Trois nouveaux pôles émergents et convaincants - Le Temps Tunisie
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2019

Action culturelle

Trois nouveaux pôles émergents et convaincants

Mercredi 6 Février 2019
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Le réseau du ministère des Affaires culturelles s'est au fil des dernières années, enrichi de trois nouveaux fleurons qui contribuent à la vie des arts et des idées. Gros plan sur les stratégies culturelles en cours au Musée du Bardo, à la Bibliothèque nationale et à l'Académie tunisienne.

 

Trois institutions se sont impliqués dans la vie culturelle et, au-delà de leurs missions respectives, ont apporté du grain à moudre au public, avec souvent de belles découvertes à la clé. Si à Ennejma Ezzahra, la dimension spectaculaire et intellectuelle va de soi, avec un calendrier assez riche, il n'était pas évident que d'autres espaces liés au ministère des Affaires culturelles puissent s'inscrire dans le même déploiement.
Une Académie ouverte
pour un pôle universitaire
C'est chose faite et plutôt avec la manière du côté de trois vénérables institutions. Commençons par Beit El Hikma, l'Académie tunisienne dont la politique de publication est des plus remarquables et qui a enrichi ses activités par un ensemble de rencontres quasiment hebdomadaires. Ces rencontres permettent à des chercheurs chevronnés de rendre compte de leurs travaux tout en les vulgarisant auprès d'un public plus large que celui de la communauté scientifique. Ces rencontres sont des plus utiles dans la mesure où elles soulignent l'ouverture sur l'université de l'action culturelle et démontrent le lien avec l'actualité immédiate de plusieurs travaux. Au fil des rencontres et des colloques, Beit El Hikma a gagné en rayonnement et en notoriété. Tout en se consacrant pleinement aux travaux académiques, cette institution parvient ainsi à mettre en valeur bien des gisements de savoir. Ce faisant, Beit El Hikma diversifie l'offre culturelle tout en instituant un pôle universitaire.
Quand le Musée du Bardo investit dans un pôle artistique
C'est plutôt vers les arts que se tourne le Musée du Bardo qui, de plus en plus, accueille en son sein des artistes contemporains et de grandes expositions internationales. Cette tendance a vu le jour depuis quelques années et ouvre de nouvelles perspectives au musée qui désormais s'insère dans le flux des arts et de la photographie. Régulièrement, le Bardo accueille des expositions et des installations et affirme sa présence à ce niveau. Si nous n'attendions pas ce musée à pareille fête, il n'en reste pas moins que tous les événements qu'il a accueilli sont de premier plan et démontrent que cette tendance va se poursuivre et s'amplifier. Ainsi, au-delà de sa mission muséale, le Bardo ouvre un pôle artistique aussi bien tourné vers la coopération internationale que les artistes contemporains tunisiens.
En troisième lieu, la Bibliothèque nationale accomplit pour sa part un véritable travail de fond en accueillant séminaires et colloques émanant généralement de la sphère associative. Disposant d'espaces de qualité, la BN peut en effet offrir des conditions optimales pour ce type de rencontres et donne une impulsion en ce sens. Toutes les problématiques sont discutées dans ces espaces qui abritent des rencontres littéraires, scientifiques ou intellectuelles. De plus, la BN est aujourd'hui au coeur de toutes les grandes commémorations des figures tunisiennes. La vénérable bibliothèque brasse ainsi tous les publics et contribue fortement à la vie culturelle. Ceci n'empêche pas que les missions de conservation et de documentation se poursuivent selon le rythme habituel. On peut ainsi à ce titre parler à propos de ces ouvertures de la BN de l'institution d'un pôle documentaire mixte qui s'intéresse à tout et abrite aussi bien des expositions que des débats d'idées. Toutefois, c'est la notion de documentation qui prime ici, surtout lorsqu'elle est envisagée en mouvement, dans la chair des idées.
L'exemple de la Bibliothèque nationale
Ces trois institutions, voire ces trois pôles, posent des exemples éloquents de l'optimisation d'un espace culturel dans sa relation avec le public. Tournant le dos à la tentation de la tour d'ivoire et son cortège de portes closes, les responsables des trois institutions que nous mentionnons sont à saluer pour cet effort qui n'est plus ponctuel mais régulier. Avec leurs initiatives, ils ont contribué à dépoussiérer des institutions naguère oubliées. Avec leurs programmes, ils les ont insérées dans la dynamique de l'action culturelle. Avec leur persévérance, ils offrent à leur ministère de tutelle trois nouveaux pôles et beaucoup d'idées. A d'autres espaces maintenant de leur emboîter le pas et souligner que le service public de la culture reste des plus actifs tout en cultivant une tradition d'accueil des initiatives privées et de la coopération internationale.

 

Hatem BOURIAL