Déraciner le mal - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 30 Octobre 2020

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Déraciner le mal

Mercredi 9 Septembre 2020
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Chaque fois que la pieuvre malsaine frappe, on se rappelle qu’on n’est pas venu à bout du fléau du terrorisme qui essaime dans nos contrées, par les soins de certains esprits malfaisants constituant la soupape de sécurité des extrémistes religieux, des corrompus, des contrebandiers et des pourris, dans tous les domaines.

Le terrorisme est pire qu’un fléau. Il constitue l’arme de secours de certains pêcheurs en eau trouble qui y trouve le moyen de détourner l’attention de l’opinion publique, lorsqu’ils sont dans le pétrin.

C’est une hydre à plusieurs têtes qui s’alimente et s’abreuve dans l’argent sale, les magouilles et les desseins obscurs. Elle trouve sa pépinière dans les classes défavorisées, dans les écoles coraniques, comme celle de Régueb, dans le lavage des cerveaux de ces jeunes envoyés en pâture dans les zones de conflits, pour quelques dollars, faisant de la Tunisie le pays le plus exportateur de jihadistes.

Le ver a été mis dans le fruit, depuis les premières années post-révolution, avec l’arrivée des prédicateurs wahhabites, accueillis comme les messies des temps modernes, les déclarations tonitruantes concernant la prochaine proclamation d’un Califat, et ces personnes « qui font du sport », sur les monts Chambi.

Malheureusement, tout cela a été « escamoté », sans que personne ne paie pour ces méfaits, mais le dernier attentat vient nous rappeler qu’il est impossible pour les Tunisiens de dormir tranquilles, si on ne dévoile pas les instigateurs et les commanditaires qui sont, il faut le préciser, parmi nous.

Parler de démocratie et faire profiter les ennemis de la démocratie de cette manne, est une aberration, parce qu’ils utilisent les droits qui leur sont accordés, afin de semer les troubles, la discorde et, surtout, la mort.

Les forces sécuritaires ont payé un lourd tribut, jusqu’à maintenant, mais ils ne cessent pas de présenter leur poitrine, pour subir les coups, chaque fois que la sécurité et la souveraineté du pays est dans la balance.

Editer des lois qui resteraient, peut-être, lettre morte, dans les tiroirs de l’Assemblée des représentants du peuple, en l’absence de décrets d’exécution qui tarderont à pointer du nez, serait, certes, le début d’une solution. Mais, sanctionner radicalement les auteurs, les instigateurs et les commanditaires des attentats aura un meilleur effet, pour dissuader, d’abord, et, ensuite, pour rétablir la confiance des citoyens en leurs gouvernants, surtout, et c’est ce qui est plus important. Il ne s’agit, certes, pas de devenir extrémiste, comme ces malfrats, mais, il faut mener la bataille à armes égales, avec tous les moyens disponibles.

 

Faouzi SNOUSSI