Des pourparlers inter-afghans aux objectifs incompatibles - Le Temps Tunisie
Tunis Lundi 28 Septembre 2020

Suivez-nous

Sep.
29
2020

Difficile de passer outre le gouffre idéologique

Des pourparlers inter-afghans aux objectifs incompatibles

Samedi 12 Septembre 2020
نسخة للطباعة

Les autorités afghanes et les talibans doivent entamer aujourd’hui des négociations de paix inédites, mais il leur sera difficile de passer outre leurs rancunes et le gouffre idéologique qui les sépare après deux décennies de conflit.

Le conflit afghan a tué des dizaines de milliers de personnes, dont 2.400 soldats américains, poussé des millions d'autres à fuir, et coûté plus de mille milliards de dollars à Washington. 

Frustré par ce qu'il décrit comme les guerres "folles et sans fin" des Etats-Unis, le président américain Donald Trump n'a cessé de répéter qu'il souhaite un retrait total de ses troupes d'Afghanistan.

Les pourparlers de paix "sont clairement motivés par le désir américain de se désengager d'Afghanistan", a expliqué Kate Clark, co-directrice de l'Afghanistan Analysts Network.

Washington a signé un accord avec les talibans en février qui entérine le départ des forces étrangères d'Afghanistan d'ici mai 2021, en échange de garanties sécuritaires de la part des insurgés.

Ces derniers, qui contrôlent une grande partie des campagnes afghanes, se sont aussi engagés à débuter des pourparlers de paix avec Kaboul une fois achevé un échange de prisonniers.

Les visions des deux camps pour le futur du pays sont aux antipodes, et aucun agenda n'a pour l'instant été fixé.

Les talibans ont crié victoire après la signature de leur accord avec Washington, et souvent eu un discours maximaliste : ils se considèrent les dirigeants légitimes du pays, et veulent reprendre le pouvoir. 

Les talibans de tout rang "croient fondamentalement que la victoire est à portée de main, et en tant que vainqueurs, ils ne demanderont rien de moins que le pouvoir", poursuit M. Motwani.

Pourtant, dans un éditorial publié en février, le numéro 2 des talibans, Sirajuddin Haqqani, s'était montré optimiste au sujet des "négociations interafghanes". Certains observateurs ont même suggéré que les rebelles proposeraient de négocier un accord de partage du pouvoir.

Mais peu sont ceux qui font confiance aux talibans, dont le gouvernement radical des années 90 a traumatisé nombre d'Afghans. Les insurgés avaient imposé des châtiments cruels tels que la lapidation des femmes, alors que les filles étaient bannies des écoles.