Naissance aux forceps d’un Conseil de déontologie - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 30 Octobre 2020

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2020

Les médias se dotent d’une structure de gouvernance :

Naissance aux forceps d’un Conseil de déontologie

Jeudi 17 Septembre 2020
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C’est le premier Conseil de presse indépendant dans la région du Moyen Orient et de l’Afrique du nord. Le lancement officiel a eu lieu hier, mercredi 16 septembre 2020. Un lancement qui vient après des années de tractations et des négociations au sein de la profession. Des négociations qui ont d’ailleurs commencé en 2013. La reprise des négociations est observée en 2014, après une période de rupture due à la résistance des patrons des médias. Ces réunions ont abouti en premier lieu à la création d’un comité de réflexion autour de la forme juridique du conseil. 

Quelques mois après, en décembre 2015, les organisations professionnelles du secteur se sont mises d’accord sur la forme juridique du Conseil. Il s’agit bien d’une association. La démarche adoptée consiste en la création d’une Association de soutien du Conseil de Presse. Une association qui prendra en charge toute la logistique dont le Conseil aura besoin, les financements en l’occurrence. 

L’association est légalement instaurée. Elle comprend le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), représentant les journalistes, la Fédération Tunisienne des directeurs des journaux et le Syndicat des chaines de télévisions privées, représentant le patronat. La Ligue Tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) représente le public et la Fédération Générale des médias représente les autres corps du métier intervenants dans le secteur. Ces organisations professionnelles ont proposé par unanimité les 9 membres du Conseil (voir encadré).

Un tribunal d’honneur ?

C’est un conseil de déontologie répondait, l’ensemble des membres du Conseil de presse. Un conseil qui veillera sur le respect des chartes déontologiques du métier. Entre autres, c’est le principe de l’autorégulation vis-à-vis des dépassements déontologiques. Concrètement, le Conseil sera adossé à trois commissions. Une commission de déontologie du métier, une autre pour la formation et les partenariats et la troisième pour les requêtes et plaintes. 

Ce conseil d’autorégulation veillerait sur tous les médias opérant en Tunisie. C’est une instance d’autorégulation. C’est ce qui est stipulé dans sa loi organique. Les neufs membres et ses trois commissions (qui seront ouvertes aux candidatures des journalistes), ne seront pas en conflit avec l’instance de régulation, la Haute Autorité Indépendante de communication audiovisuelle (HAICA). Pour la simple raison que la régulation se base souvent sur les dépassements par rapport à la loi alors que l’autorégulation touche principalement la déontologie de la profession. La coopération entre les deux instances est primordiale. Le Conseil de la HAICA n’émet aucune réserve. Toute affaire concernant la déontologie dans le journalisme sera transférée au Conseil de presse. 

Z.D.