Augmenter les prélèvements afin d’avoir une véritable cartographie de la contamination - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 29 Mars 2020

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Mar.
30
2020

ENTRETIEN : Dr Sophia Bousnina Fékih (pneumologue) :

Augmenter les prélèvements afin d’avoir une véritable cartographie de la contamination

Vendredi 27 Mars 2020
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• Les fumeurs sont plus à risque de développer des formes sévères d'infection au Covid-19

Comme tous les virus qu’on qualifie d’émergents, il a réussi à passer la barrière des espèces et se propage en ce moment dans la population. Ce virus appartient à la grande famille des coronavirus.  Son incidence qui était très faible jusqu’ici a brusquement augmenté causant plusieurs cas en Tunisie comme nous l'explique le pneumologue Sophia Bousnina Fékih.

 

  • LE TEMPS : Chez un patient sur six, le virus s'attaque particulièrement aux poumons et laisse de profondes lésions. Quels sont les patients qui risquent d'être contaminés par ce virus?

Les patients les plus fragiles qui risquent de développer des formes sévères lors d’une infection par le Covid 19 sont les personnes âgées, diabétiques, présentant des pathologies cardiaques et respiratoires chroniques ou sous traitement immunosuppresseur.

 

  • Les asthmatiques ont-ils plus de risques d'être contaminés par le Covid-19 que le reste de la population?

Les asthmatiques doivent impérativement garder leur traitement de fond (sprays bronchiques, anti histaminiques…) et appeler leur médecin traitant en cas de gêne. Surtout ne pas aller aux urgences car les risques de contamination sont actuellement importants. La majorité des médecins ont mis leurs numéros personnels à la disposition des patients pour éviter de surcharger les urgences…alors n’hésitez pas à les appeler !!!

 

  • Les fumeurs sont-ils plus facilement atteints par le coronavirus ?

Les patients fumeurs sont les personnes plus à risque pouvant développer des formes sévères d'infection au Covid-19 du fait d'une inflammation chronique des bronches qui faciliterait le passage du virus. Par ailleurs il s'agit souvent de patients insuffisants respiratoires chroniques qui risquent donc de décompenser leur pathologie nécessitant une prise en charge en milieu hospitalier

 

  • Le confinement est-il essentiel pour limiter cette épidémie?

En l’absence de traitement ayant prouvé son efficacité réelle, le seul moyen d’éviter une flambée des contaminations est la prévention basée sur le confinement qui pourrait être prolongé au-delà de 15 jours, si la population ne s’y plie pas de façon rigoureuse. Ces 15 jours de confinement représentent la période d’incubation du virus pendant laquelle le patient peut développer les symptômes de la maladie (toux, fièvre, gêne respiratoire) et les transmettre s’il est porteur du virus. La moindre sortie peut être source de nouvelle contamination et le confinement doit donc être repris au début dans ce cas.

Nous connaissons encore mal les caractéristiques de ce virus, résiste-t-il au froid ? Au chaud ? A quelle température est-il détruit ? Quelle est sa survie sur les substances inertes ? Autant de questions dont les réponses restent floues…

 

  • La chloroquine est-ce un médicament miracle?

Concernant la Chloroquine et l’Azithromycine, leur validation en Tunisie est en cours pour l’utilisation dans la lutte contre le coronavirus.

Il est essentiel d’augmenter les prélèvements, afin d’avoir une véritable cartographie de la contamination en Tunisie et de pouvoir ainsi mieux cibler la prise en charge.

 

  • Le corps soignant peut-il être touché par ce virus ?

Les médecins et le personnel soignant sont en première ligne et ne disposent malheureusement pas de tous les équipements nécessaires pour pouvoir exercer leur métier dans les meilleures conditions. Plusieurs d’entre eux ont déjà été contaminés en Tunisie et ce n’est malheureusement que le début, si le processus de prise en charge ne s’améliore pas rapidement.

 

  • La pollution aux particules fines accélérerait-elle la propagation de l’épidémie ?

C’est l’hypothèse émise par des chercheurs italiens qui ont évoqué la possibilité d’un transport du virus par les particules fines donnant ainsi un coup de « booster » à l’épidémie. Le confinement entraînant une baisse de la pollution contribuerait ainsi également à une baisse de la propagation de cette pandémie.

 

  • Un homme de nationalité chinoise est mort, lundi 23 mars, des suites de l'hantavirus. Mais qu'est-ce que ce virus qui affole les réseaux sociaux?

Concernant l’hantavirus, il infecte essentiellement les rongeurs ; dans certaines conditions l’homme peut être contaminé par l’inhalation de poussière souillée par l’urine d’un animal porteur du virus. Cette maladie ne se transmet quasiment pas d’homme à homme ce qui rend le risque d’épidémie pratiquement nul

Kamel BOUAOUINA