Méchichi ramène sa boite à outils : «Jouons aux bricoleurs du dimanche !» - Le Temps Tunisie
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2020

Infrastructure scolaire désastreuse :

Méchichi ramène sa boite à outils : «Jouons aux bricoleurs du dimanche !»

Jeudi 17 Septembre 2020
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Effectuant une série de visites d’inspection, « inopinées », dans divers établissements écoliers à la veille de la rentrée scolaire, Méchichi « découvre », à sa plus grande surprise –et à la nôtre par la sienne !-, l’état des lieux catastrophique de l’infrastructure scolaire et sanitaire de l’école publique à travers le pays. Résultat inéluctable de plusieurs décennies de négligence étatique, chronique et flagrante, le délabrement scandaleux de l’infrastructure scolaire semble, pourtant, bien trop éclatant pour être, aujourd’hui, « officiellement » montré. Opération de com’ forcément ratée, Méchichi aura eu au moins le mérite de jouer aux pompiers de service. Faute de mieux ?

Se confiant au micro de la TV nationale, le chef du gouvernement fraichement intronisé, Hichem Méchichi, se présente comme un véritable « homme de terrain ». Dimanche dernier, il achève une série de visites d’inspection dans divers établissements éducatifs du pays, qui lui ont permis, selon ses dires, d’évaluer à l’œil nu le niveau de préparation des administrations publiques en général et des institutions éducatives en particulier, à la veille de cette rentrée scolaire qui survient dans un contexte sanitaire exceptionnel. 

L’école requiert une maintenance 

Première escale dans une école primaire à El Fahs, dans le gouvernorat de Zaghouan, où il a pu «examiner de plus près» les préparatifs de l’établissement pour la rentrée, avant d’«inspecter» l’état des lieux de l’infrastructure de cette école. Devant la caméra de la Télévision nationale, le président du gouvernement s’étonne de constater que le bâtiment, achevé en 1986, n’a toujours pas été clôturé. Deuxième étape à Ben Arous, où il a visité une école primaire à El Mohammedia. Toujours face caméra, le Méchichi déplore l’impréparation totale de l’établissement, où des travaux doivent encore être menés, avant de «s’apercevoir» de l’état catastrophique des toilettes et des installations sanitaires. 

Au bout du compte, le président du gouvernement avoue que ces visites lui ont permis, en réalité, de «constater de nombreuses carences qui ne sont pas à la hauteur de la Tunisie de 2020». Et de s’indigner : «Il est inacceptable qu'un élève ne puisse pas trouver, aujourd’hui, les nécessités les plus élémentaires dans son école !». Entendez des toilettes salubres et de l’eau courante. Puis d’analyser : «L’état lamentable de ces écoles reflète les nombreuses difficultés que le pays a connues en matière d'éducation». Avant de conclure, en s’inspirant d’un discours de Fakhfakh, lâché en mars dernier : «L'école publique doit retrouver impérativement son rôle… d’ascenseur social». Méchichi promet enfin que son gouvernement s’engage à redonner à l’institution publique tous ses titres de noblesse, en redoublant d’efforts pour remédier aux défaillances.

Bricoler, c’est mieux que rien !

Pas plus tard que le lendemain, le nouveau chef du gouvernement annonce avoir débloqué la somme de 32 millions de dinars pour réhabiliter 400 établissements éducatifs aux infrastructures défaillantes à travers tout le pays. Dans un communiqué publié lundi, la présidence du gouvernement révèle que lesdits travaux de réhabilitation devraient débuter le plus tôt possible, pour prendre fin dès la première quinzaine du mois d’octobre. Le communiqué précise que le chef du gouvernement a ordonné la reprise de tous les travaux de réhabilitation des établissements éducatifs déjà entamés antérieurement et d’accélérer leur rythme.

Face à l’immobilisme scandaleux du gouvernement Fakhfakh, qui a complètement raté le coche et qui n’a pas su, ni même voulu, profiter de pratiquement six longs mois d’arrêt scolaire, imposés par la corona-crise, en vue d’améliorer l’infrastructure défaillante des établissements éducatifs, force est de louer aujourd’hui, bien sûr faute de mieux pour le moment, ces quelques 32 millions (certainement insuffisantes) alloués par le gouvernement Mechichi, pour limiter tant soit peu les dégâts, en ce début d’année scolaire.

Malgré une com’ un peu trop téléphonée et manifestement maladroite, et en dépit des travaux d’aménagement qui auront lieu, s’il en est, en pleine reprise des cours, le Méchichi aura eu au moins le mérite de montrer publiquement son intérêt, à peine intronisé, à une question qui touche directement le quotidien des Tunisiennes et des Tunisiens, et de vouloir améliorer, autant que faire se peut, et même au débotté, une infrastructure scolaire devenue scandaleusement désuète, là où son prédécesseur direct n’a quand même pas bougé le petit doigt alors qu’il avait amplement le temps de le faire. 

C’est du bricolage certes, mais c’est toujours mieux que rien… 

 

S.B.Y.