Une petite fille en pluie… - Le Temps Tunisie
Tunis Lundi 26 Octobre 2020

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2020

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Une petite fille en pluie…

Samedi 12 Septembre 2020
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Il faudra tenir certaines promesses. Il est plus que temps d’y pourvoir. Certaines? Mais pourquoi pas toutes ? Parce qu’on en revient toujours ; et qu’il faut, non pas renoncer à y croire, mais fractionner l’espoir. En tous petits bouts, en infimes parcelles s’il le faut, afin de se constituer un « stock », peut-être solvable, pour une autre saison, une autre année, une autre investiture, et, obligatoirement, parce qu’il le faut, parce que c’est nécessaire, parce que c’est vital, une autre forme d’espoir, pour pouvoir tout recommencer. 

Recommencer ?

Nous ne voulons plus de ces images de désolation, de désastre qui ne dit plus son nom, à force, qui ne peuvent pas ne pas nous hanter, lorsqu’une petite fille est emportée par les eaux, à cause d’un « oued » en crue, ou par la violence des intempéries qui vous creuse une route comme une large « plaie » ouverte, pour attraper la première voiture qui passe, et l’avaler sans autre forme de procès. Où est passé l’argent du « contribuable » ? A part que cela soit dans d’autres poches que les siennes, que faut-il en penser ? Que la corruption a tout gangrené sous nos latitudes qui n’en mènent pas large. Et qui joignent leur chagrin en grosses gouttes qui distillent de l’amertume et une immense colère, lorsqu’une enfant de quatre ans, un chauffeur de taxi, un citoyen-lambda, sont victimes de la toute première pluie qui tombe sur la ville.

Le désespoir ne dit pas son nom : il est devenu sourd à tant de prières lorsque le silence, assourdissant, ne fait qu’accumuler, année après année, toutes les raisons du monde, pour imploser. La première pluie qui passe, et les villes, les régions, tout le pays en somme, en portent aussitôt les stigmates, comme la marque indélébile d’une honte, dont il est peut-être écrit, à ce rythme, que le pays justement, ne puisse pas s’en relever. Ne puisse plus s’en relever.

 Il est temps que les choses changent. Parce que, il va y avoir, bientôt, la grande saison des pluies, et les chemins de traverse des écoliers dans l’arrière-pays, qui n’ont rien de bucolique, rien d’enchanteur, rien de cette insouciance, qui devrait caractériser l’âge d’enfance, mais tout d’un enfer, tout juste pavé de bonnes intentions. Est-ce que cela suffira ? Rien n’est moins sûr…