinéphile de la première heure qui fait partie du comité directeur de ladite manifestation. De son côté  Sayda Bourguiba son doctorat en cinéma en poche et  aidée de son expérience au sein de l’agence tunisienne de presse TAP,  s’est vu  confier la tâche de collecter les archives et toute la documentation concernant les JTC depuis leur création en 1966. Et c’est tant mieux !

Le festival créé par Tahar Chriaa il y a 50 ans s’est voulu un rendez-vous incontournable entre spécialistes du cinéma africains et arabes. Sauf que le festival engagé et militant s’est vu au fil des années s’octroyer un autre qualificatif bien surprenant celui de festival ‘’grand public’’ puisqu’il est investi par  des personnes toutes catégories d’âge et sociales confondues. Et c’est tant mieux ! Et tant pis si un public non cinéphile s’est vu courir dans les quatre coins de la capitale pour voir des films qui n’ont rien de commercial ou de purement mercantile … ce faisant bien entendu à la formule  du m’as-tu vu ?  Quoi qu’il en soit on ne peut que saluer cette résolution de prendre du temps de répit pour réfléchir « au passé, présent et avenir » d’une manifestation qui n’en finira pas de nous surprendre. Cette année aucun cinéma ne raflera des prix mais des films seront consacrés et un hommage vibrant sera donné, on l’espère bien, à celles et à ceux qui le méritent. Et l’on prendra certainement du plaisir pour voir ou revoir des chefs d’œuvre qui ont fait auparavant la réputation des JCC. On prendra certainement le temps de se laisser émerveiller, de regarder défiler devant soi des années d’histoire du cinéma engagé et militant  qu’on  ne devrait  point insulter.

 

M.B.G.