Edition... Edition... - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

Suivez-nous

Oct.
21
2019

Edition... Edition...

Edition... Edition...

Vendredi 8 Février 2019
نسخة للطباعة

Les moissons romanesques de Déméter

 

Animées par Moncef Guellaty, les éditions Déméter viennent de publier deux nouveaux ouvrages de Béchir Garbouj et Sonia Braham. Avec des saveurs de confirmation et de découverte.

Les éditions Déméter poursuivent avec efficacité leur chemin et viennent de publier deux nouveaux ouvrages qui s'inscrivent en droite ligne dans la tradition établie par Moncef Guellaty. En effet, outre les Beaux-livres, cet éditeur a ouvert plusieurs pistes dans le champ romanesque et permis à plusieurs auteurs d'inscrire leur présence dans la durée. Avec ces deux nouveaux ouvrages, Déméter maintient donc une tradition et la consolide.
Les deux livres qui viennent de paraître signent d'abord une évolution dans la charte graphique de l'éditeur qui nous propose des ouvrages plus aérés et dont les couvertures sont enrichies de reproductions d'œuvres artistiques. Ainsi, pour le roman "Toutes les ombres" de Béchir Garbouj, c'est un tableau de Gustav Klimt qui est en couverture alors que pour le récit de Sonia Braham, c'est une œuvre de Charles Atamian. Notons que les deux livres parus il y a quelques jours ont bénéficié de l'appui de l'Institut français de Tunisie. En attendant de revenir sur ces deux ouvrages, nous vous proposons de les découvrir brièvement.
Deux auteurs, un récit
et un roman
Dans son second roman, intitulé "Toutes les ombres", Béchir Garbouj poursuit dans le sillage de son œuvre précédente "Passe l'Intrus", parue en 2017. L'auteur s'affirme en narrateur accompli et installe un univers des plus singulier tout en réfléchissant sur les notions d'histoire et de fiction. L'action se passe en 1992, au nord de la Tunisie, entre la mer, la montagne et la forêt. Quatre personnages se rencontrent dans le réel et le virtuel. Heinrich, Magda, Amsar et Elyas se croisent dans une œuvre en reflets, sur fond de chute du mur de Berlin.
Dans "Mer Méditerranée", Sonia Braham raconte la trajectoire d'une vie entre la Tunisie et la France. Arrivée dans l'Hexagone à l'âge de 22 ans, l'auteure est spécialiste en écologie urbaine et rejoindra la mairie de Paris où elle est impliquée dans les questions relatives au développement durable et la participation citoyenne. Son récit intitulé "Mère Méditerranée" revient sur ses racines, entre une mère française et un père tunisien puis propose de suivre les pas d'une adolescente entre "une France fantasmée et une Tunisie décalée" jusqu'au départ vers la "patrie maternelle" et les interrogations sur son identité de binationale". Entre souvenirs et chemin de vie, "Mère Méditerranée" raconte un parcours entre paradoxes et enthousiasmes.
Nous reviendrons prochainement sur ces deux livres qui viennent de paraître aux éditions Déméter.

Hatem BOURIAL

«A prendre par cœur» de Bedreddine Ben Henda
 

 

Vient de paraitre aux Editions Latrach, le quatrième recueil de poésie intitulé. «A prendre par cœur» de l’écrivain-poète Bedreddine Ben Henda. De format livre de poche, le recueil a 82 pages et comprend 62 poèmes.

 De nos jours, à l’heure où le lecteur semble avoir une certaine aversion pour la poésie, ce n’est pas si simple de composer des poèmes, car à côté de l’inspiration et du savoir-faire poétique, le poète doit de plus en plus se tourner vers la simplicité, la concision et la clarté, pour retenir l’attention des lecteurs, toujours pressés et peu disposés à consacrer des heures pour la lecture d’un long texte poétique qui regorge d’écarts linguistiques et d’images évocatrices. Aussi faut-il que les poètes d’aujourd’hui pensent à réconcilier le lecteur avec ce genre littéraire très noble en optant vers une poésie simple et surtout attachante pour mieux attirer et accrocher les éventuels lecteurs vers leurs productions poétiques allégées et faciles à assimiler.
C’est le cas de notre poète Bedreddine dont la poésie tient compte de toutes ces considérations et qui nous fournit chaque fois des textes poétiques souvent courts, mais toujours profonds, dont chacun fait rarement une page où l’inspiration et la veine poétique sont toujours de rigueur, que ce soit dans le dernier recueil ou tous ceux qui l’ont précédé. Il s’agit toujours d’une poésie lyrique, passionnée et imagée. C’est donc l’occasion pour tous les amoureux de cet art de découvrir ou redécouvrir les plus belles créations auxquelles le poète nous a habitués.
  Le poète nous a décrit son dernier recueil en ces termes : « A prendre par cœur » est le 4ème recueil de poésie qui, dans l’ensemble, ne déroge pas aux principes premiers qui ont présidé à l’écriture des trois précédents : écrire simple, bref, et léger tout en conservant une certaine profondeur aux poèmes choisis : en effet, le recueil réunit une sélection de poèmes pour la plupart lyriques déjà publiés sur face book et qui ont recueilli les meilleures impressions de la part de mes « amis ». Le motif sentimental ou/et érotique est prédominant, mais dans plusieurs poèmes je parais plus critique, plus agressif que d’habitude. »
De plus, outre les poèmes qui chantent l’amour et la passion, nous découvrons une nouveauté dans ce dernier recueil, c’est que le poète s’attaque  à l’obscurantisme et au courant islamiste conservateur, ainsi qu’à l’esprit profiteur ambiant. Prenons comme exemple ce court poème intitulé « Quatrième Reïch » où l’on peut lire : « Que de chefs/ En tournée/ Que de joies ajournées/ Tout un peuple/ Est berné/ Car les vents/ Ont tourné/ Les Nazis/ De ce temps/ Ont changé/ De fournées.» ; ou encore les vers de cet autre poème intitulé « Filou » : Halal haram il sème le flou/ selon ses goûts il blâme ou loue/ Messieurs mesdames l’imam vous floue/ Derrière l’agneau se cache un loup/
Vers la fin du recueil, le poète consacre deux pages aux aphorismes qui résument (toujours avec ce penchant pour la brièveté et la concision !) ses opinions sur le monde et sur les hommes, non sans y mettre un jeu de mot très subtil et un soupçon d’humour. En voici quelques-uns  « Avec les islamistes, nous aurons des plages de sabres dorés ! » ou « Entre musulmans, nous avons beaucoup de poings communs ! » ou encore : « Pour le robinet, problème de joint ! Pour le lit, problème de conjoint »

Hechmi KHALLADI